de la fleur du Tropceolum penlaphyllum
cilles peuvent être diminués dans la même fleur. Ainsi, dans ce même genre Capucine (fig. 248), les carpelles ne sont qu’au nombre de trois; il y a deux cercles d’étamines, le plus extérieur opposé aux pétales ; mais à chacun de ces rangs il y a une étamine de moins, et leur nombre total est ainsi de huit au lieu de dix.
§ 380. Cette inégalité numérique des parties composant les différents verticilles de la fleur est-elle soumise à quelques lois? Il y en a une qu’on peut prévoir d’après la position même de ces parties. Plus le verticille est intérieur, plus le cercle sur lequel il s’insère est étroit, et par conséquent moins ses parties trouvent de champ pour leur développement. Il est donc naturel qu’il y ait d’autant plus de tendance à la suppression de quelques-unes d’entre elles, qu’elles appartiennent à un verticille plus rapproché du centre; c’est ce qui a lieu en effet. Dans une fleur complète, où les parties sont également verticillées, il est extrêmement rare que les folioles calicinales soient inférieures en nombre aux pe taies, le contraire a lieu moins rarement; il arrive plus souvent encore qu’il y a moins d’étamines que de pétales, et enfin il est fort commun que les carpelles ne se trouvent pas en nombre égal à celui des parties des verticilles extérieurs.
§ 381 . La suppression peut porter non plus sur quelques parties d’un même verticille, mais sur un verticille tout entier. Des deux extérieurs, lorsqu’un seul persiste, c’est toujours le calice ; mais la disparition complète de la corolle est assez fréquente, et alors on dit que la fleur est apétale. Ainsi la petile fleur du Glaux maritima [fig. 249) se compose d’un calice à cinq parties, de cinq
étamines alternant avec elles et d’un pistil qui finit par se séparer en cinq pièces représentant ainsi autant de carpelles. Il est bien plus ordinaire, dans ces fleurs apétales, de trouver les étamines devant les folioles calicinales placées comme elles le seraient si le verticille intermédiaire des pétales eût existé (par exemple, dans le Chenopodium [fig. 250] et beaucoup d’autres Atriplicées, etc.) ; et en effet, alors, on en trouve souvent quelques vestiges, ou bien on le voit reparaître dans des plantes incontestablement très-voisines. Quelques Caryophyllées montrent aussi
LW
249-250. Diagrammes de deux fleurs où le verticille de la corolle est supprimé, et l’ovaire composé à placentation centrale: — 249. du Glaux maritima, —250. du Chenopodium album.
celle suppression des pétales qui cependant existent dans la plupart; parmi les l’aronychiées, qui ont avec les précédentes tant de rapports, la moitié des genres est munie de pétales, tandis que l’autre moitié en est dépourvue.
$ 382. Dans d’autres Heurs ce sont les étamines ou bien le pistil qui manquent. Ainsi, parmi les (leurs des Médiciniers ou Jatropha , en dedans du calice à cinq folioles et de la corolle à cinq pétales, les unes (/iy. 251,2) présentent un pistil sans étamines, les autres (//y. 251 , 1) dix étamines sans pistil. Nous verrons plus loin que le pistil qui devient plus tard le fruit, dans lequel sont contenus et mûrissent les graines ou œufs des végétaux, joue le rôle de la fe-
melle, égalcmentdestinée à la production desœufs dans les animaux , que les étamines cjui fécondent les œufs jouent le rôle de mâle. De là vient que les pistils sont aussi vulgairement désignés sous le nom d’organes femelles, les étamines sous celui d’organes mâles, leur ensemble sous celui d’organes de la fécondation. De là aussi le nom
251. Fleurs mâle (1) et femelle (2) du Jatrnpha curcas. — c Calice. — p Corolle. — e Étamines qui occupent le centre dans la fleur 1, à cause de la suppression du pistil, et qui manquent complètement dans la fleur. — 2 Pistil composé d’un ovaire o, que surmontent trois styles bifides s. — a Petits appendices glanduleux alternant avec les divisions de la corolle. — Au-dessus de chacune de ces deux fleurs, son diagramme.
de /leurs hermaphrodites donné à celles qui contiennent ces deux organes réunis ; celui de /leurs mâles donné aux fleurs seulement stamin itères ; d 'androcée ( androceum d’avrjp, mâle, etoixta, habitation) à la réunion des étamines ; celui de fleurs femelles donné aux fleurs seulement pistil lifères. Nous avons décrit plus haut (§ 376) la fleur du Coriaria comme munie à la fois d’étamines et de pistil ; mais il se trouve ordinairement sur le même pied d’autres fleurs où le pistil est supprimé, et d’autres encore où ce sont les étamines. Quand une plante offre ce mélange de fleurs hermaphrodites, de fleurs mâles et de fleurs femelles, on dit \es /leurs polygames. Si les fleurs hermaphrodites manquent complètement dans une plante, les fleurs qu’on y rencontre, pourvues seulement ou d’étamines ou de pistil, prennent alors le nom de diolines ; alors les mâles peuvent se trouver sur le même pied que les femelles (comme dans le Ricin, la Sagittaire, etc., etc.); elles habitent en quelque sorte un domicile commun, et on dit que cette plante a des fleurs monoïques (p.ovoç, seul; oixioc, maison). D’autres fois, dans le Chanvre ou la Mercuriale par exemple, certains pieds de la plante ne portent que des fleurs mâles, certains autres que des femelles ; les fleurs occupent deux domiciles séparés et sont dites dioïques (Sioixeiv, habiter séparément).
§ 383. Les fleurs sont destinées à propager la plante au moyen des graines, dernier terme de leur développement. Les pistils où ces graines sont contenues sont donc des organes essentiels; mais depuis long-temps l’expérience a constaté que, s’il n’y a que des pistils, les graines avortent et la plante ne se reproduit pas; que le voisinage et l’action des étamines sur le pistil est nécessaire pour qu’elles deviennent fécondes et produisent un embryon qui nous a servi de point de départ dans l’histoire de la plante (§ 27) ; les étamines sont donc des organes également essentiels. Quant au calice et à la corolle, ils ne jouent dans la fleur qu’un rôle purement secondaire, destinés à servir aux étamines et aux pistils d’enveloppes , à l’abri desquelles ils se développent et. atteignent leur perfection. On conçoit que ces enveloppes pourraient à la rigueur manquer complètement sans que la fleur devint impropre à ses fonctions, tandis que celle où les étamines et les pistils manqueraient à la fois serait un stérile ornement, tout à fait inutile à la reproduction de la plante. Aussi appelle-t-on neutres quelques fleurs bornées ainsi aux verticillcs du calice et de la corolle, qui souvent alors prennent un développement remarquable. Les fleurs bornées au contraire au pistil et aux étamines ou seulement aux uns et aux autres, mais complètement dépourvues d’enveloppes.
sont dites achlamydées (a privatif; yXaauç , chlamyde, vêtement), ou plus vulgairement nues [/lares midi).
§ 384. Nous avons vu que les parties de la fleur pouvaient se réduire 1° par la suppression de quelques parties dans chaque vertieille; 2° par la suppression d’un ou plusieurs vertici lies tout entiers. Combinons ensemble ees deux modes de diminution, et nous arriverons, par des suppressions successives dont la nature nous présente tous les exemples, à un degré plus grand de simplicité, dont le dernier terme sera une étamine ou un carpelle isolé. C’est là que sont réduites, par exemple, les fleurs du genre Naias dont deux espèces ( major et minor) croissent dans nos rivières.
La seule familledesEuphorbiacées nous présenterait, dansune suite d’exemples instructifs [/ig. 252, 256), la dégradation progressive du nombre -des étamines qui constituent ses fleurs mâles, et que nous y verrions enfin réduites à trois, à deux et à une [Euphorbe).
g 385. Lorsque les fleurs ainsi réduites à un organe unique sont solitaires, on ne peut éprouver d'embarras pour les reconnaître; mais il peut survenir quelque doute lorsqu’elles se trouvent groupées en une inflorescence commune. Ainsi, long-temps on a considéré comme une fleur unique l’inflorescence de l’Euphorbe, où plusieurs fleurs mâles, formées chacune par une étamine, entourent une femelle formée par un pistil seul, le tout enveloppé d’un involucre qu’on appelait calice. Ainsi, au premier coup d’œil, le fruit du
252-257. Diagrammes de fleurs de plus en plus simples, où l’on voit : 1° le caiice, enveloppe unique, réduit à trois parties (252,253,251) se supprimer luimême complètement (255, 256, 257, 258) , et être remplacé par une bractée, de l'aisselle de laquelle naît la fleur, quelquefois accompagnée en plus de deux bractéoles plus intérieures (255, 256|; 2“ les fleurs seulement mâles réduites à trois étamines (2521, à deux (253-255), enfin à une étamine (254,2561, et enfin cette étamine unique, réduite elle-même à une seule loge (257, 1); ou seulement femelles (257, 2l et réduites à un carpelle.