KU IMAGÉES
celle des Coffivacées, à loges contenant un seul ou plus rarement deux ovules; celle des Cinchonacées, à loges multio volées. On les partage ensuite en tribus d’après la nature de leur fruit, qui est, soit charnu, une baie ou une drupe à plusieurs noyaux ; soit sec, indéhiscent ou déhiscent; dont les carpelles restent unis à la maturité ou se séparent [fig. 7 1 8); dont les loges, le plus souvent réduites à deux, sont d’autres fois plus nombreuses : d’après la consistance charnue ou cornée du périsperme : d’après l'inflorescence, dont les (leurs se pressent souvent en tète et quelquefois même se confondent en se soudant entre elles par leurs ovaires : d’après les bractées plus ou moins développées, tantôt soudées entre elles dans l'intervalle des deux pétioles et formant ainsi quelquefois des sortes de gaines de forme diverse. Dans les Rubiacées d’Europe, ces stipules se développent en feuilles semblables aux véritables et en augmentent le nombre plus ou moins, suivant les divers modes de soudure ou de dédoublement des accessoires. 11 en résulte alors un verticille de ces feuilles ordinairement étroites et disposées comme les rayons d’une étoile, d’où l’on a donné à ces plantes le nom d 'Etoilées (Stellatœ) : mais on n’y voit toujours se développer à chaque nœud que deux bourgeons opposés. L’ovaire adhérent est souvent couronné par un disque charnu [fig. 716), qui est percé par le style simple, mais souvent partagé jusqu’à une assez grande profondeur en autant de branches qu’on compte do loges.
Cette famille présente dans un assez grand nombre de ses espèces des propriétés remarquables qu’il nous reste à examiner. L’écorce de plusieurs est astringente et amère à un haut degré, et possède à ce titre une vertu fébrifuge, renommée surtout dans celles des Cinchona, plus connues vulgairement sous le nom de Quinquina. Celles-ci le doivent à des alcaloïdes que nous avons déjà eu occasion de citer (§ 305), la cinchonine et surtout la quinine. Il y a des espèces dont l’écorce les contient toutes deux en même temps , d’autres qui n’en renferment qu’une seule : aussi leur action médicale n’est-elle pas tout à fait la même. Autrefois on les administrait, soit en nature, soit en extrait après avoir dissous leurs principes actifs dans l’eau, ou mieux dans l’alcool, qui est beaucoup plus propre à opérer celte dissolution. Aujourd’hui qu’on sait extraire en les isolant les principes actifs, ce sont ceux-ci qu’on emploie directement et par conséquent avec une bien plus grande certitude de l’effet qu’on produira et de la dose qu’on doit administrer. On conçoit donc comment le médicament complexe qu’on obtenait de 1 ecorce doit différer du médicament simple que fournit l’alcaloïde toujours identique qu’on emploie maintenant : il
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y a d’autres Rubiacées, le Portlandia hexandra , par exemple, où la présence de la quinine et de la cinchonine a été aussi démontrée dans l’écorce. Mais il en est qui, quoique employées comme fébrifuges, n’en contiennent nullement, par exemple les Exostema. Cette propriété réside donc dans des principes amers qui peuvent varier ; elle n’est pas un attribut particulier à la quinine, qui la possède seulement à un degré plus énergique, mieux connu, digne par conséquent de plus de confiance. Le nom de quinquina , appliqué vulgairement à l’écorce de plusieurs plantes tant de cette famille que d’autres entièrement différentes, n’implique donc nullement l’existence de la quinine ou de la cinchonine, mais seulement celle d’un principe amer, tonique et astringent quelconque, dont l’efficacité a été reconnue pour la guérison des fièvres.
Les racines d’autres Kubiacées sont renommées comme émétiques, et parmi elles surtout le Gephaelis ipecacuanha : ce dernier nom a été également donné à d’autres, soit de la même famille (Psycho- ' tria emetica, diverses espèces de Hichardsonia et de Spermaeoce), soit de familles entièrement différentes, ainsi que nous l’avons exposé à leur article. On a su extraire aussi le principe actif du Gephaelis , Y cmétine, qui entre dans la composition de sa racine pour 16 sur 100 parties, et qu’on administre maintenant séparée à la dose de 4 ou 6 grains en général. Se retrouve-t-elle également dans toutes les autres racines émétiques et appelées ainsi du nom d’ipécacuanha ?
D’autres racines sont recherchées pour leur principe colorant et utilement employées en teinture, surtout celle de la Garance ( Ilu bia tinctorum), dont nous avons parlé autre part (§ 629). Plusieurs espèces du même genre (R. cordifolia et angusti folia), originaires d’autres pays, ont les mêmes propriétés, qui paraissent communes à d’autres du nôtre appartenant cà la même tribu , celle des Rubiacées étoilées (comme 1 ’ Asperula tinctoria, etc.,) ou à des tribus différentes (comme plusieurs Morinda, Y Hydrophylax maritima et YOldenlandia umbellafa , dont la racine est vulgairement connue sous le nom de Chaxja-vair). Mais, moins riches en principes colorants que la Garance, elles sont négligées ou d’un emploi bien moins général.
Le café est la graine d'une Rubiacée , le Coffœa arabica , et presque toute sa masse est formée par le périsperme corné auquel il doit ses propriétés , manifestées, comme on le sait, par fa torréfaction qui, par la volatilisation d’une huile concrète, y développe cet arôme si estimé. On y trouve aussi une autre huile fusible a 25°, un principe amer et un autre azoté qu’on a nommé cofféine,
CAPRIFO LI ÂGÉES. — LORANTHACÉES.
mais qui, chose assez singulière, paraît identique avec la théine (§ 800), ce qui le rend nourrissant jusqu’à un certain point pour les peuples qui. ne se contentant pas de l’infusion, n’en séparent pas le marc. Celle plante, dont la culture est répandue maintenant presque partout sous les tropiques, vient de la Haute-Éthiopie, d’où elle fut, vers la fin du quinzième siècle, transportée à Moka, où elle s’est si bien acclimatée qu’on l’en a long-temps crue originaire et que sa qualité y est encore considérée comine supérieure. Le café, apporté par les Vénitiens, fut connu en France et en Angleterre dans le milieu du dix-septième siècle ; mais ce fut plus tard, et par les Hollandais qui l’avaient cultivée à Batavia et à Maurice, que des plants furent introduits en Europe. Leur première culture au Jardin de Paris date de 1713, et c’est de là, quatre ans plus tard, que le Cafféier fut transporté dans nos colonies des Antilles : on a souvent raconté comment ces plantations, si étendues plus tard à la Martinique, à Cayenne, à Bourbon, proviennent toutes d’un seul pied sauvé alors pendant la traversée par les soins du capitaine Declieux, qui alla jusqu’à partager sa ration d’eau avec lui. Il est à croire que les graines d'autres Rubiacées à périsperme corné offriraient quelque analogie ; et quelques essais faits sur celles des Galium, à l'époque où le système continental gênait l’arrivée du café colonial en France, autorisent cette supposition. Ils n'ont pas au reste été poursuivis, et tout naturellement, pour les succédanés du café comme pour tous les succédanés en général, on a laissé de côté le pire dès qu’on a pu facilement se procurer le mieux.
§ 842. Caprifoliacées. — Cette famille est divisée en deux tribus : l'une qui a pour type le Sureau, celle des Sambucinées, dont la corolle est régulière, l’ovaire surmonté de trois stigmates sessiles, la graine parcourue par un raphé qui , selon l’usage, suit son côté interne ; l’autre, qui a pour type le Chèvrefeuille , celle des Lonicerèes, à corolle quelquefois irrégulière, à style filiforme, et dont le raphé parcourt le côté externe de la graine. A cette disposition singulière commune à tous les genres, s’en joint -dans quelquesuns une autre qui mérite d’être citée: c’est que des diverses loges d’un même ovaire, une ou deux (dans le Syrnphoricarpos , par exemple) renferment une graine unique et qui vient à maturité, tandis que les autres on renferment plusieurs et avortent avec elles. Remarquons encore que les fruits de deux fleurs rapprochées se soudent souvent plus tard , de manière à en simuler un seul , dans les Chamérisiers , par exemple.
$ 843. Xaoranthacées. — La place de cette famille ici est douteuse ;
car si ses pétales sont souvent soudés en un tube staminifère, souvent aussi ils sont complètement indépendants; même ils manquent dans plusieurs genres, et ceux là sont en général diclines. Suivant ceux dont on fait prévaloir l’examen , on pourrait donc les ranger dans les polypetales, près des Araliacées et des Cornacées; dons les apétales, près des Santalacées ou bien peut-être des Protéacée La végétation de ces plantes, dont notre Gui ( Vise uni album ) peut donner une idée, est singulière ; car elles s’implantent en germant sur l’écorce des autres arbres et y puisent leur nourriture, tantôt par des racines qui s’insinuent entre cette écorce et le bois , plus souvent par un empâtement de plus en plus enfoncé dans ce bois de l’arbre étranger à mesure qu’il croit annuellement par l’addition de couches nouvelles, et établissant une union directe entre lui et celui du parasite. Celui-ci se compose, en général, d’une suite d’articulations, à chacune desquelles il se ramifie par dichotomie, et conserve toute l’année sa couleur, le plus souvent verte. Les anthères du Gui présentent une structure très-singulière, accolées chacune sur la surface d’une division du calice, criblées en manière d’éponge d’un grand nombre de pores, qui sont les ouvertures d’autant de lacunes pollinifères. De ses ovules, un seul se développe , ou bien deux ou trois se soudent ensemble, de telle sorte que la graine présente alors autant d’embryons divergents par leurs radicules, convergents et confondus môme par leurs cotylédons. Le périsperme qui les enveloppe est vert et le péricarpe gonflé par une matière visqueuse de la nature de la glu.
§ 844. Valérîanées. — Nous les avons placées parmi les familles dont le fruit offre une seule loge. Mais on en trouve dans l’ovaire trois, dont deux avortent constamment et dont on ne rencontre plus que des traces a la maturité. Les étamines sont rarement en nombre égal aux divisions de la corolle, plus généralement réduites à trois ou même à une seule ( Centranthus ). Les racines de quelques Valérianes ( officinalis , phu, cellica) sont amères et aromatiques, d’une odeur forte, qu’on considère comme désagréable chez nous, tandis que d’autres analogues sont renommées comme parfums dans l’Orient.
§ 845. Dipsacées. — Les fleurs sont remarquables par la présence, autour de chacune, d’un involucre ou caliculc qui fait paraître le calice double [fig. 276, 277). Le calice véritable ou intérieur n’est souvent adhérent avec l’ovaire qu’ineomplétement, et seulement dans la partie supérieure de son tube rétrécie. Ce caractère et celui des 4 étamines quelquefois didynames donnent à cette famille des rapports avec d’autres monopétales hypogynes, notamment
CAMPANULACÉES.
les Globulariées. D’une autre part, la disposition des Heurs resserrées en un capitule qu’enserre un involucre allongé (fig. 188, 200), leur imprime une ressemblance extrême avec les calathides des Composées, et le passage fréquent des divisions du limbe calicinal à l’état d’aigrette, qu’on observe aussi dans les Valérianéès, confirme cette affinité, qui du reste a peut-être été exagérée.
§ 816. Campanulacées. — Celte famille présente, parmi les monopétales, une exception remarquable, que nous n’avons trouvée
720-729. Organes de la fructification de la Raiponce [Campanula rapunculus). — c Calice. — p Corolle.