‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 87 sur 262 · CALICE · texte numérisé non relu

CALICE

térieures : au rouge dans le Fuchsia, le Grenadier, etc.; à l’orangé dans la Capucine; au rose dans le laurier de Saint-Antoine ( Epila - Inum spicatum). Quelquefois avec ces autres couleurs, ordinairement propres à la corolle, il lui emprunte aussi son tissu plus mince, plus délicat et mou, et en prend toute l’apparence extérieure, ce qui le fait alors nommer pétaloïde : PAncolio, l’Hortensia en offrent des exemples parmi les dicotylédonôes. lis abondent parmi les monocotylédonées, où c’est même la consistance la plus habituelle du calice ou périanthe tout entier (Lis blanc et martagon, Jonquille, Glayeul, Jacinthes, etc., etc.), quelquefois seulement de sa rangée la plus intérieure. La consistance est, au contraire, dans d’autres monocotylédonées, complètement différente, c’està-dire sèche, dure, avec des dimensions fort réduites et rappelant plutôt celles des bractées, avec une couleur verte ou brunâtre, comme, par exemple, dans les Joncs. Le calice, ainsi modifié, est dit écailleux [squamosus), parce que ses sépales imitent les écailles du bourgeon ; et souvent aussi rjlumacé ( glumaceus ). à cause du nom de glume qu'on a donné aux enveloppes de la fleur des Graminées remarquables précisément par cette consistance.

§ 417. Le limbe du calice se présente quelquefois entièrement méconnaissable sous la forme d’un cercle ou d’une touffe de soies ou de poils, qui prend le nom û’aigrelte ( pappus ) et lui communique celui d 'aigrette ( papposus ). Plusieurs familles de plantes, les Valérianées, les Dipsacées, les Composées, nous font voir les transitions de la forme ordinaire à celle-ci, dont les dernières surtout nous montrent toutes les modifications possibles. Ainsi, dans des espèce de Mâches ( Valerianella coronata ) on voit déjà les dents du calice se prolonger à leur sommet en une arête roide; dans les Valérianes, ce prolongement est beaucoup plus long, mou, et tout hérissé d’un fin duvet; il est devenu une aigrette. De même, dans les vraies Scabieuses (la fleur des veuves [fug. 276, p e] ) , les cinq lobes du calice, très-courts mais très— distincts, se terminent par cinq longues arêtes; dans celles dont on a fait le genre Plerocephalus , on trouve à la place une aigrette; et ses branches ou rayons, de même que dans les Valérianes, excèdent plus ou moins le nombre cinq, comme si non-seulement les cinq nervures médianes, mais en même temps plusieurs des autres, prenaient ce dévéloppemenl singulier ( fig . 277 l). Dans un genre de Composées ( Caiananche [fig. 276, /]) le limbe se compose de cinq divisions élargies à leur base, rétrécies graduellement de bas en haut, et enfin amincies en un fil velu, véritable rayon d’aigrette. Celle-ci prend tout son développement dans un grand nombre d’autres genres de celte

famille; et ses rayons, souvent très-multipliés, ne forment plus toujours de simples vertieilles, mais des touffes, comme s ils naissaient de plusieurs cercles concentriques : ce qui a lieu vraisemblablement et ce qui arriverait aussi dans lesDipsacées, si 1 involucelle ou calice extérieur dont chacune de leurs fleurs est enveloppée avait, comme l’intérieur, son limbe effilé en aigrette. On dit que l’aigrette est plumeuse ( plumosus ) quand chacun de ses rayons est couvert de petits poils visibles à l’œil nu [pg. 275, 277, comme dans les Scorsonères, les Girses, etc.) ; simple ( simplex seu pilosus) quand chaque rayon, dépourvu de ce duvet, a lui-mème l’apparence d’un long poil uni à sa surface (fig- 27(5, l, comme dans le Pissenlit). Mais alors même, en le regardant à travers une loupe, on aperçoit en général cette surface toute hérissée de petites aspérités; lorsqu’elles se prononcent assez pour figurer autant de petites dents facilement visibles, l’aigrette est dite dentelée.

En représentant les rayons de l’aigrette comme des prolongements des nervures, nous n’avons pas entendu qu’ils soient formés par les faisceaux fibro-vasculaires dégagés du parenchyme; ils en continuent la direction mais non le tissu, réduits eux-mêmes au cellulaire et analogues aux poils par leur structure comme par leur apparence.

275-277. Exemples de calices dont le limbe l passe graduellement à l’état d’aigrette. — c Calice dont le tube l fait corps avec l’ovaire et se rétrécit au-dessus de lui en une colonne grêle dans les fig. 276 et 277 , dont le limbe l est à plusieurs divisions rétrécies en fil à leur sommet ou dès leur base. — i Involucre ou calicule coupé dans sa longueur.

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