‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 98 sur 262 · ÉTAMINES · texte numérisé non relu

ÉTAMINES

poussière vient à manquer. Alors les loges peuvent exister, mais affaissées et flétries. D’autres fois elles disparaissent, complètement, et c’est le connectif seul qui persiste souvent en se développant. 11 n'est pas rare de voir, dans ces cas, l’anthère transformée en limbe pétaloïde, tantôt pelotonné et chiffonné, tantôt étalé comme un pétale véritable; et cette dernière transformation peut devenir complète : c’est à elle qu’on doit beaucoup de fleurs doubles. Enfin, l’étamine stérile peut être réduite au filet; et celui-ci lui-même plus ou moins diminué : on dit alors qu’il est rudimentaire.

§ 446. Après avoir considéré l’étamine isolée, examinons les étamines réunies dans une même fleur, dans leurs rapports soit avec les autres verticilles de cette fleur, soit les unes avec les autres.

Nous avons déjà exposé quelques-uns de ces rapports : 1° ceux qui dépendent du nombre, celui des étamines se trouvant égal à celui des folioles calicinalesctdes pétales (fleur isostémone , § 376), ou inégal (fleur anisostémone ;dc avtcoç, inégal, et<ro)[/.iov, étamine), soit qu’il se trouve alors double (fleur dïplostémone , § 376) ou moindre (fleur méiostémone; de asiov, moins) ou, au contraire, plus que double (fleur polystèmone; de ttoXu;, nombreux). Nous avons vu que cette dernière circonstance peut résulter tantôt de l’addition de nouveaux verticilles d’étamines (§ 376 bis), tantôt du dédoublement de quelques-unes d’entre elles ou de toutes (§ 377 ) ; 2° ceux qui dépendent de leur position relativement aux parties des verticilles voisins , opposées ou alternes , ou dans une situation intermédiaire; 3° ceux qui dépendent des divers degrés de soudure qu’elles peuvent contracter avec ces mêmes verticilles, et d’après lesquels peut varier leur insertion, c’est-à-dire leur point apparent de départ, relativement à eux et notamment au pistil, d’après lequel on les divise en trois grandes classes, étamines hypogynes, périgynes , épigynes (§ 373).

§ 447. Quant à leurs rapports mutuels, les étamines d’une même fleur peuvent être complètement indépendantes les unes des autres ( étamines libres ou distinctes, stamina libéra scu distincta ), ou bien contracter ensemble des adhérences ( étamines soudées ou connëes, stamina coaliia seu connata ). Cette adhérence a lieu entre les anthères, comme on le voit dans toutes les Composées, les Lobelia, les Jasiune, et, dans ce cas, les étamines sont dites syngénèses ou mieux synanthérées ( syngenesa seu synanthera, de cmv, avec [qui, dans les mots composés, indique l’union 1 ycvEffiç, origine, et avQvipa, anthère) . Plus souvent encore, c’est entre

les filets que l’union est établie, soit que tous se trouvent ainsi confondus en un corps unique, soit qu’ils se réunissent en plusieurs groupes auxquels nous savons qu’on a donné le nom d adelpfiies (§ 363), de manière que les étamines sont momdelphes, diadelphes, triadelphes ( fig . 323), pohjadelphes ( fig . 232,) suivant que, par la réunion de leurs filets, elles forment un seul de ces

groupes, ou deux ou trois, ou davantage. Dans le cas de monadelphie, si le pistil n’a pas été supprimé, il est clair que les filets soudés doivent laisser pour lui un espace libre au centre de la fleur et former alentour un tube ou anneau {fig. 324); ce n’est que s’il n’y pas de pistil, si la fleur est mâle, que ces filets peuvent être réunis en un faisceau lui-même central {fig. 25', 1). Dans les cas où il y a plusieurs groupes d’étamines, ils forment ou autant de segments de cercle {fig. 239) ou autant de faisceaux {fig. 322). Quelquefois les filets restent unis dans toute leur longueur; plus souvent, unis inférieurement, ils se séparent à leur partie supérieure {fg. 239, 322). Dans le premier cas, le faisceau prend une forme columnaire ; dans le second il est rameux, et sa ressemblance avec un petit tronc divisé en rameaux terminés chacun par une anthère devient vraie, surtout lorsque tous les filets ne se séparent pas à la même hauteur, mais que

322. Étamines triadelphes ce d’un Millepertuis ( Hypericum cegyptiacum ) entourant le pistil o. Les enveloppes de la fleur ont été enlevées.

323. Fleur mâle du Ricin commun, consistant en un calice c de cinq folioles réfléchies, et des étamines c polyadelphes. Un des faisceaux rameux / a été figuré grossi à côté.

324. Trois des dix étamines du Tamarix gallica. On voit que les filets se soudent entre eux seulement par leur base dilatée , de manière à former une sorte d’anneau dont on voit ici un fragment.

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