du Plcrocephalus palcslinus
COROLLK.
§ i l 8. La durée du calice est variable suivant les différentes fleurs. Dans les unes il se détache du torus en se désarticulant (comme la feuille du rameau qui la porte [§ 138]), soit en plusieurs, soit d’une seule pièce; il est caduc {deciduus) et tombe le plus souvent avec la corolle après la fécondation, quelquefois beaucoup plus tôt, des que la fleur commence à s’épanouir (c. fugace, c. fugax, caducus ), comme, par exemple,' dans les Pavots. Dans d’autres fleurs le calice reste attaché «à sa place même après que la floraison est achevée; il est persistant ( persistons ), par exemple, dans les Labiées, les Personées, les Borraginées, etc. Mais tantôt il cesse de vivre, se fane et se desséche; tantôt, au contraire, il continue à végéter et prend quelquefois même de l’accroissement, comme dans le Physalis alkekengi. On le dit dans le premier cas marcescent, dans le dernier accresccnt.
§ 419. Corolle ( corolla ). — La corolle est l’enveloppe colorée de la fleur, intérieure au calice, composée de parties qui tantôt continuent la série spirale commencée par les folioles calicinales (§ 359), tantôt, et plus ordinairement, s’agencent en un vertic.ille et alternent régulièrement avec ces mêmes folioles. Nous savons déjà que celles de la corolle sont nommées pétales ( pctala ; dc7r£xaXov, feuille). Cette étymologie et le nom de feuilles qu’on donne, dans le langage, à ceux de la rose et de beaucoup d’autres fleurs, prouve que l’idée de les comparer aux feuilles véritables est loin d’être nouvelle. Nous avons cherché à faire voir que, dans beaucoup de cas, le passage des sépales (dont la nature foliacée est incontestable) aux pétales se fait presque insensiblement, et que les règles qu’on peut déduire des rapports de position s’appliquent aux seconds aussi bien qu’aux premiers. Voyons si leur structure anatomique soutient également la comparaison.
§ 420 . Un pétale considéré isolément est une lame de forme variable, le plus ordinairement élargie supérieurement et rétrécie à la base; assez fréquemment ce rétrécissement'a une certaine longueur, comme dans le pétale de l’Œillet, et prend alors le nom d'ongle t ( unguis ), tandis que l’expansion supérieure reçoit celui de lame ou limbe ( lamina , limbus ). L’onglet paraît, par rapport à la lame, ce que, dans la feuille, le pétiole est au limbe; les faisceaux fibro-vasculaires marchent rapprochés et unis dans l'un, s’écartent et s’épanouissent dans l’autre. Ces faisceaux sont formés de trachées déroulables et de cellules allongées; leur intervalle, occupé par du tissu cellulaire qui tantôt le remplit complètement (auquel cas le bord du pétale entier est circonscrit par une ligne courbe continue); d’autres fois s’interrompt vers le bord, de ma-
nière à laisser saillir les extrémités des faisceaux sous la forme de dents, de franges ( fimbriœ ), de lobes plus ou moins profonds. Ces diverses modifications sont indiquées en général par les mêmes termes que les modifications analogues des feuilles. Beaucoup plus mince que celles-ci, le pétale ne présente pas dans son tissu intérieur, formé par un petit nombre de rangs de cellules, ces couches différentes que nous avons décrites dans la feuille. L’épiderme qui le revêt est aussi beaucoup moins distinct du reste; il l’est plus sur la face externe où il est quelquefois percé de stomates, mais beaucoup plus rares et moins constants. Ils manquent presque toujours sur l’interne, et les cellules superficielles sont fréquemment bombées à l’extérieur, de manière à montrer sous le microscope une apparence délicatement chagrinée ou même comme veloutée § 42'! . Lorsque les pétales commencent à paraître, c’est sous la forme de petits mamelons cellulaires semblables alors à la première ébauche des folioles calicinales ; puis il s’élargissent en un petit disque légèrement concave ou marqué d’une ride longitudinale du côté interne; ce sont alors de véritables petites feuilles, et ils continuent à croître, suivant la même loi qu’elles, par leur base, tellement que la portion inférieure paraît toujours la dernière et que l’onglet ne se forme que plus ou moins long-temps après le limbe. Plusieurs points sont dignes de remarque dans ce développement de la corolle: 1°les parties de celle qui doit être monopétale sont déjà confluentes dès cette époque ( fuj . 278, p ) et les petits mamelons qui dessinent la première ébauche des pétales se trouvent , dès qu on peut les apercevoir, réunis par une sorte de bourrelet circulaire sur lequel ils forment autant de légères saillies. On ne peut donc pas dire qu’ils se soudent; ils poussent tout soudés. 21 Les pétales, quoique représentant des feuilles inférieures ou extérieures sur l’axe par
278-279. Boutons très-jeunes où l’on a rabattu les divisions du 'calice c, pour laisser voir le développement comparé de la corolle p et des étamines e.
278. Bouton d’une fleur monopétalc , celle de la Digitale pourprée ( Diqitalis purpurca) .
279. Bouton d’une fleur polypétale, celle d’un Géranium ( Géranium striatum).
COROLLE
rapport aux étamines, et qui par conséquent devaient les devancer dans leur développement, sont, tout au contraire, généralement en retard sur elles, et l'on voit, dans les boutons très-jeunes, les étamines plus précoces dépasser les pétales encore réduits à de très-courtes écailles (/?</. 279). 3° Ils sont, à ce premier âge, d’un vert souvent pâle, quelquefois foncé, quelle que doive être plus tard leur couleur.
§ 422. Or, la couleur verte est très-rare dans la corolle, quoiqu'on la rencontre franche dans quelques-unes, comme dans celles de certains Cobæas, de quelques Asclépiadées (lloija viridiflora, Gonolobus viridiflorus, Pentatropis spiralis ), etc., etc. Lorsqu’elle existe, elle se montre le plus souvent pâle et délayée par d’autres teintes, ou panachée par des taches tout autrement colorées. La présence de la chlorophylle est donc rare dans les cellules, qui sont habituellement remplies par des granules ou par un liquide d’autre couleur (§ 24) ou vides. Nous entrerons plus tard dans de plus amples détails à ce sujet.
§ 423. Dire que la chlorophylle manque dans les pétales, c’est annoncer que les phénomènes chimiques de la respiration ne s’y passent pas comme dans les feuilles (§ 280). Les corolles et toutes les autres parties de la Heur non colorées en vert, sous l’influence de la lumière, absorbent de l’oxygène en exhalant de l’acide carbonique. La présence d’une grande masse de fleurs, ornées de teintes plus ou moins brillantes, a donc pendant le jour, sur l’atmosphère, une action tout opposée à l’action salutaire d’une masse de feuilles vertes. Mais cet effet n’est pas le seul et se complique souvent de l’exhalaison des huiles essentielles et autres principes odorants si souvent concentrés dans cette même partie du végétal.
§ 424. La consistance des pétales est variable, le plus souvent molle et délicate, quelquefois épaisse et charnue ( Slapelia ), quelquefois sèche comme du papier ou une membrane (Bruyères), quelquefois dure et roide ( Xylopia ).
§ 425. Puisque les pétales proprement dits appartiennent aux Ileurs des plantes dicotylédonées, leurs nervures doivent naturellement se ramifier et se terminer par un réseau ([ue forment en se réunissant leurs dernières ramifications. Les secondaires ou veines se détachent de la médiane, soit à différentes hauteurs, comme dans une feuille penninerve; soit souvent dans la base du limbe, comme dans une feuille palmatinerve ; et cette dernière disposition, qui rappelle les branches divergentes d’un éventail ouvert, est exprimée par l’épithète qu’on donne alors au pétale (flabellatovenosum ). La médiane se prolonge quelquefois jusqu’au sommet
du pétale, et même au delà, en une petite pointe libre ( cuspis , d oit petalum cuspidatum) ; mais plus ordinairement elle tend à se dédoubler en deux moitiés, dont l’une se dirige à droite et 1 autre a gauche. Il en résulte souvent alors au sommet une échancrure ou sinus qui fait nommer le pétale échancré [emarginatum) ; et, s’il va en s’élargissant graduellement, depuis sa base aiguë jusqu’à son sommet ainsi bilobé, il est dit obeordè ( obeordatum ), à cause de sa forme de coeur renversé. Le partage des faisceaux de la nervure moyenne peut se faire inégalement, de manière qu’une moitié du pétale en reçoive plus que l’autre et se développe davantage, ce qui étend l’un des deux côtés aux dépens de l’autre , rejetant l’axe un peu latéralement : le pétale est alors inéquilatéral ( inœquilaterum ), ou oblique ( obUquum , obliqué obeordatum ou toute autre épithète qui peint mieux sa forme générale). Le partage de la nervure médiane, et, par suite, du limbe, peut commencer plus ou moins bas, quelquefois tout auprès de la base, et le pétale est alors bifide ou biparti, et peut même paraître, lorsqu’il n’y a pas d’onglet, presque composé de deux collatéraux égaux (par exemple dans VAlsine media [fig. 280]) ou inégaux.
Notons que l’irrégularité du pétale oblique n’entraîne pas celle de la corolle dont il fait partie, puisque les divers pétales qui la composent peuvent dans ce cas être parfaitement semblables entre eux et qu'il résulte de leur réunion un tout régulier : cela s’observe dans beaucoup de corolles à préfloraison tordue, celle des Malvacées par exemple.
Les pétales s’insèrent, en général, par une base étroite; mais souvent ce rétrécissement ne se prolonge pas, et ils sont dits sessiles. Quelquefois la base est large ; elle peut même l’être autant que le reste du limbe : dans la fleur d’oranger, par exemple. Si , quoique étroit à son insertion, il ne va pas en s’élargissant, il prend la forme d’un petit ruban et est dit linéaire. Entre cette dernière et celle d’un cercle on peut observer toutes les intermédiaires, comme pour les feuilles. 11 est assez fréquent de voir les deux côtés du limbe se prolonger inférieurement en deux lobes obtus ou deux angles parallèles ou obliques par rapport à l’onglet : on le dit alors en cœur [cordât um [fig. 281]), ou sagitté [sagittatum] , ou hasté ( hastatum ).
280. Un pétale du Mouron des oiseaux | A laine media), o Onglet.
— I Limbe. —
COROLLE. 329
Le limbe peut être plane ; mais très-souvent aussi il présente une surface courbe, tournant ordinairement sa concavité vers le centre de la fleur. Quelquefois alors la nervure moyenne fait en dehors une grande saillie aiguë, comme la quille d’un bateau, et le pétale en prend le nom avec la forme (p.
naviculaire , cijinbi forme). Quelquefois aussi il est plié de manière à rapprocher sa pointe de sa base, comme dansbeaucoup d'Ombellifères ( fig . 282).
Dans la plupart des fleurs, il est glabre ; cependant dans plusieurs il est revêtu d’un duvet, ordinairement très-court, fin et rare, quelquefois plus épais, qu’on observe plus fréquemment et plus abondamment, en général, même exclusivement, sur la face interne, de même que pour les feuilles et les sépales. Quoiqu’il se montre sur les pétales bien moins communément et plus clairsemé que sur les autres parties du végétal , il y est de même nature : ainsi, dans les plantes caractérisées par des poils étoilés, les Bombacées, par exemple, ceux de la corolle sont également en étoile.
Dans les descriptions botaniques, l’épithète par laquelle on ca-„ ractérise la forme du pétale s’applique au limbe. Quand on décrit des pétales onguiculés, orbiculaires, dentelés, concaves, c’est comme si l’on disait des pétales avec un onglet et avec un limbe orbiculaire, dentelé et concave.
§ 426. On dit la corolle dipétale, tripétale, tétrapélale, pentapétale, etc., suivant qu’elle est composée de deux, trois, quatre, cinq pétales distincts. Nous avons vu qu’en général leur nombre est égal à celui des divisions du calice avec lesquelles ils alternent; mais qu’il peut se présenter cependant quelques exceptions à cette règle (§ 379), par la suppression d’un ou de plusieurs pétales dans le verticil le de la corolle comparé à celui du calice et réciproquement. Ainsi, dans la fleur du Marronnier d’Inde, le calice est à cinq dents ; mais on ne trouve que quatre pétales alternants avec quatre d’entre elles, et la place du cinquième est vide : dans la Capucine à cinq feuilles (fig. 248), il n’y a plus que deux pétales et trois places vides. On signale cette circonstance en décrivant alors la corolle
281. Un pétale d’un Genêt ( Gc.nisla caniticans) — / Limbe. — o Onglet.