‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 84 sur 262 · ENVELOPPES DF. LA FLEUR · texte numérisé non relu

ENVELOPPES DF. LA FLEUR

§ 405. Nous savons que deux vcrticilles de parties ordinairement différentes dans l'un et l’autre par leur forme et leur coloration, le calice et la corolle, composent les enveloppes de la fleur lorsqu’elles sont au complet. Nous savons aussi qu’il n’est pas rare d’en trouver un seul , et que, dans ce cas, c’est presque toujours la corolle qui manque. Dans un genre de ltutacées, le Diplolœna , où les fleurs rapprochées dans un capitule se pressent et gênent mutuellement, les parties extérieures ne se développent pas, le calice avorte totalement, et les pétales sont réduits à la forme d’écailles courtes et minces, quelques-uns même manquent tout à fait. Voilà donc un exemple de corolle sans calice; on en citerait peut-être quelques autres, mais ils sont tellement rares qu’il serait fort inutile de désigner, par un nom particulier, une disposition aussi exceptionnelle. Il n’en est pas de même pour la disposition contraire, assez commune, et nous avons vu (§ 381) que les fleurs qui la présentent sont dites apétales.

§ 406. Ce terme n’a donné lieu à aucune objection [)our les dicotylédonées , où, lorsque les enveloppes florales se bornent à un seul verticille floral , elles offrent en général manifestement l’apparence et tous les autres caractères d’un calice. Mais dans les fleurs des monocotylédonées il n’en est pas toujours ainsi. Nous avons annoncé (§ 362) que leurs enveloppes sont le plus généralement formées de six parties disposées trois par trois sur deux cercles concentriques. Très -souvent toutes les six sont semblables entre elles, et alors elles peuvent être vertes (dans la fleur de l’Asperge, par exemple); mais plus souvent elles sont peintes de couleurs différentes et quelquefois fort vives, comme dans le

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Lis [fig. 267), la Jacinthe, la Tulipe, etc., etc. D’autres fois les trois

extérieures diffèrent des trois intérieures : les premières vertes et sembla blés à un calice, les secondes colorées et semblables à des pétales, comme dans les Éphémères, le plantain d’eau ou Alisma , etc.

Dans ce cas on serait tenté d’appeler en effet le verticille extérieur calice, et l’intérieurcorolle; mais, par une conséquence nécessaire, il faudrait leur appliquer les mêmes noms dans toutes les autres fleurs de monocotylédonées , où pourtant les parties ne présentent aucune différence entre elles. C’est ce que font plusieurs auteurs. D’autres, plus anciennement, ne prenant que les caractères de couleur pour guides, admettaient dans ces fleurs, tantôt un calice et une corolle, tantôt un calice seul, tantôt une corolle seule, quoique évidemment les six parties , dans leurs rapports constants, doivent toujours représenter la même chose. D’autres, enfin, les nomment dans tous les cas un calice, qu'ils définissent le système d’enveloppe le plus extérieur de la fleur, ne pouvant reconnaître deux systèmes différents dans celles de la plupart des monocotylédonées. 11 est nécessaire d'être prévenu de ce défaut d'accord dans la terminologie des divers botanistes, pour éviter la confusion qu’elle peut entraîner.

§ 407. De Candolle avait cherché à la faire disparaître. Frappé de cette diversité d’apparences qui dans la fleur de telles monocotylédonées nous montre un calice, une corolle dans celle de telles autres; voyant même que quelques-unes semblent réunir cette double nature dans leurs folioles vertes en dehors et colorées en dedans, il avait supposé que chacune d’elles résulte de la soudure interne d’une foliole calicinale avec un pétale opposé, et se forme ainsi de deux lames représentant sa double nature. Il est inutile de discuter cette hypothèse, que repoussent également les considé-

267 .'Fleur du lis blanc (Lilium candidum ). — p Périantlie, dont trois parties un peu plus extérieures pe, alternent avec trois plus intérieures pi. — e Étamines dont on aperçoit le sommet des filets avec leurs anthères oscillantes. — s Le stigmate terminant la partie supérieure du style.

CALICE. ;j 1 7

rations tirées de l’anatomie et de la position des parties. Elle devient insoutenable, surtout en s’appliquant aux fleurs des dicotylédonées, auxquelles son auteur l’étendait, et l’opposition de cinq pétales avec cinq folioles du calice serait contraire à la nature. Quoi qu’il en soit, de Candolle rejetant, d’après cette idée, l’épithète d’apétales pour les fleurs munies d'une seule enveloppe, les nommait monocldamydées (jxovo;, seul; /Xap-oç, vêtement). Il appelait, avec Erhart, périgone ( pcrigonium ) l’ensemble des enveloppes florales, et employait ce mot au lieu de calice et corolle toutes les fois qu’il les voyait confondues en un seul système, par conséquent dans la description des fleurs de toutes les monocotylédonées.

§ 408 . Beaucoup d’auteurs suivent cet exemple, sans admettre l’hypothèse qui lui avait servi de point de départ , et pour ne rien préjuger sur la nature de l’enveloppe unique, la décrivent soit sous ce nom de périgone, soit plus ordinairement sous celui de périanthc ( perianthium ; de rapi, autour, et avOoç, fleur) que Linné avait proposé pour le calice toutes les fois qu'il est en contact immédiat avec les organes de la fécondation. Ce nom pourra être admis avec avantage pour la description des monocotylédonées ; mais il aurait des inconvénients réels pour celle des dicotylédonées, où vous trouvez souvent l’une auprès de l'autre des plantes , les unes munies, les autres dépourvues de pétales (dans les Caryophvllées et les Paronychiées, par exemple). Or, avec deux fleurs, du reste fortsemblables, vous ni' pouvez nommer dans l’une périanthc ce que dans l'autre vous nommez calice. 11 paraît donc plus convenable d’appliquer constamment ce dernier nom au vert icille d’enveloppes, soit extérieur, soit unique, de toute dicotylédonée, et pour les monocotylédonées d’employer ou le môme qu’on modifie par des épithètes variées suivant les cas, ou celui de périanthc. Nous les confondrons dans l’examen suivant.

§ 409. Calice ( cahjx ). — Nous avons dit que le calice est le vertieillc le plus extérieur des enveloppes de la fleur, qu'il est composé de plusieurs pièces représentant autant de feuilles, et qu’on a nommées en conséquence folioles calicinales. INI. Link a proposé de les désigner par le nom unique de phylles(phylla; &uXXov, feuille) qui était déjà employé dans la composition des adjectifs monophylle et polyphylle; de Candolle a fait adopter généralement celui de sépales (sepala) : de là les épithètes de pohjsépale ou monosépale données au calice, suivant que ses folioles restent entièrement indépendantes les unes des autres, ou bien sont réunies ensemble dans une étendue plus ou moins grande (§ 364). Nous nous scrvi-

318 OTAN 1 QUE.

rons donc indifféremment à l’avenir de ces deux mots, folioles du calice ou sépales.

§ 410. Nous avons considéré ces parties comme de véritables feuilles, et leur structure justifie cette manière de voir; elles sont, en effet, formées de même à l’intérieur d’un parenchyme, que parcourent dans la direction générale, de bas en haut, des faisceaux fibro-vasculaires composés de trachées déroulables et de minces fibres, et sont extérieurement revêtues par un épiderme muni de stomates beaucoup plus abondants sur la face extérieure du sépale, qui, à cause de sa position redressée, correspond à l’inférieure de la feuille (§ il 1 ). L’épiderme est souvent couvert de poils semblables à ceux qui couvrent les feuilles mêmes et les jeunes pousses, par conséquent, plus fréquents et plus abondants sur la face externe que sur l’interne. Pour exprimer l’absence des poils, leur présence, et les diverses manières dont elle peut modifier la surface du calice, on se sert de termes que nous avons déjà fait connaître (§ 244). On retrouve aussi quelquefois sur cette face extérieure des glandes analogues à celles que les feuilles de la même plante portent sur l’inférieure (dans les Malpighiacées, par exemple). Ce sont autant de caractères communs qui viennent confirmer le rapport des feuilles avec les folioles calicinales.

§ 41 1 . Les faisceaux fibro-vasculaires dessinent à l’extérieur des nervures (dont la médiane seule est assez souvent saillante) et suivent, quoique d’une manière bien moins visible à cause de la petitesse des parties, les mêmes lois que dans les feuilles des plantes dicotylédonées, se réunissant entre eux par des ramifications dans les calices des premières, marchant parallèlement et sans se diviser dans ceux des secondes. Lorsque les folioles calicinales sont confondues en un seul corps à la partie inférieure, les nervures médianes qui se prolongent sur la surface de ce corps peuvent indiquer le milieu de chacune d’elles [fig. 271). On trouve souvent autant d'autres nervures, placées précisément dans les intervalles des premières sur la ligne de jonction des folioles soudées, et résultant chacune de l’union de faisceaux appartenant à deux folioles voisines ; car on les voit, à la hauteur où celles-ci se séparent, se dédoubler en deux rameaux qui suivent les deux bords correspondants [fuj. 273).

§ 412. Les folioles calicinales, Comme les feuilles et en général comme tous les organes végétaux, se montrent d’abord sous la forme de petits mamelons cellulaires; et il est à remarquer que ces mamelons commencent toujours par être distincts, lors même qu’ils doivent plus tard se réunir en un calice monophylle, par être égaux lors même qu’ils doivent se développer inégalement plus tard ■

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c’est ce que M. Schleiden a montré, par exemple, dans le bouton très-jeune du Lupin. Mais ce n’est qu’à une première époque ; l’adhérence et l’inégalité ne tardent pas à s’établir si c’est un des caractères de la fleur. Les vaisseaux et fibres se montrent progressivement comme dans la feuille (§ 1 47).

§ 413. La forme des sépales peut, en général, se comparer à celle des bractées plutôt qu’à celle des feuilles ; c’est ordinairement celle d’une lame qui va en se rétrécissant vers son sommet, et qui représente par conséquent, soit le limbe réduit, soit la partie vaginale de la feuille. On les voit quelquefois se rétrécir aussi à leur partie inférieure, mais il est extrêmement rare que ce rétrécissement s’allonge en un pétiole. Il est rare que le bord se découpe ou se lobe [Il umex maritimus et autres espèces du même genre [fig. 208], Ilose [/?</. 309]); il est ordinairement entier.

Nous ne décrirons pas ici toutes les formes possibles des sépales : la plus fré- r/; quente est celle d’un ovale obtus ou aigu à son sommet. Dans leur description, outre leur nombre et leur forme, on doit mentionner leur direction tantôt en haut (s. dressés, erecla), tantôt en dedans (s. conniuents , conniventia), tantôt et plus souvent en dehors (s. divergents, étalés, réfléchis , divergentia , patula, reflexa , suivant qu’ils s’inclinent plus ou moins, leur sommet tourné en haut, ou horizontalement, ou en bas).

g 414. Quand le calice est monophylle, l’union des parties peut, avoir lieu dans une étendue plus ou moins grande. Si elle a lieu seulement à la base, cette courte portion inférieure est appelée le fond du calice; si elle a lieu jusqu’à une hauteur un peu considérable, la portion réunie porte le nom de tube. Dans les deux cas, la portion supérieure où les sépales restent libres est le limbe; et, suivant qu’ils restent plus ou moins complètement séparés, que le limbe, par conséquent, se compose de parties ( laciniœ ) plus ou moins longues relativement au fond ou au tube, on leur donne des noms analogues à ceux que nous avons fait connaître (§ 133) pour les divisions du bord de la feuille plus ou moins profondes. Ainsi,

2G8. Calice d'une espèce d'Oseille [Rumcx unealus). Il est composé de deux verticilles, l’extérieur ce à divisions courtes et entières, l’intérieur ci à divisions beaucoup plus grandes, découpées sur leur bord en lanières étroites ou sortes de crochets, réticulées sur la surface extérieure, en bas et au milieu de laquelle on remarque un renflement glanduleux q en forme de grain

ce sont des segments ou des partitions, si les sépales restent distincts jusqu’auprès de leur base; des fissures, s ils s unissent jusqu’au-dessus de leur milieu [fig. 270) ; ou des iobes, s’ils sont en même temps élargis; des dents ( fig ■ 271) ou des crénelures (fig. 288, c), s’ils ne sont libres qu’à leur sommet, aigus ou obtus.

On emploie souvent ces mots dans l’épithète composée par laquelle on caractérise le calice et qui indique en même temps le nombre de ces divisions. Ainsi on dira que le calice est quinque-parli, ou quadrifide, ou trilobé, ou sexdenté, etc. Si la forme et l’union des parties est telle qu’il n’y ait aucun degré de division sensible et que la totalité du calice ne forme qu’un tube bordé supérieurement par un cercle, on dit qu’il est entier ( inleger ) ou tronqué ( iruncatm ). Remarquons que tous ces mots qui s’appliquaient aux parties d’une feuille unique s’appliquent, pour le calice, à la réunion de plusieurs feuilles considérées elles- mêmes comme parties d’un autre tout, qu’il n’y a donc qu’analogie et non identité flans l’emploi qu’on en fait ici.

Outre ces formes générales dues aux différents degrés de soudure entre les différentes pièces du calice, il peut offrir plusieurs modifications secondaires par l’allongement plus ou moins considérable du tube et ses renflements à diverses hauteurs, par les directions variées du limbe relativement à lui, etc. Nous indiquerons les termes par lesquels on les désigne à l’article de la corolle où ces mêmes modifications se montrent plus prononcées à cause de l’extension généralement plus grande qu’elle prend (§428).

Nous avons supposé, dans tous les cas précédents, le calice régulier; mais il peut ne pas l’être ; et l’irrégularité porte, soit sur le tube qui peut alors se couder ou se bossuer (dans les Scutellaria ,

269. Calice pentaphylle de la Stellaire ( Stellaria holos/ea ),

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