Fruit mûr d’un Seneçon, coupé verticalement
COM POSÉ KS
sans confluer. Dans les Astéroïdées (fig. 735), les branches linéaires se continuent sans changement jusqu’à leur sommet, si ce n est qu’extérieurement elles s’aplatissent et se couvrent de poils trèslins, et que les bandes cessent à, cette même hauteur. Les branches sont longues, un peu dilatées én massues , couvertes de papilles en dehors, dans les Eupaloriacées (fig. 736); elles sont ou allongées etsubulées, ou courleset obtuses, hérissées de poils longs et égaux dans les Vernoniées [fig. 737) ; dans les unes et les autres, les bandes marginales s’arrêtent avant le milieu de la branche. On a subdivisé ces sept tribus : les Liguliflores, les Labiatiflores et les cinq que nous venons d’indiquer dans les Tubuliflores, en un grand nombre de sections que nous ne pouvons exposer ici.
Mais il est nécessaire, néanmoins, d'ajouter encore quelques détails sur les principaux points de la structure des organes de cette classe si importante, et sur les termes particuliers par lesquels on a dû désigner leurs diverses modifications; termes destinés à abréger les descriptions, qui ne | ourraient être comprises si l'on ne connaît pas la valeur des mots employés à cet usage.
Le sommet du pédoncule, élargi en un plateau qui porte les Heurs du capitule, et qu’on nomme réceptacle ( pharante ou dinanlhe de quelques auteurs [§ 209]), est plane ou concave, ou, au contraire convexe, ou même conique. Les (leurs peuvent partir immédiatement de sa surface unie, ou bien leur insertion s’y enfonce plus ou moins et y détermine aussi des aréoles (receptaculum areolatum), ou même des alvéoles plus profondes (r. alveolatum ) dont les bords se relèvent, autour de la base de chaque ovaire ou achaine. en lames tantôt continues, tantôt déchiquetées en languettes membraneuses irrégulières, ou souvent en limbriliesou poils (r. fimbrilliferurn). Cet assemblage de (leurs est entouré par un involucre de folioles ou bractées de formes diverses, souvent réduites à celle d’écailles et en portant le nom , quelquefois terminées en épines (comme dans les Chardons) , disposées en cercle sur un seul rang ou sur deux cercles concentriques (§ 230), ou le plu; souvent imbriquées en spirale. Elles se soudent ensemble inférieurement dans quelques cas , mais restent souvent distinctes. Ces bractées, sur plusieurs rangs, ne portent pas de fleur à leur aisselle, excepté souvent celles du plus intérieur; mais chaque fleur particulière peut être accompagnée d'une bractée propre, qui part avec elle du réceptacle, et, cachée entre les fleurs hors de l’influence de la lumière, prend la consistance et l’apparence d’une écaille blanchâtre ou d’une membrane ( bractéoles , paillettes). Lorsque ces bractéoles couvrent le réceptacle, on le dit paléacé [r. pa-
COMPOSÉES. 679
leaceum) ; lorsqu’elles manquent entièrement, on le dit nu (r. nudum vel epaleaceum). L’involucre contient des fleurs toutes hermaphrodites ( Capitula homogama), ou bien ensemble des fleurs de deux sortes ( C . heterogama) : dans ce dernier cas, ce sont les neutres ou les femelles qui occupent la circonférence, les hermaphrodites ou les mâles qui occupent le centre. Lorsqu'il réunifies fleurs mâles et femelles, il est monoïque [C. monoïca). Lorsque les capitules sont composés les uns de fleurs mâles seulement, les autres de femelles, mais portés sur une même plante, ils sont hétérocéphales [C. heterocephala) ; si les mâles se trouvent sur d’autres pieds que les femelles, ils sont dioïques ( C . dioïca). Nous avons déjà vu que les capitules peuvent contenir des fleurs seulement flosculeuses (C. flosculosa seu discoidea) ou seulement semi-llosculeuses (C. serai flosculosa seu ligulata), ou les deux à la fois [C. ra~ diata ) : elles peuvent encore être toutes bilabiées {C. falso-discoïdea), ou celles de la circonférence ligulées et celles du centre labiées. (C. falso-radiata%seu radiatiformia ) : quelquefois, ddns des capitules flosculeux ou faux-discoïdes comme ceux du Bleuet et de beaucoup d'autres Centaurées , par exemple, les fleurs extérieures, tout en conservant la forme des intérieures, peuvent prendre un développement beaucoup plus grand (C. coronata).
Le calice est adhérent avec l'ovaire qu’il couvre complètement, et quelquefois se termine avec lui de manière à n’offrir aucune trace de limbe , d’autres fois se prolonge un peu au-dessus en une sorte de petite couronne, plus souvent en plusieurs divisions qui offrent rarement la forme de folioles, plus fréquemment celles de paillettes ou écailles, le plus généralement celle d'aigrette commençant au sommet même de l’ovaire ( aigrette sessile , pappus sessilis ), ou exhaussée sur un prolongement du tube calicinal en forme de fljet {aigrette stipitée, p stipitutus). Nous avons examiné autre part (§ 417) la nature et les diverses modifications des poils de l’aigrette.
Aux formes principales de la corolle que nous avons fait connaître, il convient d’ajouter la connaissance de quelques caractères remarquables quelle présente. Tel est celui de sa nervation. Nous savons qu’en général, dans les fleursdes autres plantes, c’est la nervure médiane qui domine, et qu’ainsi, dans le tube d’une corolle monopétale, les cinq nervures principales sont opposées aux cinq lobes, dans l’axé desquels elles viennent se terminer. Il n’en est pas ainsi dans les fleurs des Composées : les cinq nervures alternent avec les lobes, arrivés à eux se partagent en deux qui se prolongent sur leurs bords correspondants, de telle sorte que cha-
fi80
que division du limbe est bordée de deux nervures saillantes confluentes à son sommet (fuj. 728, 730). Ce sont donc les latérales qui prennent ici le plus grand développement, soudées deux à deux dans le tube , séparées dans le limbe: quant aux médianes, elles se montrent aussi quelquefois , mais manquent plus souvent. On avait proposé de nommer les Composées, d’après ce caractère si remarquable, Nervamphipétalées. La préfloraison valvaire se lie à cette disposition. On y observe des corolles de toutes les couleurs, et tantôt toutes les fleurs d’un capitule ont la mémo ( Capitula homochroma ), tantôt une différente ( C.heterochroma ), celles du disque alors toujours jaunes, celles du rayon blanches ou de quelque nuance de la série. evanique.
Les étamines portées sur le tube de la corolle ont leurs filets libres ou soudés, mais leurs anthères sont toujours réunies par leurs bords, et forment ainsi elles-mêmes un tube ( fig . 738-730 e), ne se distinguant entre elles que par leurs sommets ordinairement prolongés en un appendice plus ou moins long, ot souvent aussi par leurs bases allongées en une queue [antherœ caudatœ), qui manque d’autres fois ( antherœ ecaudalœ). Le style, que nous avons décrit, traverse le tube formé par les anthères, et, en s’allongeant, balaie, au moyen de ses poils collecteurs qui s’enfoncent dans les fentes de leurs loges, le pollen qui y est contenu.
L’ovaire est à un seul ovule dressé dans une seule loge (/?#.730o); cependant, d’après le nombre double des stigmates et d'après l’existence de deux cordelettes qu’on voit quelquefois, partant de la naissance du style, parcourir, en sens opposé et de haut en bas, la paroi interne de la loge jusqu'à l’insertion de l’ovule, ne serait-il pas permis de supposer qu’il est réellement formé de la soudure de deux carpelles? Il devient un achaine qui, par l'absence ou la présence et la nature de l’aigrette , fournit d’utiles caractères. La graine, en grossissant, finit quelquefois par confondre avec le péricarpe ses téguments composés d’une double membrane. L’embryon tourne en bas, vers le point d’attache, sa radicule courte [fiy. 738).
Les Chicoracées ou Tubuliflores ont un suc laiteux analogue à celui des Campanulacées. Il est amer, un peu astringent et même narcotique. Ces propriétés se trouvent dans presque toutes les espèces sauvages à un degré plus ou moins prononcé : on les remarque surtout réunies dans les Lacfuça sylvestris et virosa, dont l'extrait est employé comme l’opium, mais sans déterminer les mêmes accidents. Mais ces propriétés s’affaiblissent dans d’autres espèces, notamment celles que nous cultivons et dont on mange soit les racines, comme celles du Salsifis et de la Scorsonère, soit.
COMPOSÉES
les jeunes pousses ou les feuilles, comme celles de la Laitue, de la Chicorée, du Pissenlit, de la Barbe-de-bouc, etc., etc. Remarquons qu’on emploie ainsi des parties étiolées, ou naturellement, comme celles qui croissent sous terre, ou artificiellement, ou toutes jeunes , de manière que le suc propre n’a pu encore être complètement élaboré, et ne possède que ce faible degré d’astringence ou d’amertume qui plaît au goût et relève la saveur des aliments.
On en peut dire autant des diverses Cinar acéphales ou Ci mirées, qui sont alimentaires, des feuilles de Cardon qu’on a soin de laisser blanchir ou étioler, des réceptacles à’ Artichaut et autres qu’on cueille avant l’épanouissement de la fleur, et qu’on mange même crus lorsqu'ils sont encore extrêmement jeunes. Chacun connaît l’extrême amertume des autres parties de l’Artichaut, et c’est un caractère commun à toutes les autres plantes de cette même tribu, et qui en fait employer plusieurs comme stomachiques.
Nous le retrouvons dans celles qu’on confondait sous le nom de Coryrnbifères , mais il s’y modifie par la coexistence d’un principe résineux qui en exalte ordinairement les propriétés. Si celui-ci , au lieu de se concentrer en se solidifiant, reste à l’état d’huile volatile, la plante sera à la fois tonique, aromatique et antispasmodique, comme dans les Camomilles, les Armoises, les Achilléa, la Tanaisie, etc. On a même proposé l’infusion de plusieurs en guise de thé. La prédominance du principe amer lui donne des vertus fébrifuges, comme aux diverses espèces confondues sous le nom de Camomille, etc. Celle de la résine augmentera les propriétés stimulantes, provoquera la sueur , la salivation, la sécrétion abondante de l’urine : et c’est sans doute à ces effets que plusieurs espèces exotiques doivent leur renommée comme antidotescontre la morsure des serpents : telles sont une espèce d’ Eupatoire [Y Aijapana) et une de Mikania (le Guaco). — On trouve dans un petit nombre de Coryrnbifères des dépôts de fécule qui sont utilisés pour la nourriture de l’homme ou des animaux; le Topinambour (Helianthus tuberosus ) est, sous ce rapport, tout à fait comparable à la Pomme de terre, et ce sont ses rameaux inférieurs et souterrains qui se métamorphosent en tubercules chargés d’yeux et féculents. On a découvert dans une autre. Y Aunèe ( Inula helenium ), un principe amer, qu’on a nommé inuline , extrêmement analogue à la fécule, dont il a presque la composition ( en poids 43,72 de carbone, 6,20 d’hydrogène, 50,8 d’oxygène) et toutes les propriétés, si ce n’est qu'il est un peu soluble dans l’eau chaude qui en
dissout {, et froide qui en dissout jE; que l’iode le colore en jaune et non en bleu. Il se retrouve au reste dans un grand nombre d’autres végétaux où il remplace la fécule.
Les graines de la plupartdes Composées sont oléagineuses, comme on peut facilement s’en convaincre par l’examen de celles du Soleil. On cultive même plusieurs espèces pour l’extraction de l'huile , les Madia sativa, Guizotia oleifera, etc.
§ 8i9. On sait que toute plante n’est pas répandue uniformément sur tout le {[lobe, mais se montre seulement sur telle ou telle partie de sa surface. Ces limites, assignées à chacune d’elles, dépendent de plusieurs causes. L’organisation, diversement modifiée dans les divers végétaux, leur impose des conditions différentes d’existence, et ils ne peuvent vivre et se multiplier que là où ils trouvent réunies ces conditions propres à chacun d’eux. De plus, l’observation démontre que toutes les plantes ne sont pas parties d’un centre unique d’où elles se seraient dispersées ensuite en rayonnant , mais qu’il a existé une foule de centres originaires de végétation , chacun avec la sienne propre , quoique, d’une autre part, plusieurs espèces semblent avoir été communes à plusieurs centres à la fois. Si les conditions sont différentes sur deux points, leur végétation doit donc l’être également; mais la similitude des unes n'entraîne pas aussi nécessairement celle de l’autre , surtout à de grandes distances , puisque les plantes n’ont pu en général passer de l’un de ces points à l’autre’, où elles auraient également prospéré. Ainsi, la distribution des végétaux sur la terre est réglée par des causes compliquées , les unes physiques , dépendant de leur nature et des agents qui les entourent, les autres cachées à nos recherches dans le mystère de l'origine des êtres.
§ 850. La géographie botanique est la partie- de la science qui s’occupe de cette distribution des végétaux. Le fait de leur existence dans tel ou tel milieu, présentant un certain ensemble de conditions physiques , constitue leur station; le fait de leur existence dans tel ou tel pays constitue leur habitation. Quand on dit qu’une plante croît dans les marais, sur le sable du rivage de la mer, sur les rochers des montagnes, au bord des glaciers, on indique sa station. Quand ou dit qu’elle croît en Europe, en France, en Auvergne, autour de Paris, on indique son habitation dans des limites de plus en p bis précises. Ces notions peuvent s’appliquer à des unités d’un ordre plus élevé que les espèces; on peut rechercher la distribution de genres entiers , ou même de tribus ou de familles, et souvent ces associations plus ou moins considérables d’espèces, entre lesquelles il est permis de préjuger alors une grande uniformité d’organisation , en offrent une remarquable dans leurs stations , ou leurs habitations , ou dans es deux à la fois.
§ 851. Mais, les causes doivent nous occuper aVant les effets, et, avant d’entrer dans plus de détails et d’éclaircir ce qui précède par des exemples, il convient de se livrer à quelques considérations générales sur la manière dont se distribuent, à la surface de la terre, ces agents extérieurs que nous avons vus jouer un rôle si important dans la végétation, tels que la chaleur, la lumière, l’air, l’eau, qui, dans chaque lieu , se combinent en un certain rapport pour former le climat.
La chaleur va en décroissant de l’équateur vers les pôles, et assez régulièrement , si l’on considère à part un seul et même méridien. Mais si l’on
compare ce décroissement sur plusieurs méridiens à la fois , ou est frappé des différences qu’ils présentent sous ce rapport. Chaque lieu , dans le cours d’une année, reçoit une certaine quantité de chaleur; et si l’on compare ces quantités pendant une longue suite d’années, ou en déduit la température moyenne du lieu. La ligne qui passerait par une suite de lieux ayant la même température moyenne est dite isotherme (fao?, égal; Oep^ôç, chaleur). On se rail porté à croire, au premier coup d’œil , que ces lignes isothermes ne sont que l’expression de l’éloignement plus ou moins considérable de la grande source de chaleur, le soleil; que chacune d’elles coupe par conséquent les méridiens à une distance égale de l’équateur, ou, en d’autres termes, correspond à un certain degré de latitude. L’expérience prouve qu’il en est autrement. En comparant entre elles les lignes isothermes, telles qu’on a pu les constater par l’observation directe, on s’aperçoit de suite qu’elles forment sur le globe, au lieu de circonférences parallèles à l'équateur, ou seulement régulières , des courbes inégalement éloignées de lui dans les divers points de leur trajet. La ligne du maximum de température ne coïncide pas exactement avec l’équateur, mais s’en écarte un peu, ici au midi, là au nord. Le point du maximum de froid ne paraît pas non plus coïncider avec les pôles , mais dans notre hémisphère s’arrêter en deçà, à 12 ou 15 degrés, en se concentrant au nord des deux grands continents de manière a former comme deux pôles du froid. Les isothermes offrent , dans leurs inflexions autour de ces pôles, une certaine ressemblance entre elles, quoique bien éloignées d’un exact parallélisme. Dans l’hémisphère boréal, le seul où ces observations aient pu être faites et répétées sur un assez grand nombre de points pour permettre de tracer ces lignes d’une manière moins incomplète , ensuivant les isothermes d’occident en orient, on les voit s’abaisser vers le sud dans l’intérieur des deux grands continents , et surtout de l’Amérique; se relever vers le nord dans les grandes mers qui leur sont interposées, et surtout dans l’océan Atlantique. La température de l’ancien continent est donc généralement plus élevée que celle du nouveau, celle des continents , moins à l’intérieur que sur les bords de la mer, et beaucoup plus sur le rivage occidental que sur l’oriental. Ces différences, à latitude égale, peuvent être fort considérables, et d’autant plus qu’on s’éloigne davantage île l’équateur, tellement qu’en se rapprochant du nord elles finissent par atteindre jusqu’à 20 degrés. Ainsi, la partie septentrionale des États-Unis, vers le 44e degré de latitude boréale, et Dronlheim, sur la côte occidentale de Norwége, vers le 03e degré, se trouvent compris sur la même isotherme (celle où la température moyenne est 5° centigr.).
§ 852. De ce que plusieurs lieux sont situés sur la même ligne isotherme, de ce qu’ils ont, dans le cours de toute une année, reçu la même somme de chaleur, il ne s’ensuit pas que leur climat soit identique. En effet, cette somme peut se distribuer de différentes manières entre les différents mois, et par suite entre les saisons; ou avec une certaine égalité , de manière que l’hiver et l’été soient tous deux fort tempérés; ou, au contraire, très inégalement, de manière que l’été soit très-chaud et l’hiver très-froid. Ces difV férences des températures extrêmes ont beaucoup plus d’influence sur la végétation que la température moyenne. On appelle isochitnène (x&ijiùv, hiver), la ligne qui passerait par tous les lieux où l’hiver (année moyenne) descend