‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 233 sur 262 · S VJ · texte numérisé non relu

S VJ

VJ

très se déjettent du côté opposé ou intérieur, de manière que le limbe se partage en deux parties ou lèvres, la supérieure bilobée, l’inférieure trilobée; et qu’en coupant la corolle, suivant un plan parallèle à l’axe, on obtient deux moitiés inégales et de formes différentes dont chacune constitue une de ces lèvres ; en la cojjpant dans un plan perpendiculaire au précédent et suivant l’axe, on obtient deux moitiés symétriques. Le calice peut être luimême régulier ou participer à cette irrégularité ; dans 'ce dernier cas, il sera lui-même bilabié. Des cinq étamines alternes avec les cinq pétales, celle qui s'insère dans l’intervalle des deux lobes de la lèvre supérieure ne se développe que rarement ; le plus souvent elle avorte, soit incomplètement, indiquant alors sa présence par un filet rudimentaire (comme dans plusieurs Scrofularinées et Bignoniacées), soit tout à fait. Dans ce dernier cas, des quatre autres étamines, les deux inférieures, celles qui alternent avec les lobes de la lèvre inférieure, prennent un plus grand développement ; les deux latérales, celles qui alternent avec les deux lèvres, se développent aussi tout en restant plus petites (auquel cas on a des étamines tétradynames), ou ne se développant qu’incomplétement et ne se montrant qu’à l’état rudimentaire (auquel cas la Ileur est diandre) .

§ 831 . On a pu remarquer combien, dans les familles à fleurs régulières aussi bien qu'irrégulières, est fréquent le nombre binaire des carpelles, et un examen attentif porte à penser qu’il l’est en réalité plus encore que ne l’indiquent nos tableaux. Nous trouvons, en effet, que dans certaines familles le nombre des loges se réduit souvent de quatre à deux, mais qu’alors celui des graines est double dans chacune; que dans d’autres le nombre 4 des carpelles est constant (comme dans les Labiées et les Borraginées) ; mais alors même le style unique est bifide, ou terminé par deux stigmates, et chacun des stigmates s’oppose à une couple de carpelles. D’ailleurs les insertions des quatre ovules ne se croisent pas d’ordinaire régulièrement, mais se rapprochent deux à deux en s’opposant aux deux stigmates. Certaines monstruosités nous montrent les carpelles dissociés, mais par couples dont chacune porte un style avec son stigmate ; et un genre de Dichondrées offre deux styles distincts , chacun servant également une paire de carpelles. Il serait peut-êfre permis d’en conclure que chacun de ces couples représente un carpelle unique bilobé ou biovulé, ce que confirmerait l’existence fréquente de deux ovules dans, chacune des loges des ovaires franchement biloculaires, et la tendance que ces mêmes loges ont à se diviser en deux compartiments par la

Page 1