‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 254 sur 262 · INFLUENCE DU SOL · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU SOL

sur les rivages d<‘ loiiles les mors tropicales, auxquels ils impriment une singulière physionomie par leurs furies racines s'élevant au-dessus île l’eau et formant comme autant d'arcs-boutants sur le centre ilest|tirls s’élève la tige.

Ou nomme tourbières certains marais d’une nature particulière, couverts de plantes sociales dont les racines entremêlées intimement entre elles finissent par former une sorte de terrain spongieux et mouvant , dont le fond est souvent rempli par les espèces d’un genre de Mousses, le Spliaaniim , où se plaisent certaines plantes ( Drosera, Oxyeoccus , quelques Sautes, etc.; et quelques l'’oii{jères , comme I ’Osmuntla reyalis). I.a végétation de chaque année, en s’élevant, exhausse le fond, et celle des années précédentes s’enfonce ainsi et s’enterre île plus eu plus, cesse de vivre, mais, à l'abri de l'action de l'air, ne se décompose pas et finit par constituer, avec le limon qui lie ses différentes parties dans leur position primitive , une masse compacte susceptible d'être exploitée comme combustible sons le nom de tourbe.

Certaines plantes se rencontrent à peu près également sur la terre recouverte d’eau ou desséchée, beaucoup de celles des marais sont dans ce cas et ou les nomme amphibies. Quelques-unes qu'on désigne par l’épithète particulière i\' inonitees , croissent sur les terrains alternativement recouverts et abandonnés par l’eau. Les feuilles de ces Amphibies sont sujettes à varier de formes suivant qu'elles se sont développées dans le milieu aquatique ou dans l’atmosphère : celles du Hanimculas aqiiatilis méritent d’être étudiées sous ce rapport.

^ 891). Nous avons parlé autre part ($ il I l-ill(i) de l'iuliururcquc la nature du sol solide diversement modifiée exerce sur la végétation; mais nous avons dît lions occuper seulement du fille qu’elle joue dans la nutrition des végétaux , et il nous reste a chercher maintenant celui qu'elle peut avoir dans la distribution de leurs espèces ou familles. I.es terrains de composition chimique différente présentent dans leurs productions spontanées quelques différences, mais assez peu appréciables dans l’ensemble de la Flore. Ainsi , les terres calcaires, ou siliceuses ou argileuses, montrent sans doute quelques plantes qui sont propres à chacune d’elles, mais ce n’est pas eu un nombre ou avec une constance tels que la flore de l’une se distingue nettement de celle de toutes les autres parties traits généraux. Il eu est autrement des terrains salés: ils se couvrent tic certaines espèces, et beaucoup d’entre elles prennent des formes assez caractéristiques dans leur feuillage court et épaissi, comme les Salsaln, Sulicnruia . D’autres Alriplicées , quelques Cnicijères ( Crambe et Cukile ) , quelques Primulacées ( Sumnlus et G taux ) , des Sla tire , abondent aussi sur Ictj bords de la mer, et nous avons déjà fait remarquer ( § 315) qu'on retrouve les mêmes végétaux ou d'autres analogues dans l’intérieur des terres toutes les fois que leur composition est saline.

Mais, en général, la composition du sol agit surtout eu modifiant ses propriétés physiques, en le rendant plus meuble ou plus compacte, plus ou moins perméable Ù l'eau et à l’air, plus propre à retenir ou à laisser passer la première; tellement que le même terrain pourra être favorable ou nuisible il la même plante sous deux climats de nature opposée, et que réciproquement la même plante demandera des terrains de nature différente dans l'un et l’autre de ces climats différents. Ainsi , Ktrwan a montré que , dans celui qui est sec, le blé préfère les terres alumineuses parce qu'elles sont plus hygroscopiqttes ; les terres siliceuses parce qu’elles le sont moins, dans celui qui est humide.

§ 000. On peut en dire à peu près autant sur les rapports de la constitution géologique du terrain avec sa végétation. Connue e’esl dans les couelies superficielles et à une petite profondeur «pie celle-ci se prépare et s’élaliore,. la Géologie, en nous apprenant quelles sont l'origine de celle couche, sa nature et celle de rinférieure sur laquelle elle repose, nous donne sans doute des indications précieuses dans beaucoup de cas; mais elle ne peut et ne doit pas eu général entrer dans des détails purement locaux , qui viennent changer souvent les circonstances physiques. Ainsi, par exemple, les cartes géologiques désignent par la même couleur plusieurs des plateaux des environs de Paris , sur lesquels s'étend une couche de meulière. Cependant, qu'on compare celui de Moutiuoreucy, couvert de moissons , avec celui de Saunois , couvert d’un gazon court et stérile, ou avec celui de Mettdon , couvert de bois secs, de châtaigniers principalement, au milieu desquels pullulent Y A ira Jluxuosu , le Mi'lainnyrum sylvaticmn , le Pleris aquiUna , on sera frappé de la différence complète de ces végétations; différence qui résulte de ce que tantôt la meulière est accompagnée de glaise , et que tantôt sa couche très-mince repose immédiatement sur le sable, souvent lui-même à découvert. Il n’est pas douteux néanmoins que h-s excellentes cartes géologiques, telles que plusieurs pavs de l’Europe , et notamment notre France , en possèdent actuellement , puissent être d'un très-utile usage dans les herborisations et aident à constater un jour des rapports qu’on n’aperçoit encore que trop vaguement.

§ 901. La proportion d'eau retenue dans le sol joue le rôle le plus important dans la végétation; si l’une est nulle, l’autre l’est également. Ainsi, l'intérieur de l'Afrique est occupé par de grands déserts nus eu toute saison : car les cours d’eaux y manquent , et sons cette latitude les vapeurs de l'atmosphère, raréfiées subitement au contact de ces sables brûlants, ne se condensent jias en pluie. Mais dans les points rares où quelques sources viennent à humecter le sol, il se couvre de végétaux et forme une oasis, sorte d’île au i milieu de la mer de sable. Dans des climats plus éloignés de l’équateur ou un peu tempérés par le voisinage de grands massifs de montagnes, la pluie peut se former et fournir de l'eau aux grandes plaines, qui ne sont pas autrement arrosées. Aussi , après avoir pendant la sécheresse offert l'aspect du désert, se couvrent-elles d’une végétation rapidement développée, composée en général de piaules herbacées et sociales.

Nous avons cité ( § 8(>2 ) les Pampas et Llanos du centre de l’Amérique méridionale. Les savanes ou prairies de l'Amérique du Nord, les steppes de la Sibérie et île la Tarlarie, leur sont comparables, avec les différences que détermine leur situation dans la zone tempérée qui les soumet aux allerqatives de nos saisons, et celles qui résultent de végétations originaires de centres aussi éloignés entre eux. Parmi ces déserts du centre de l’Asie, il v a de vastes étendues imprégnées de sel, et celles-là produisent des végétaux particuliers analogues à ceux du rivage de la mer, qui sans doute les a couvertes a une autre époque. Les Landes et les Bruyères chez nous représentent, sur une échelle heureusement beaucoup moindre, ces espaces secs et stériles. Sur certains rivages bas, le vent ipti souffle le plus habituellement de mer, pousse vers la terre le sable qui s’amoncelle en petits monticules, dont les chaînesparallèles s’avancent peu à peu et gagnent chaque année sur le sol végétal

qu’elles enfouissent. Ainsi se for les dunes; mais leur stérilité n’est pas

irrémédiable, grâce à la fraîcheur de l’intérieur de ce sol entretenu par le

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