PARIS
EORTIN , MASSON et <:«►•,
Place de PEcolo-dc-Médecine, I.
LANGLOIS et LECLERCQ.
Rue de la Harpe, S|.
§ 355. Conduits déjà précédemment, par l’examen de l’inflorescence et de la floraison, à parler de la fleur, nous ne l’avons considérée qu’en général, comme un tout, que nous n’avons pas décomposé en ses parties; et nous l’avons comparée à un bourgeon ou à une rosette de feuilles (§ 1 99), en avertissant que ces feuilles nouvelles différent ordinairement plus ou moins de celles do la tige parleurs formes, leurs couleurs, leurs dimensions; en un mot, par toute leur apparence. Elles n’en different pas moins par leurs .fonctions, et cette somme de différences avait naturellement engagé les anciens botanistes à les regarder comme des organes tout à fait distincts. Pourquoi, à une époque plus récente, a-t-on reconnu des feuilles dans les diverses parties de la fleur? Parce qu’on a observé tous les passages des unes aux autres, et qu’on s’est trouvé nécessairement conduit à cette équation en appliquant ici les règles posées (§ '235) pour la détermination fies organes déguisés souvent sous des formes si dissemblables. C’est ce qu’au reste quelques exemples feront plus facilement comprendre.
§ 356. Ainsi prenons la plus belle fleur qui croisse naturellement. dans nos campagnes, celle du Nénuphar blanc [Nijmphœa (tllta, fig. 223), que nous voyons fréquemment étaler à la surface des eaux dormantes ses larges rosettes de folioles vertes au pourtour de la fleur, jaunes au centre, blanches dans l’intervalle. Les vertes n’offrent cette couleur qu’à leur surface extérieure, tandis que l’intérieure est blanche; elles sont au nombre de quatre seulement (cccc), de la figure d’un ovale très-allongé. Les folioles nombreuses qui suivent (p p p p) sont blanches sur leurs deux surfaces, les plus extérieures de môme forme et aussi ou plus longues que les vertes, les intérieures de plus ou plus courtes. Plus près du centre (e), elles deviennent jaunes; et on les voit, se rétrécir de plus en plus, passant graduellement de la figure ovale que nous avions observée dans les blanches, à celle d’un étroit ruban. En môme temps on remarque une modification de plus en plus prononcée à leur extrémité supérieure, qui présente deux épaississements, comme deux replis longitudinaux, lesquels s’allongeant d’autant plus qu’on les cherche dans des folioles situées plus a
l’intérieur, finissent par occuper plus de la moitié de leur longueur (e 4, 5) et toute l’épaisseur de cette moitié, tandis que d'abord on les distinguait à peine au bout un peu épaissi des folioles les plus extérieures (e I). Enfin, le milieu est occupé par un cercle de corps jaunes (s) beaucoup plus courts que les précédents, formés aussi par un épaississement, mais simple et non plus double
pour chacun d’eux; ils forment le couronnement d’un corps central beaucoup plus gros, qui, coupé transversalement, présente au dedans une cavité divisée par des cloisons disposées comme autant de rayons, et égales en nombre à celui des corps jaunes du couronnement. Ce corps central est ce qu’on appelle le pistil; nous ne trouvons aucune ressemblance apparente entre lui et toutes les parties précédemment décrites ; entre celles-ci, au contraire, il en existe une incontestable, puisque leur succession nous montre tous les passages gradués des extérieures aux intérieures. Néanmoins on distingue entre elles les principales modifications que nous avons signalées : on a appelé calice l’ensemble des folioles vertes; corolle celui des folioles blanches dont chacune a reçu le nom de pétales; étamines, toutes les partiesjaunes épaissies supérieurement, dans un espace plus ou moins long, par un double repli. Dans la
223. Fleur du nénuphar ( Nymphœa alba), vue d’en haut et plusieurs fois plus petite que nature. — c c c c Les quatre folioles du calice — p p p p Pétales. — e Etamines. — s Pistil. — On peut suivre les dégradations de forme des parties do l’extérieur à l’intérieur ; et d’ailleurs, on a placé séparément à côté une série do folioles modifiées, depuis la verte du calice c et la blanche de la corolle p 1, jusqu’aux étamines, de plus en plus caractérisées par la différence de la forme e 4, 5.