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jusqu’à un certain point deviner leur forme par l’inspection comparée des coupes horizontale et verticale du tissu. Est-il besoin d’expliquer comment les cellules cubiques, coupées, soit verticalement, soit horizontalement , donnent toujours des carrés é-rnux • comment le dodécaèdre [fig. 1 2 et 1 3) donne dans un sens uncarré et dans le sens contraire un hexagone [fig. I 4 et 1 5), etc., etc.?
Il ne faut pas croire au reste que ces figures aient la régularité rigoureuse des figures géométriques auxquelles on les compare II s'en faut en général de beaucoup. Les angles s’émoussent, les côtés
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d'un môme carré ne sont pas tout-à-fait égaux, les lignes ne sont pas tout-à-fait droites. C'est en partie pour avoir représenté une régularité qui n’est pas dans la nature que la plupart des figures d'anatomie végétale publiées autrefois ont manqué de ressemblance.
Les cellules peuvent donc être courbes sur une partie de leur surface et planes sur l'autre. Cette combinaison peut s’allier avec la régularité; par exemple, dans la forme d'un tronçon de colonne cylindrique (/)</. 16 a), d'un tonneau (/;).
Enfin elles peuvent être rameuses, c'est-à-dire s'allonger à la fois sur plusieurs points de leur surface et dans différentes directions. C’est par le bout de ces prolongements que les cellules se louchent alors ordinairement, et ordinairement aussi elles sont fort irrégulières (//y. 17). Cependant un certain degré de régularité peut s'allier avec cette modification : ainsi elles imitent quelquefois des étoiles, des tronçons de colonnes cannelées, etc.
§ 5 . Dans les tissus serrés, lorsque les cellules s’emboîtent exactement les unes entre les autres, se touchant par des surfaces planes, on conçoit qu'il ne peut rester entre elles aucun vide (//y. 7 et 1 9). Dans les tissus lâches, et lorsque leurs surfaces courbes ne peuvent
se toucher que par un petit nombre de points , il doit au contraire rester entre elles des intervalles plus ou moins considérables 8, 18): on nomme ces intervalles mcats intercellul aires ( /iy. 18 ?»). Il en existe au reste dans la plupart des tissus, parce
] 7 . Cellules rameuses prises dans la fève de marais | Vicia faba | . — Il Lacunes.
la. Tissu cellulaire lâche ou mérenchyme, pris dans une jeune feuille de .Joubarbe | Rrmprrcivum Icc/ormn). — ■ rn Méats intercellulaircs.
19. Tissu cellulaire de la moelle du Sureau [Sambucus ni y rit). Les cellules sont ponctuées ainsi que dans la figure précédente.
que, en raison de ce léger degré d’irrégularité que nous avons reconnu comme un fait général , l'agencement des parties n’est pas rigoureusement exact ; mais ces intervalles sont d'autant moindres que le tissu est plus serré.
Entre les cellules rameuses , qui se touchent par les extrémités de prolongements rayonnant d’un centre commun, ces méats occupent nécessairement un espace beaucoup plus étendu, et, dans ce cas, ils prennent le nom de lacunes ( fig . \1 1 1). C'est celui qu'on donne généralement à tout intervalle un peu considérable compris entre plusieurs cellules, et n’ayant d’autres parois que celles de ces cellules environnantes. Les lacunes offrent souvent une grande régularité , soit considérées on elles-mêmes , soit dans leur position les unes par rapport aux autres (fuj. 20).
§ 5. Les cellules peuvent être placées sans ordre appréciable les unes relativement aux autres; c’est surtout lorsqu’elles sont irrégulières dans leur forme et inégales dans leurs dimensions. Mais lorsqu’elles sont régulières et égales, une certaine régularité se fait aussi remarquer dans leur agencement, et on les voit souvent disposées les unes à la suite des autres par séries rectilignes, soit dans le sens horizontal, soit dans le sens vertical. Les cellules des deux séries voisines qui se louchent peuvent alors être opposées, c’est-à-dire situées à la même hauteur [fig. 21 ), ou bien alternes, | c’est-à-dire à des hauteurs différentes , de telle -• sorte que le milieu de celles d'une série correspond toujours à peu près aux extrémités de celles 22- des séries voisines [fig. 22). Ce dernier agencement a presque nécessairement lieu lorsqu'elles sont plus larges au milieu qu'aux extrémités : pour la forme dodécaédrique, par exemple [fig. 1 4 et 15).
§ 6. Les parois des cellules ne présentent pas toujours la même apparence. Tantôt elles semblent formées par une membrane unie et parfaitement homogène [fig. 5 , G ) ; tantôt celte membrane est marquée d'un nombre plus ou moins grand de petits points [fig. 23) ou de courtes lignes dirigées transversalement ou obliquement, [fig. 24) ; tantôt elle semble doublée à certains intervalles de petits fils ou bandelettes ; ces fils décrivent en général une spirale à tours plus ou moins rapprochés depuis une extrémité de la
20. Lacunes clans le tissu de la Renoncule aquatique ( Ranunçulus aqualilis).
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cellule jusqu a 1 autre (/ùy. 25) ; ces bandelettes suivent également une direction en spirale, ou se séparent en plusieurs anneaux à peu près horizontaux (/ ig . 26 ), ou dessinent enfin sur la surface une sorte de réseau à mailles plus ou moins grandes (fùj. 27). On s’est
assuré que ces diverses apparences ne caractérisent pas constamment des cellules différentes, mais que la môme peut en offrir successivement plusieurs, suivant l'époque à laquelle on l'examine. Il est donc nécessaire de suivre attentivement leur développement pour bien se rendre compte de ces apparences diverses et de la cause qui les produit.
Cet examen nous apprend que la cellule , au moment où nous commençons à l’apercevoir comme un organe distinct , est un petit sac formé par une membrane simple, parfaitement continue et homogène, dont la substance, d’abord molle et humide, se sèche et durcit peu à peu. Elle peut persister à cet état en changeant seulement do volume et de forme. Mais d’autres fois, à une certaine époque ultérieure, sur toute la surface intérieure du sac, il s’en forme une seconde. Cette nouvelle membrane ne paraît pas identique avec la première dans son mode de développement ; car, au lieu de s’étendre en une toile continue parfaitement correspondante à la première, elle se rompt en divers points, peut-être parce que le sac intérieur, plus jeune et plus mou que l’extérieur, ne peut pas toujours le suivre assez vite dans son développement. Dans ces points, le premier n’est pas doublé par le second , et de là résulte cette inégalité d’épaisseur à divers endroits de la surface. On pourrait supposer que la membrane interne ainsi distendue s’éraille en un grand nombre de points , et détermine ainsi les ponctuations qu’on aperçoit sur beaucoup de cellules ; mais, le plus souvent, une mer-
23 et 24. Cellules ponctuée et rayée, prises dans le tissu du Sureau [Samhucvs nigra).
25, 26 et 27. Cellules spirale , annulaire et réticulée, prises dans le tis u du Cui ( l'tsctm album).
veilleuse régularité paraît présider aux solutions de continuité de l'enveloppe intérieure, qui se déroule du bas en haut de la cellule en un fil ou en un ruban spiral. Si les tours de cette spire sont éloignés l’un de l’autre par un intervalle appréciable, on a deux zones spirales parallèles, l’une où la membrane externe est doublée par l’interne, l’autre où elle est à nu. Si les tours se touchent exactement, leur intervalle n’est plus indiqué que par une strie extrêmement fine ou cessant môme d’étre perceptible. Mais souvent ils s’écartent un peu de dis’ance en distance, laissant la membrane extérieure à nu dans des espaces qui , pour notre œil , n'excèdent pas en étendue un point ou une courte ligne. De là peut-être la régularité et la direction qu’on observe fréquemment dans ces points et ces lignes dont la cellule se montre toute parsemée. Les bandes en anneaux ou en réseau paraissent susceptibles d’une explication analogue que nous renvoyons à l’exposition des vaisseaux, où le phénomène deviendra moins obscur, à cause de la plus grande échelle sur laquelle nous pourrons l’observer.
L’épaisseur des parois de la cellule peut être successivement augmentée par la formation d’un troisième sac qui se dépose à l’intérieur du second, d'un quatrième qui se dépose à l’intérieur du troisième, et ainsi de suite. S’il arrivait que le troisième ne se moulât pas exactement sur le second, mais vint tapisser les intervalles où celui-ci a laissé la membrane primitive à nu, on conçoit qu'il pourrait être aperçu dans ces intervalles et caché dans tous les autres endroits où elle se trouvait déjà doublée. Quelques auteurs ont expliqué ainsi l’apparence en quelque sorte composite de certaines cellules, par exemple, celles sur lesquelles se dessine un réseau dont les aréoles sont ponctuées : le réseau appartiendrait à la seconde membrane, les ponctuations appartiendraient à la troisième.
Mais ordinairement la seconde membrane sert de moule à celles qui se développent successivement à l'intérieur ; elles la suivent
dans tous ses contours et s’interrompent aux mêmes endroits. C'est ce dont on peut se convaincre par la coupe transversale (/?</. 28) ou longitudinale (/ù/. 29) de cellules composées d’un certain nombre de couches superposées. On voit ainsi bien nettement plusieurs cercles concentriques autour d’une cavité centrale, qui est d'autant plus petite qu'il s’est déposé un plus grand nombre de
-a- Coupc transversal.: de ccllul :s prises dans la chair d’une poire. 29. Coupe longitudinale des mêmes.
OUGAMÙS ELEMENT AIRES. «J
couches ; de cette cavité partent transversalement de petits canaux qui viennent s’arrêter seulement sur la membrane extérieure et qui correspondent aux solutions de continuité des membranes secondaires. 11 est clair que si elles se ne moulaient pas exactement les unes sur les autres, leurs tours ne se correspondraient pas de manière à former ces canaux continus.