‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 74 sur 262 · FLEUR EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

FLEUR EN GÉNÉRAL

plupart des autres fleurs les différences bien tranchées de ces différentes parties justifient leur distinction par des noms différents. Dans celle du Nénuphar blanc, elles sont peu nettes; et dans la série des formes intermédiaires, depuis les folioles du calice jusqu’à l’étamine la plus intérieure, il serait bien difficile de marquer un point où finit un ordre d’organes et où un autre commence, de telle sorte que cet exemple nous autorise à reconnaître dans les folioles du calice , dans les pétales et dans les étamines, un seul et même organe plus ou moins profondément modifié.

§ 357. Mais cet organe est-il une feuille? Nous ne pouvons douter que les bractées (§ 226) ne soient des feuilles modifiées, tant le passage des unes aux autres est fréquent et manifeste par des gradations insensibles. Or, celui des bractées aux folioles calicinales ne l'est pas moins, et, dans beaucoup de cas, il est impossible de distinguer les unes des autres. Citons pour exemple la pivoine, l’orobanche, etc., etc. Dans d’autres cas (dans la Rose par exemple, fuj. 261 et 369, c f), les parties calicinales offrent la forme môme de véritables feuilles, et le nom de folioles qu’elles ont reçu depuis bien long-temps prouve assez que cette analogie n’avait pas échappé à nos devanciers.

§ 358. Ce n'est donc que dans les parties du pistil que nous n'avons pu encore reconnaître les feuilles. Mais si dans le Nénuphar leur degré de transformation les avait aussi complètement déguisées , d'autres exemples , au contraire , nous montreront qu’elles ne le sont pas toujours au même point, et que le plus souvent même elles le sont moins que les étamines.

Prenons une fleur de Magnolia, celle de Yyulan maintenant assez communément cultivé dans les jardins. Elle se dégage d’un involucre spathiforme composé de deux bractées vertes et velues, et montre alors une rosette de neuf grandes folioles toutes blanches; puis en dedans, sur un axe allongé, un amas de corps étroits terminés en pointe : ceux du bas jaunes, rétrécis en filet à leur partie inférieure ; ceux du haut verts et renflés au contraire à leur base, qui se trouve vide au dedans et dont le renflement correspond ainsi à une cavité close. Si nous comparons cette fleur à celle du Nénuphar, nous reconnaissons dans les folioles blanches celle du calice et de la corolle, qui ici ne peuvent se distinguer que par leur position relative; dans les corps jaunes, les étamines dont la forme est ici la même pour toutes et tranche nettement avec celle des pétales. Les corps verts qui couvrent le haut de Taxe et occupent le centre de la fleur correspondent par leur situation à ce que nous avons nommé le pistil. Mais ici il se trouve composé d’un

grand nombre de parties séparées, d’autant de petites feuilles comme roulées sur elles-mêmes. Dans la fleur d’un genre voisin

des Magnolias, le Tulipier de Virginie ( Lyriodendron tulipifera), nous aurions trouvé en dehors trois folioles calicinales vertes; puis, sur deux rangs, six pétales également verts mais tachés de rouge ; plus en dedans un grand nombre d’étamines rétrécies inférieurement en filet [fuj. 224 e) et occupant le bas d’un axe central (a) dont le reste est couvert par de petites feuilles vertes (cc), plates, épaissies à leur pointe, renflées et creuses à leur base, par laquelle elles se confondent les unes avec les autres, jusqu’à ce qu'à la maturité toutes ces lames se détachent complètement les unes des autres. Ce sont les parties composantes du pistil, dont chacune a reçu le nom de carpelle. Nous pourrons dans la s/iite de cette exposition les désigner également par celui de feuilles earpellaires.

§ 359. Dans ces divers exemples que nous avons pris jusqu’ici, la disposition spirale de cette suite de parties composant la fleur (folioles calicinales, pétales, étamines, carpelles), est tout à fait évidente; et il on résulte pour celle du Nénuphar, où l’axè qui porte toutes ces parties est extrêmement raccourci, une rosette analogue à celle que nous avons représentée fig. 156; pour celles du Magnolia et du Tulipier, où cet axe est fort allongé, une disposition comparable à celle que nous avons représentée fig. 158. C.et. agencement des parties de la fleur devait suffire pour faire reconnaître une certaine analogie entre elles et les feuilles^ si les règles que nous avons énoncées autre part sont vraies.

§ 360. Dans la plupart des fleurs, la disposition des parties suivant une ligne spirale est beaucoup moins manifeste, et cela par plusieurs causes dont il est facile de se rendre compte. La surface qui les porte ne forme pas un axe allongé comme dans le Magnolia et le Tulipier, ou ne s’étend pas en largeur comme dans le

224. Partie centrale de la fleur du Tulipier, composée de carpelles cc, dont l'ensemble forme le pistil. Ils couvrent la partie supér'eure d’un axe a , et au-dessous s'insèrent de nombreuses étamines desquelles on a laissé quelques-unes cc, et enlevé d'autres dont les insertions ont laissé de petites cicatrices sur l’axe en a. Ces étamines sont hypogynes et extrorses.

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