‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 93 sur 262 · ÉTAMINE. — FILET · texte numérisé non relu

ÉTAMINE. — FILET

en une lame qui acquiert clans certaines fleurs [Canna et autres Marantacées, Nymphæa alba ) le développement et les apparences d’un véritable pétale. Sa direction est habituellement continue d'un bout à l’autre; on trouve néanmoins quelques exemples où elle change brusquement suivant un angle plus ou moins obtus, qu’on compare à celui du genou, d’où le filet est dit alors gcnouillè (f. geniculatum).

§ 434. Nous venons de voir qu’il présente assez souvent à sa base une partie élargie; alors, au lieu d’aller en se rétrécissant graduellement de bas en haut, il peut, à une certaine hauteur, passer tout à coup de cette forme de lame à la forme filamenteuse (par exemple, dans le Peganutn harmala, le Tamarix gallica, fig. 324). Cette dilatation inférieure, qui souvent se prolonge plus ou moins des deux côtés en un lobe ou une pointe libre, rappelle celle que forme la gaine des feuilles à la base du pétiole, qui peut, lui-même être comparé à la partie rétrécie du filet.

§ 435. Mais il arrive quelquefois que cette portion inférieurement dilatée semble plutôt une partie accessoire soudée avec le filet, par rapport auquel elle occupe un plan soit intérieur (comme dans le Zygophyllum fabago [fi g. 300] et beaucoup d’autres Zygophyllées, lesSimaroubées, etc.), soit extérieur (dans la Bourrache \fig. 299], le Trichilia et autres Meliacées). Ces deux cas, dans lesquels le filet est dit appendiculé, correspondent évidemment à ceux où le pétale reçoit le même nom (§ 429); et dans le second, l’étamine accolée ainsi à une lame placée en dehors se trouve, relativement à elle, précisément comme elle est relativement au pétale lorsqu’elle s’accole à sa base en faisant partie d’un vertici Ile immédiatement opposé (§ 37G, 402). L’appendice basilaire du filet reçoit des noms divers, suivant ses diverses apparences : ceux de glandes, d’écailles, etc., auxquels on ajoute l’épithète de staminifères.

§ 436. Anthère ( anthera ). — Lorsqu’on coupe transversale-

299. Etamine du Zygophyllum. fabago. — /Filet porté sur la face externe d’un appendice a.

300. Etamine de la Bourrache ( llorrago oficinalis). — ./Filet porté sur la face interne d’un appendice a prolongé extérieurement en corne. — l Loges de l’anthère.

ment l’anthère, c’est-à-dire l’épaississement par lequel se termine supérieurement l’étamine, on reconnaît que ce n’est pas un corps plein, mais qu’il est creusé à l’intérieur ( fig . 315, 318, 2) et rempli d’une très-fine poussière. Dans tous les exemples que nous avons cités, l’épaississement était double, et par conséquent la cavité aussi. On appelle loge (loculus ou lheca) chaque cavité de l’anthère; et toutes les fois qu’il s’en trouve ainsi deux rapprochées au bout d’un môme filet, ce qui est le cas le plus général, on dit que l’anthère est biloculaire ( anthera bilocularis ou ditheca). 11 arrive quelquefois qu’elle est uniloculaire ( unilocularis ou monotheca ,

| fig. 310, 311]), mais beaucoup plus rarement. Enfin, il est extrêmement rare de la trouver quadriloculaire ( quadrilocularis ou tetratheca ) après qu’elle est parvenue à son état parfait (fig. 314, 315). Il n’est pas absolument nécessaire de couper l’anthère pour déterminer le nombre de ses loges. On le reconnaît facilement à l’extérieur, parce qu’elles forment chacune une saillie distincLe, et que d’ailleurs, à la maturité, elles s’ouvrent naturellement chacune par un trou ou plus ordinairement par une fente, laissant ainsi s’échapper au dehors la poussière qui les remplissait, et qu’on nomme pollen.

Les loges de l’anthère figurent donc des sortes de sacs d’abord parfaitement clos, sacs dont la forme varie beaucoup suivant les différentes plantes. Entre celle d’un globule (fig. 301), celle d'un cylindre long et grêle, soit rectiligne (loge linéaire [fig. 302’]), soit flexueux (loge vermiforme [fig. 302’, 312]), on observe

301-312. Anthères diverses avec le sommet du filet /. - l Loges. - c Connectif

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