Embryon séparé
que dans plusieurs de celles énumérées au tableau xn : c’est que les étamines ne sont pas insérées sur la corolle, mais sur le calice directement ( fig . 722). 11 est yrai que cette corolle est d’un tissu particulier, sec et membraneux (comme l’est celui de beaucoup d ’Éricinées), et au lieu de tomber tout d’une pièce, comme la plupart des corolles staminiferes, elle reste attachée à sa place, où elle persiste desséchée au-dessus du fruit (fig. 416 e, 724). Celuici s’ouvre au sommet, soit par plusieurs valves qui restent cohérentes dans le reste de leur étendue, soit par des ouvertures latérales (fig. 116, t) correspondant à autantde loges, dont le nombre tantôt égale celui des au très parties de la (leur, tantôt se réduit à trois ou deux. Les Campanulacées, par leur port, par leur préfloraison, parleurs styles hérissés de poils collecteurs, par leurs anthères quelquefois soudées en tube (dans le Jasione ), se rapprochent beaucoup des Composées, et particulièrement des Chicoracées par leur suc laiteux. Celui-ci est un peu âcre, mais pas assez pour que les jeunes racines de plusieurs espèces, celle de la Raiponce , par exemple, ne puissent être mangées.
§ 847. Lobélîacées. — Intimement unies avec les précédentes, elles servent encore, par la soudure constante de leurs anthères, à les lier plus intimement avec les Composées, dont leur corolle, fendue souvent d’un côté avec ses cinq divisions rejetées de l’autre, rappelle les demi-fleurons. Elles ont aussi des poils collecteurs disposés au-dessous du stigmate en un cercle qu’on doit sans doute considérer comme l’analogue de l’Indusium des familles voisines. Leur suc est laiteux aussi, mais d’une âcreté extrême, qui donne à beaucoup d’espèces des propriétés énergiques, \ énéneuses même, et doit les rendre toutes suspectes.
§ 848. Composées. — Ce groupe de plantes, dans lequel entrent 9,000 espèces connues, doit être considéré moins comme une famille que comme une classe. Nous avons vu qu’il forme en effet la dixième (Épicorollées synanthères) de la méthode de Jussieu, cl presque tous les auteurs se sont accordés à l’admettre comme tel dans leurs classifications diverses, sous un nom ou sous un autre, Linné (§ 688) sous celui de Syngénésie. Quant aux subdivisions qu’ils y ont ensuite établies . il est nécessaire pour bien les comprendre de donner d’abord une idée de la structure et de l’agencement de ces fleurs. Elles sont ramassées, à l’extrémité d’un pédoncule plus ou moins dilaté, en un capitule ou calathide (§ 209), environné d’un involucre d’un ou plusieurs rangs de folioles (§ 230). Elles offrent par cette disposition l’apparence d’une fleur unique, dont l’ involucre sérail le calice; et de là le nom de calice commun qu’on lui
COMPOSÉES
donnait autrefois Les petites fleurs peuvent être de deux sortes : les unes régulières, dont le limbe se partage en cinq dents ou lobes égaux ( fig . 730); les autres irrégulières, dont le limbe, fendu dans une grande étendue, se déjette en dehors en une languette composée de cinq parties, soudée , et terminée en conséquence par cinq petites dents [fig. 293,728) ; les premières sont appelées fleurons (flosculi), les secondes demi- fleurons ou ligules [serai- flosculi, ligulœ). Ces fleurs sont tantôt hermaphrodites , tantôt seulement mâles ou femelles, tantôt neutres. C’est sur les combinaisons variées qui peuvent se présenter ainsi dans un même capitule qu’on a fondé les divisions du groupe entier. Linné les a distinguées d’après la distribution des sexes dans les fleurs d’un même capitule, qui peuvent être toutes hermaphrodites [Polygamie égale), les hermaphrodites mêlées à des femelles (/*. superflue) ou à des neutres [P. frustranèe) , les unes mâles et les autres femelles [P. nécessaire) , ou d’après celle des involucres, rapprochés plusieurs en un seul capitule [P. séparée), ou bornés chacun à une fleur unique [P. monogamie) . Tournefort, qui a été bien plus généralement suivi, les séparait en semi-flosculeuses (celles où le capitule n’est composé que de demi-fleurons), flosculeuses (celles où il est composé exclusivement de fleurons), et radiées (celles où il est composé dos uns et des autres) : ce dernier nom venait de ce que les demi-fleurons occupent alors la circonférence de la calathide, disposés en un cercle [rayon, radius ) d’où les ligules rayonnent en dehors; les fleurons, le centre, où leur assemblage figure un disgue [discus). Plus tard, Vaillant, et d’après lui Jussieu, modifièrent un peu cet arrangement, conservant les semi-flosculeuses sous le nom de Chicoracées ; réunissant, sous celui de Corymbifères, la totalité des radiées à quelques flosculeuses, dont le reste forme les Cinarocéphales , distinctes par leur port et par leur style renflé au-dessous des stigmates.
On a respecté jusqu’à un certain point cette dernière classification, tout en multipliant beaucoup, dans les temps modernes, les divisions et les subdivisions des Composées, qu’on partage maintenant en trois grandes séries : 1° les Ligutiflores [fig. 728), qui répondent aux Semiflosculcuses ou Chicoracées; 2° les Labiatiflores [fig. 729), dont les corolles olfrent un mode d’irrégularité différent de celui des précédentes, se partageant en deux lèvres, l’une tournée en dedans et formée d’une ou deux divisions, l’autre tournée en dehors et formée de quatre ou trois autres. Ces plantes étaient à peine connues autrefois, et c’est pourquoi nous les trouvons omises dans les anciennes classifications. 3° Les Tubuliflores [fig. 730), dont les fleurs, soit toutes, soit celles des disques seulement, sont
tubuleuses et régulières , et qui comprennent par conséquent les Radiées et les Flosculeuses, mais parmi lesquelles une tribu (celle des Cinarées ) répond encore aux Cinarocéphales. Outre celle-là, on en a admis quatre autres, et on les a fondées principalement sur des différences dans la structure du style et des stigmates; caractère dont on a constaté l’importance dans ce groupe, en ce qu’il se trouve en entraîner à sa suite beaucoup d’autres dont il se trouve ainsi être à lui seul l’expression. Or ce style, simple dans les Heurs mâles, se partage toujours dans les femelles et les hermaphrodites en deux branches terminales , couvertes , dans une partie de leur étendue, de poils collecteurs, et parcourues, sur le rebord de leur face interne, par deux petites bandes glanduleuses qu’on considère comme les vrais stigmates , quoiqu’on donne souvent ce nom aux branches tout entières. Nous avons* déjà vu que dans les Cinarées ( pg . 733) on observe immédiatement au-dessous de ces branches un renflement ou nœud, et il est souvent hérissé de poils : les bandes stigmatiques parcourent la branche dans toute sa longueur et confluent à son sommet. Dans les Sénécionidées [fig. 734) le style est parfaitement cylindrique, les branches sont tronquées à leur sommet, que couronne souvent un pinceau de poils, au delà duquel elles s’allongent d’autres fois en cône ou autre appendice ; mais c’est toujours à ce point que s’arrêtent les bandes stigmatiques