‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 245 sur 262 · CLIMATS · texte numérisé non relu

CLIMATS

au même point ; et isuthère (Oipoç, été) celle qui passerait par les lieux où l'été s’élève ail même degré de chaleur. Ces nouvelles lignes, s’éloignant à leur tour des isothermes , ne comprennent pas la même série de lieux.

§ 853. La masse des eaux tend bien plus que la terre à une certaine constance de température, telle que sur mer, dans un moment donné, sa différence entre deux points de latitude différente soit moindre, et que, dans un liéît donné, la différence entre l’hiver et l’été le soit aussi. Les terres adjacentes participent à cette uniformité; et de là la distinction des climats en marins et continentaux : les premiers, ceux des rivages et des îles, plus tempérés, et d’autant plus que les îles sont plus petites, plus écartées au sein île la mer; les seconds , où la différence de la chaleur estivale au froid hibernal est d’autant pus marquée qu’on se place plus vers la ligne médiane du continent. Ainsi, par exemple, dans les îles Féroé, vers 02° de latitude , la chaleur n’atteint pas 12° en été , mais ne descend guère audessous de -4“ en hiver, dormant entre ces deux saisons une différence de 7" ; au contraire, vers la même latitude à peu près en Sibérie, à Yakouzk, le thermomètre descend, en hiver, à plus de 37° au-dessous de zéro, monte, en été, à plus de 17° au-dessus, franchissant ainsi un intervalle de -4t> degrés.

§ 854. Nous n’avons pas encore pris eu considération une autre cause qui influe puissamment sur l’inégale distribution de la chaleur à la surface de la terre, dont nous avons parlé, comme si elle présentait partout un même niveau, celui de la mer. Mais chacun sait qu’il eu est autrement, et que le relief de cette surface est loin d’être égal sur une partie de son étendue, mais exhaussé en plateaux sur plusieurs étages, et hérissé de montagnes qui forment des chaînes plus ou moins longues que dominent des sommets encore plus élevés de distance eu distance. Or, à mesure qu’on s’élève, on trouve que la température s’abaisse, et dans une proportion telle qu’une ascension de quelques heures suffit pour vous faire passer par tous les degrés de température décroissante. Une très-haute montagne, située sous la ligne, et couverte, à son sommet, de neiges éternelles, comme l’est par exemple le Chimborazo dans la grande Cordillère des Andes, représente donc, dans un espace très-borné, tous les changements qu’on éprouverait dans une succession plus lente si l’on allait de l’équateur au pôle. Quelques auteurs ont, en conséquence, comparé les deux hémisphères de notre globe à deux énormes montagnes confondues par leur base : comparaison ingénieuse, mais pourtant inexacte sous beaucoup de rapports. Caria distribution île l’eau qui, sur les deux hémisphères, couvre une si grande étendue, et que nous avons vue si puissante pour modifier les climats; celle de l’air, dont la densité ne décroît pas de l’équateur au pôle, comme elle décroît de bas en haut dans l’atmosphère; celle de la lumière, si peu semblable aux pôles, et sur le sommet d’une montagne équatoriale, établissent autant de différences tranchées.

Si la loi suivant laquelle la chaleur décroît de l’équateur au pôle est. variable suivant les divers méridiens, celle suivant laquelle elle décroît à mesure qu’on s’élève en hauteur paraît, de son côté, varier, suivant diverses circonstances, comme la saison, l’heure du jour, l’inclinaison et l’exposition île la pente. Le décroissement est plus lent l’hiver, la nuit , sur une pente très-douce ou sur les plateaux. Une différence de 200 mètres, plus ou moins,

suivant ces circonstances, donne en moyenne un degré de différence dans la température, à peu près comme le donnerait un intervalle de deux degrés en latitude. A une certaine hauteur, le froid doit être tel que la chaleur des jours d’été ne puisse suffire à dissoudre les glaces formées pendant le reste de l’année; et là commence la limite des neiges éternelles, limite nécessairement d'autant moins élevée que le climat est moins chaud à la hase de la montagne, ou, en d’autres termes, qu’elle se rapproche plus des pôles, et qui, à une certaine distance de ceux-ci, vers 75°, se trouve, après s’être abaissée graduellement, descendre jusqu’au niveau de la mer. Ainsi, cette limite se trouve à près de 5,000 mètres dans les Cordillères entre les Tropiques, à 2700 dans nos Alpes, au-dessous de 1000 en Islande. Les glaciers sont des prolongements qui descendent plus bas qu’elle , suivant les accidents du terrain, et marquent la voie naturelle assignée à l’écoulement des neiges et des eaux qui proviennent de leur fonte.

§ 855. L’humidité de l’atmosphère exerce sur la végétation une grande influence, soit que l’eau, volatilisée à l’état de vapeur légère, souvent même invisible, ou à celui de brouillard plus ou moins épais, touche les parties aériennes des plantes; soit que, condensée, elle retombe en pluie et vienne, après avoir baigné ces mêmes parties , pénétrer le sol. L’atmosphère est naturellement d’autant plus sèche que la surface sur laquelle elle repose contient moins d’eau qu’elle puisse lui céder, s’éloigne plus de tout réservoir qui supplée à ce défaut, et aussi qu’elle est plus échauffée, de manière à raréfier rapidement toute vapeur qui viendrait à s’y former ou s’y transporter. Une température assez basse pour diminuer l’évaporation et condenser la vapeur en brouillard ou en pluie , pas assez pour la faire passer à l’étal solide, est donc favorable à l’humidité, cuti doit, par conséquent, se maintenir plus habituelle à certaines latitudes et certaines hauteurs. Mais une température élevée la favorise aussi à un degré remarquable , lorsque d’une part elle peut agir sur une quantité suffisante d’eatt, dont elle convertit une partie en vapeur, et que, de l’autre, ces vapeurs, une fois formées , rencontrent une cause qui tend à les maintenir à ce degré de densité ou à les ramener à un degré plus grand. De là le$ grandes pluies qui, en certaines saisons, tombent régulièrement chaque jour dans des pays situés entre les tropiques. De là l’humidité constante et chaude de leurs grandes forêts, à l’ombre desquelles elle se conserve et se renouvelle. Cette influence des arbres rapprochés en grand nombre sur l’état de l’atmosphère, où ils empêchent la sécheresse en s’opposant à l’évaporation, peut, au reste, être facilement vérifiée sur une moindre échelle dans nos climats : et elle est telle qu’on a vu celui de vastes contrées complètement changé par suite de grands déboiseménts. Le voisinage de la mer, combiné avec la direction dominante des vents, qui détermine celle des vapeurs formées à sa surface, est une source plus ou moins abondante d’humidité , plus coustanle nécessairement dans les îles. L’humidité est donc une condition qui accompagne très-fréquemment celle de laquelle nous avons vu résulter l’uniformité de température. La présence de moindres réservoirs lacs, marais, cours d’eau grands et petits, agit d’une manière analogue, mais dans des limites proportionnelles. ï.a nature et la hauteur des montagnes contribuent aussi beaucoup à modifier l’état hygrométrique de l’atmo-

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