‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 255 sur 262 · STATIONS · texte numérisé non relu

STATIONS

vont de mer. Dos arbres comme le Pin maritime peuvent y prospérer, ci reuilent un double service en opposant une barrière à l’invasion ultérieure îles dunes el en utilisant leur terrain. On se sert aussi (en Hollande, par exemple) pour les arrêter, de Graminées traçantes «pii , connue l 'Annula arenariu , v poussent bien el vile; et une fois ipi'ellos ont cessé d’être mobiles, elles peuvent produire plusieurs plantes, même de celles ipte l’homme cultive.

902. Nous savons ipi’avec les éléments minéraux du sol, avec l’eau tpii le pénètre, s’unissent les débris même des êtres organisés pour constituer le véritable sol végétal, celui dont la richesse influe le plus sur celle de la végétation. La présence de végétaux sur un point v garantit donc, et d'autant plus qu’ils doivent lui abandonner une plus grande masse de débris, la succession d'autres individus et leur multiplication, ipte favorisera encore la présence des animaux attirés par le besoin de s’y abriter ou de s’eu nourrir. Mais, avant de former celle couche plus ou moins épaisse de terreau, il avait fallu que sur le terrain originaire, celui ipti forme le fond, quelques plantes pussent s'établir, se développer, déposer un premier mélange d’engrais, et préparer le sol à eu recevoir d’autres, qui à leur tour ont enrichi ce premier dépôt , successivement augmenté par des jjénératious suivantes des mêmes plantes ou île plantes différentes dont la variété s'accroît dans la même proportion. A quelque point que s’arrête celle progression, c’est toujours de la qualité de ce terrain originaire que dépend l’admission des premières colonies de plantes, el par conséquent , en définitive , la nature générale de la végétation.

§ ‘>03 . C’est la nature du sol qui détermine tut grand nombre de stations des plantes. Elles ont , pour nous résumer, leurs séjours dans l’eau de la mer, sur son bord imprévue de sel marin ou sur des terrains qui en sont éloignés, mais salés par une autre cause : dans l’eau douce, stagnante dans des espaces petits ou étendus, courante en ruisseaux ou en rivières; sur leurs rives; dans les marais; dans les tourbières ; sur les rochers; dans les sables dont la composition chimique peut varier, mais est le [tins ordinairement siliceuse; dans des lieux stériles, par une autre cause (par exemple, parce que le terrain, au contraire, trop compacte, se durcit par la chaleur en une masse que les racines ne peuvent percer) ; dans les terrains oii domine l’argile, ou la chaux, ou le gypse, ou tut autre élément, formés en place, ou parties alluvions, ou par des atterrissements, ou par des déjections volcaniques, ou d’une autre origine quelconque, etc. D'autres fois l’indication de la station est empruntée à l’association de la plante avec d’autres combinées déjà entre elles d’une certaine manière. C'est ainsi qu’on distingue celles qui croissent dans les forêts, dans les prairies, dans les baies, dans les terrains cultivés et remués souvent ( Planta > arvrnses), etc. Nous trouvons ici l’influence de l'homme sur la distribution des végétaux, puisque c’est elle qui a déterminé artificiellement ces dernières combinaisons. Mais il en existe une autre que celle qu’il exerce volontairement' et sciemment. Certaines plantes sauvages, certaines mauvaises herbes, qu'il serait plus porté à extirper cpt'a propager, l'accompagnent partout et se multiplient autour de sa demeure connue le# Orties, diverses espèces de Clienouodium et de Hume. r, de Mauves, le Mouron des oiseaux, etc., etc. Leur présence au milieu d'une campagne déserte, de solitudes perdues à une grande élévation dans les montagnes, indique qu’il a passé par là, et qu'au moins la butte d'un berger v a été quelque temps élevée. Il y a des plantes que nous voyons couronner le sommet des murs; d’autres (comme la Pariétaire) s'étu-

1 1 1 i i- diuis leurs fissures et sur les moindres saillies de leurs parois; d’autres, ^ toujours border leur pied et s’emparer des décombres (JHnnlœ ruileriilcs).

§ 904- L'homme civilisé, auquel ne suffisent plus les productions spontanées:

(jue lui offre la terre, et tpii cherche à multiplier autour de lui les a aux

et végétaux qui peuvent lui servir ou lui plaire, à détruire ceux qui lui déplaisent ou lui nuisent, tend nécessairement à modifier de plus en plus la distribution de ces êtres et la physionomie de la nature primitive. Nous ne la ( voyons tpt’ainsi altérée dans la plus grande partie de l’ l-a trope, où il faut qu'un

lieu soit bien inaccessible ou irrévocablement stérile pour rester abaud te à

lui-même. Les forêts, dans l’état de la nature, tendent à s’emparer du sol, ainsi qu’on peut le voir encore datts le sud du Chili , où les bosquets de bois, , une fois établis sur le bord ou au milieu des prairies, empiètent sur elles chaque année en s'avançant sur toute la ligne de leurs lisières comme en colonne serrée, finissent par opérer leur jonction et, rétrécissant de plus tu plus le cercle des Graminées, par les remplacer complètement. C'est le contraire dans les pays cultivés. I.cs forêts, qui eu rouvraient primitivement la plus grande étendue, s’éclaircissent et disparaissent graduellement sous les coups de l’homme; et celles qu’on conserve, soumises pour la plupart a des coupes réglées, n’ont plus ni le même aspect ni la meme influence sur la nature environnante. Les conditions du climat ont été ainsi modifiées; celles du sol le sont sans cesse par la culture, qui règle d'ailleurs les espèces peu nombreuses tpii doivent le couvrir. Beaucoup de celles qui formaient la flore spontanée sont ainsi détruites, au moins par places; quelques autres, au contraire, sont introduites, et ce sont eu général des plantes annuelles dont les graines se sont mêlées à celles des Céréales venues de pays plus ou moins lointains. Mais quelles que soient ces modifications , elles ne peuvent être telieineut profondes que la nature ne conserve pas toujours ses droits ; i Ile dirige l'homme tout en le suivant: les plantes spontanées qti’cllc continue il faire croître eu abondance, les plantes cultivées qu’c le laisse croître, sont un double indice par lequel elle se fait reconnaître. Les dernières fournissent même des signes excellents :t l’étude de la géographie botanique : seulement, en les employant, on doit se rappeler que l’industrie humaine trouve moyeu de pousser toute culture avantageuse plus ou moins au delà îles limites où s’arrêterait la croissance des memes plantes laissées à elles-mêmes ; mais ces limites ainsi étendues conservent leur rapport pour les diverses espèces. Il faut se souvenir aussi que l'absence d’une culture dans un lieu donné peut ne pas impliquer son impossibilité, mais seulement la préférence donnée à d’autres plus avantageuses pour ce lieu-là. C’est dans sa région natale qu’un végétal est cultivé avec le plus de succès et ordinairement qu’il l’a été d’abord. Les climats analogues lui sont ensuite les plus favorables, et, à mesure qu’on s’éloigne davantage de cette zone, sa culture devient de plus en plus difficile, sa production de moindre en moindre. En ayant égard à ces considérations, la géographie botanique et l’agricole s’éclaireront mutuellement. La première empruntera à la seconde des points de repère bien définis, et, une fois qu’on aura vu certains végétaux spontanés accompagner telle ou telle culture en les rencontrant autre part, ou en conclura la probabilité que celle même culture pourrait y réussir aussi.

§ !M)">. Dans le rapide examen qu’il nous reste à faire de la distribution des végétaux cultivés, nous nous bornerons à un petit nombre, à ceux qui servent

PLANTES CULTIVÉES. — CEREALES. 71.)

lopins généralement île hase à la noiirriiure .le l’homme, et se trouvait en

conséquence les plus répandus sur la terre. Nous emprunterons à l’excellent travail île M. Seliouvv beaucoup des détails qui suivent.

La eulture des Céréales (3 7 47) est poussée dans le nord de la Scandinavie jusque vers le 70* de(;ré, à peu près vers la limite où nous avons vu cesser aussi les arbres. C’est le seul point où elle dépasse le cercle polaire, en deçà duquel elle s’arrête sur tout le reste de la terre, vers ÜO" dans l’ouest de la Sibérie, vers 55° plus à l’est; près de la côte orientale, elle ..'atteint pas le Kamtchatka, c’est-à-dire le 51* degré. Dans l’Amérique , elle peut armer jusqu’au 57' sur la côte occidentale , comme le prouve Inexpérience des possessions russes; mais, sur l’orientale, r le ne passe pas le 50' ou au plus le 5*. La ligne qui la circonscrit au nord dans les deux commets se trouve donc suivre les mêmes inflexions .pie les isothermes.

C’est 1 'ür,,e tp.i mûrit jusqu’à celte limite, dont s’approche auss, Y Avoine, mais à laquelle la récolte est loin d’être sûre, et ne réussit quelquefois qu une année sur plusieurs. Leurs graines font l’aliment de l’homme dans le nord de l'Ecosse, de la Norvvége, de la Suède et de la Sibérie.

Plus au midi, ou voit s’y associer la culture du Seigle, qui du reste monte aussi loin que cel e de l’Avoine dans la Scandinavie. C’est celle qui domine dans cette partie de la zone tempérée froide que forment le sud de a Suède et de la Norvvége, le Danemark, presque tous les pays riverains de la Baltique, le nord de l’Allemagne et une portion de la Sibérie. Ou commence a y rencontrer aussi le lilé , et l’on ne cultive plus guère P Avoine que pour la nourriture des chevaux, l’Orge que pour la fabrication de la bière

Puis commence une grande zone où le Mé est cultivé presque a 1 exclusion

. ■ .. . P \ ....L.ineun li> nml ri> tw> I

du Seigle , ci iim "'“‘i’'’ - . ■

France, une partie de l’Allemagne, la Hongrie, la Crimée et le Caucase, et des

parties de l’Asie centrale celles où il y a quelque agriculture. Comme la \ igne croit dans une partie de cette zone, le vin remplace la lucre, et en ronse-

ipience l’Orge est moins recherché. . ,

le Blé s’étend bien plus au sud, mais là on y associe communément la culture du Rh et du Maïs. C’est ce qui a lieu dans la Péninsule espagnole, une partie du midi de la France, notamment celle qui borde la Méditerranée, l’Italie, la Grèce, l’Asie-Mineure et la Syrie, la Perse, le nord de I Inde, l’Arabie, l’Kgvpte, la Nubie, la Barbarie et les Canaries. Dans ces derniers pavs, le Mais et le Riz sont le plus généralement cultives vers le sud, et . ans lit, ï’I. pies-uns aussi le Sorgho et le Poa abyssinica. Le Seigle, dans celte douille zone du Froment, est relégué sur les montagnes a des élévations assez considérables : Y Avoine aussi; mais sa culture Huit par disparaître a cause de la préférence donnée à Y Orge pour la nourriture des chevaux et mulets. . l’extrémité orientale de l’ancien contineul, dans la Chine et le Japon, par une cause qui paraît inhérente aux habitudes du pays, nos graines sont presque abandonnées pour la culture exclusive du Riz. l’Ue domine aussi dans les provinces méridionales des États-Unis, mais celle du Mais est générale da .s |t. reste de celte partie de l’Amérique beaucoup plus que dans notre cou-

III HA I- Illl« iiiiv.iv

,-t oui comprend le sud de l’F cosse , l’Angleterre, le centre de la

Dans h. zone torride, c’est aussi le Maïs qui domine et. Amérique, h; lia \sie, distribution qui tient sans doute à l’ongmc primitive de tes deux Graminées. Elles sont cultivées également toutes deux et. Afrique.

7iü GLOGKAPHIE JtOÏAMQlIK.

Dans l'hémisphère boréal , ilont les régions tempérées admettraient sans doute la plupart de ces cultures, elles doivent être plus rares, à cause de l’état tle civilisation moins perfectionné et des populations plus clairsemées, et dépendent en partie des usages apportés par les colonies. Celle du Blé est dominante dans le midi du Brésil, à Bueuos-Ayres, au Cliili, tut cap de Bomie-Espérance et dans la Nouvelle-Galles du sud, à la Nouvelle-Hollande, oit YOrtjc et le Seigle se montrent plus au midi, ainsi <pie dans l'ile de Yan-Diemcu.

En recherchant maintenant la distribution îles Céréales sur les zones differentes par les hauteurs, nous la trouverions analogue à celle que nous venons de voir sur les zones différentes par les latitudes, l'our avoir un exemple qui les présente toutes a la fois, prenons les Andes de l’Amérique équatoriale. Le Mais y domine de 1,000 à 2,000 mètres , mais arrive encore à près de 400 encore plus liant. Entre 2,000 et 3,000, ce sont les Céréales d’Europe qui dominent à leur tour : le Seigle et l 'Orge vers le haut, le Blé plus bas.

Il est clair tpte c’est à la limite extrême eu hauteur ou en latitude qu’il faut s’attacher. L’attire limite ne prouve rien sinon que la culture d’un grain d’une qualité inférieure est abandonnée dès qu’on rencontre les conditions propres à celle d’un grain de qualité supérieure. Néanmoins, d’après quelques expériences de MM. Edwards et Collin, il paraîtrait qu’outre celte limite assignée à nos différentes espèces par le minimum de chaleur qui leur est nécessaire pour fructifier, il eu existe une inverse assignée par le maximum de chaleur qui, dépassé, empêche leur développement. Ce serait, suivant ces auteurs, une température moyenne tle 18° pour certaines espèces, un peu plus et jusqu’à 22" pour certaines autres : et l’observation des hauteurs auxquelles s’arrête sous les tropiques celte culture vérifierait cette conclusion. Quelques exceptions qui se présentent dépendraient-elles de ce que, dans des climats oit la culture de ces Céréales se rencontre avec une température supérieure à ce maximum, elle aurait lieu pendant une saison dont la moyenne redescend plus bas? Quoi qu’il en soit, en n'examinant que les limites septentrionales cl les suivant sur toute la série îles lieux où elle est bien établie, ou verra qu’on peut dire d'une manière générale qu’elles sont parallèles entre elles pour les diverses Céréales, cl suivent à peu près les inflexions des lignes isolheres, c’est-à-dire des lignes tracées par les points où la température moyenne de l’été est la tnéinc. C’est en effet sur la durée et la chaleur de l’été combinées que doit se régler la maturation des fruits de toutes ces plantes annuelles.

§ ÜOli. La Pomme de terre (§ 83(i), à une époque toute moderne, s’est répandue dans presque tons les pays cultivés, et est venue s’ajouter aux aliments farineux fournis par la graine des Céréa'es, les remplacer presque dans certaines contrées. Sa culture suit celle de ces Céréales jusqu’à ses dernières limites, et même les dépasse un peu , si l’on choisit les variétés hâtives qu’un été fort court peut amener à maturité. C’est ainsi qu’on la cultive maintenant en Islande, et à des hauteurs considérables sur les montagnes d’Europe, là où les Céréales ne peuvent plus réussir. Dans les pays chauds, au contraire, la Pomme de terre dégénère facilement , et est en conséquence abandonnée , si ce n’est à des hauteurs suffisantes pour ramener le climat aux conditions convenables de température. Sa culture est générale, suivant M. de llumholdt , dans les Andes équatoriales , entre 3000 et 4000 mètres.

§ 907. Dans le Haut-Pérou, le Quinoa, espèce du genre Cltcnopodium, de la famille «les Atriplicces, était coumuiuéuiciil cultivé, avant l’arrivée des Euro-

PLANTES Cl'LTJVÉES. 7 1 y

Iléons, pour scs graines farineuses, et il l’est encore, «pnmpt’à un beaucoup inoitulre degré.

^ ÎK)M. Plusieurs espèces du genre Pnfyqonurn, type de la famille voisine des Pnlygonéns (§ 779) , dont la graine offre une composition analogue, servent , pour cette raison , habituellement d’aliment aux peuplades qui habitent les montagnes septentrionales et les hauts plateaux île l’Asie, d’où ces espèces sont originaires. L'une d’elles, le Sarrazin (P. fugopyrnm) , est très-répandue dans le nord de l'Europe, particulièrement dans la Bretagne, où elle forme la principale nourriture des paysans.

§ !)09. Les populations de quelques districts montagneux, dans l’Apennin en Italie, en France dans les Cévemies et le Limousin, se nourrissent, pendant une partie de l’année, de Châtaignes. Le Châtaignier (§ 764) croît spontanément dans toutes les régions moutueuses du midi de l’Europe , dans l’Asie-Mineure et le Caucase, et il est cultivé assez loin de ses limites naturelles. Mais il lui faut , pour que son fruit mûrisse, un certain degré de chaleur assez long-temps prolongé. Au delà de Londres et de la Belgique, vers 51°, il ne vient plus à maturité et n’est plus cultivé comme fruitier, mais seulement pour son bois ou pour l’ornement. Comme, en sa qualité d’arbre, il doit subir toute l'influence des hivers, il est probable que sa limite au nord est marquée par une ligue isoehimène. Mais il redoute aussi la chaleur : déjà, en Italie, il ne croît que sur le penchant des montagnes, et il manque à l’Atlas.

S 910. Kntrc les tropiques, dans toutes les parties peu élevées au-dessus du niveau de la mer, ce sont d’autres produits végétaux qui nourrissent l’homme, parce que, eu général, la quantité de substance alimentaire fournie par eux est beaucoup plus considérable sur un espace donné, et que, d’ailleurs les fruits obtenus, le plus souvent presque sans culture, favorisent l’aversion aux rudes travaux sous un climat brûlant. .Nous avons cité: 1° le Bananier (§ 750), qui est cultivé pour ses fruits jusqu'en Syrie, vers 34°, et qui, dans les Andes, ne fructifie qu’avec peine à une hauteur de 2000 mètres, où la chaleur moyenne tombe à 18-19°. 2" le Dattier (749) , Palmier de l’Afrique septentrionale où certaines populations se nourrissent de sou fruit , qui ne peut mûrir an delà d’une certaine ligne allant de l’Espagne jusqu'en Syrie, «lu 39e au 30° degré, quoique l’arbre puisse encore végéter quelques degrés plus au nord. 3° le Coentier (§ 749), originaire de l’Asie méridionale, maintenant répandu, comme le Bananier, sur toute la zone intertropicale, mais se plaisant seulement sur les bords de la mer, loin de laqmdle on ne jieut l’obtenir. Il demande une température moyenne de plus de 22", s’arrête, par conséquent, à peu près là où commencent les Céréales, et fournit à certains peuples, par exemple, ceux de la Péninsule de l’Inde et de ltle Ceylan , un objet important de nourriture et de commerce. 4” Y Arbre à pain 765) , aliment de la plupart des habitants des îles de la mer du Sud, dont il est originaire , transporté maintenant aux Antilles, au Brésil, à la Guvane et à l’ilc «le France , mais qui craint assez le froid pour ne pouvoir dépasser le 22' ou 23' degré de latitude.

^ 91 1. Nous avons cité encore quelques p’antes alimentaires cultivées pour leurs racines farineuses: l'Igname (§ 755), originaire de l’Archipel indien, et dont la culture ne s’étend guère au delà de 10° de chaque côté de l’équateur

718 GÉOGRAPHIE BOÏA.NIQLE.

dans l’andru monde; la Patate (§ 838), veuae de l’iiult; , niais qui réussit jusque dans nos climats tempérés, quoiqu’elle cesse d’être cultivée eu grand ait delà de la zone chaude, c’est-à-dire de il” à 42°; le Manioc (§ 770) , répandu du Brésil jusque sur la côte occidentale d’Afrique, cultive en Amérique jusqu’au 30* degré des deux côtés de l’équateur, et qui ne peut l’être sur les montagnes à une élévation surpassant 1000 mètres.

S 012. Nous avons vu, à l’article des différentes familles, à quel point les boissons fermentées et alcooliques sont recherchées par Fliomnie , qui s’eu procure dans presque tous les pays au moyen des végétaux qu’il peut y avoir à sa disposition. Nous eu examinerons ici un seul , le plus important de tous, la Viijnc (§ 794), relativement aux limites de sa culture en grand pour la fabrication du vin. Cette limite paraît s’être étendue autrefois plus au nord que maintenant, puisqu’on faisait du vin en Bretagne et en Normandie, où l’on n’en fait [tins, moins sans doute parce que le climat se serait détérioré, comme quelques-uns le prétendent, que parce que la civilisation, facilitant les échanges et les transports, a engagé à substituer d’autres cultures plus avantageuses à celle-là, et à abandonner un produit médiocre et incertain , qu’ou pouvait aisément et sûrement tirer supérieur d’autre part. Quoi qu’il en soit , la ligne où s’arrête actuellement la culture en grand de la Vigne commence maintenant sur la côte occidentale de France, vers Nantes (47° 20’); de là elle remonte jusqu’auprès de Paris (49”), tin peu plus haut encore en 'Champagne , et sur la Moselle et le Rhin , jusqu’à 51°; puis, après quelques ondulations, passe à peu près au même degré eu Silésie; redescend ensuite, vers le midi, à 48-49° en Hongrie, d’où elle se soutient à la même latitude jusqu’en Crimée et au nord de la Caspienne , où elle disparaît. La limite méridionale de la Vigne est aux Canaries vers 27” 4S’ , puis elle suit le littoral de la Barbarie , s’y interrompt pour reparaître sur un petit point de l’Egypte, et beaucoup plus abondante eu Perse à 29" et même à 27". Elle ne mûrit pas au Japon , et n’est pas cultivée dans la Chine, où sans doute elle pourrait l'être, mais dont tout le vaste empire est voué à la boisson du Thé.

Dans l’autre hémisphère et en Amérique, cette culture a été tentée avec succès; sur quelques points disséminés, d’après les habitudes et les idées des colons , mais non sur une échelle assez générale pour que sa circonscription actuelle puisse être considérée comme nécessaire et fixée par la nature. Dans l’Amérique septentrionale, où les premiers navigateurs trouvèrent plusieurs espèces distinctes de Vignes croissant spontanément , la limite septentrionale de sa culture ne dépasse pas 37° sur les bords de l’Ohio, 38" dans la Nouvelle-Californie; sa limite méridionale, 20 à la Nouvelle-Biscavc, 32” au Nouveau-Mexique. Dans l’hémisphère austral, où elle n’atteint certainement nulle part 40°, on l’observe au Chili et dans la province de Buenos-Avres ; vers 34° dans la-Nouvelle-Hollande et au Cap de Bonne-Espérance, si renommé par son vin.

Quant aux montagnes d’Europe, elle monte au plus à 300 mètres en Hongrie; dans le nord de la Suisse, à 550; ne dépasse pas 050 sur le versant méridional des Alpes, et peut s’approcher de 900 dans l'Apennin méridional et en Sicile, quoiqti’à Ténérilfe elle n’aille qu’à 800.

De tout ce qui précède on peut conclure que la Vigne veut un climat tempéré, mais qu’elle se règle moins sur la température moyenne que sur la

Page 1