‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 97 sur 262 · ÉTAMINE · texte numérisé non relu

ÉTAMINE

AM'HKKE.

en s’amincissant se terminer sous un angle très-aigu à un point du connectif, vers son milieu ( fuj . 267 e), ou plus près de l'une de ses deux extrémités. 11 arrive alors (pie l’anthère finit, par faire la bascule sur le filet, et prend des positions diverses suivant les divers mouvements imprimés à la fleur; elle est alors oscillante (■ versât tlis [fig. 310, 267]).

§ 140. Lorsque l’anthère est uniloculaire, le filet vient s’attacher directement à un point de la loge unique ( fig . 310). Un conçoit qu’on ne doit pas alors chercher de connectif : il peut néanmoins être représenté par un corps différent du reste du filet, intermédiaire entre lui et la loge; et il esta présumer, dans ce cas, que si ce corps ne porte pas une seconde loge placée symétriquement, c’est qu’elle ne s’est pas développée. En effet, on en trouve quelquefois la trace; par exemple, dans les Sauges, où le balancier qui forme connectif porte à l'une de ses extrémités une loge bien conformée et remplie de pollen, à l’autre une loge défigurée et sans pollen [fuj. 309) : en pareil cas l’anthère n’est uniloculaire que par avortement. 11 faut aussi prendre garde de la regarder comme telle dans deux cas tout à fait opposés où la méprise est facile, celui où les deux loges écartées l’une de l’autre pourraient être prises chacune pour une anthère distincte, celui où au contraire elles se continuent en se confondant parleurs bases et sem blent ainsi n’en former qu’une seule.

§ 441. On appelle déhiscence ( dehiscentia ) l’acte par lequel les loges de l’anthère s’ouvrent pour se vider. Nous avons dit que c’est le plus souvent par une fente dirigée suivant leur longueur. Cette fente, dont la place et la direction sont indiquées à l’avance par une ligne ou strie ( fig . 303, 304), regarde naturellement du côté opposé à celui par lequel la loge est attachée soit au filet, soit au connectif. Dans la plupart des cas, les loges étaient parallèles ou inclinées un peu obliquement par rapport au filet ou au connectif; mais si elles viennent à s’incliner davantage et prendre une position qui se rapproche de la perpendiculaire ( fig . 326, ag), la ligne de déhiscence prendra la même direction : on dira que l’anthère s’ouvre longitudinalement ( longitrorsùm) clans le premier cas {fig. 308), transversalement ( transversé ) dans le second ( fig, 311); et c’est dans ce dernier que la fausse apparence d’une loge unique peut résulter de ce que les deux fentes transverses semblent quelquefois se continuer.

La loge ne se fend pas toujours dans toute sa longueur à la fois; mais les lèvres de la fente, qui s’écartent en bas ou en haut, restent plus long-temps unies dans le reste de leur étendue, et la

déhiscence semble alors se faire par une ouverture supérieure (fig. 317, 319).

D’autres fois il n’y a ni fente ni ligne qui l’indique. Chaque loge, à son sommet, par l’écartement des parois qui la forment, se perce d’un trou ou pore, par lequel elle se vide : par exemple dans les Solarium, dans le Poranthera ( fig . 314). D’autres fois, par exemple dans le Tetratheca juncea ( fig. 315), ces pores se confondent en un seul, issue commune des loges de l’anthère.

Enfin, dans un très-petit nombre de plantes, une certaine portion des parois se circonscrit, puis se soulève en manière de châssis qui se détache complètement du reste, attaché seulement par l’un de scs bords. L’anthère de plusieurs Lauriers (fig. 316) montre deux de ces sortes de fenêtres l’une au-dessus de l’autre de chaque côté; celle de Y IJamamelis, une seule.

§ 442. Lorsque la loge s’ouvre, non par un pore au sommet, mais par une fente , comme c’est le cas le plus habituel , ou par d’au-

313. Anthère du Pyrola rotundi folia, pendante à l’extrémité du filet, et s’ouvrant au sommet par deux pores p.

314. Anthère quadriloculaire du Poranthera , s'ouvrant au sommet par quatre pores p.

315. Anthère quadriloculaire du Tetratheca juncea, s’ouvrant au sommet par un pore unique. — 1. Entière. — 2. Coupée transversalement

316. Anthère du Laurus persea à quatre loges superposées deux par deux , et s’ouvrant chacune par une valve v. Au filet /sont accolées inférieurement deux glandes g qui semblent elles-mêmes des anthères avortées.

ETAMINE. — ANTHERE

très ouvertures placées sur l’une de ses faces, cette face peut être tournée soit vers l’intérieur de la fleur ( introrsùm ), soit vers l’extérieur ( extrorsùm ); ce qu’on indique par les épithètes d ’introrse [introrsa ou antica) ou d ’extrorse ( extrorsa ou postica) données à l’anthère. Si les fentes sont tournées vers les côtés, ce qui doit arriver souvent lorsque les loges sont accolées à ceux du filet ou du connectif, on doit exprimer cette direction de la déhiscence intermédiaire aux précédentes { anthera latere seu rima laterali dehiscens). Mais comment déterminer ces différentes directions quand l’anthère est oscillante ou quand elle s’ouvre au sommet? On peut, pour le premier cas, l’étudier dans le bouton où, droite encore, elle ne ^’est pas inclinée sur le filet; et dans les autres cas, si le filet vient s’attacher sur le milieu ou le haut de l’anthère, c’est sur sa face interne ou sur sa face externe, et on peut constater ainsi sa position extrorse ou introrse.

§ 443. De môme que les antres organes de la fleur que nous avons précédemment examinés, l’anthère peut présenter des appendices. Ce sont le plus souvent de simples prolongements des parties qui la composent. Ainsi les loges peuvent, à l’une de leurs extrémités, s’effiler en pointe ( fig . 321), s’aplatir en lame [fig. 319, a), etc., et à l’extrémité, ainsi modifiée, la cavité intérieure se trouve interrompue. Quelquefois des excroissances insolites se montrent sur leurs faces, en forme de pointes [fig. 320, a), ou de verrues, ou de crêtes [fig. 318, a). Nous avons déjà vu que souvent le connectif peut prendre, au delà des loges, un développement plus ou moins grand et de formes diverses. D’au-

317-321. Anthères appendiculécs. — a Appendice. — l, p, c Mémo signification que dans les figures précédentes. — r. Fente.

317. Anthère sessile de la Violette des jardins ( Viola odorala), vue par-devant 1, et par derrière 2.

318. Anthère du Plcrandra pyroidea. —1. Tout entière, vue de côté.— 2. Moitié inférieure, après qu’on l’a coupée transversalement.

1res fois, quoique plus rarement, c’esl au-dessous ou au dehors qu’il se prolonge, par exemple dans deux des cinq étamines de la Violette, en un éperon qui s’enfonce dans celui de la corolle

§ 444. Ce dernier rapport du pétale et de l 'étamine est bon à noter et tend à prouver leur commune nature, que nous avons déjà indiquée et cherché à démontrer par divers arguments et divers exemples. 11 faut avouer néanmoins que, des parties de la (leur, l’étamine est celle où la ressemblance avec la feuille s’est le plus effacée, surtout dans l’anthère, comparée au limbe qu’elle représente, comme nous avons vu (§ 433) le filet avec sa base souvent dilatée représenter le pétiole avec sa gaine. C’est dans les organes développés que la différence s’est prononcée de plus en plus, quoique alors même nous ayons trouvé des exemples du passage des unes aux autres, exemples qu’il nous serait facile de multiplier si les bornes de cet ouvrage le permettaient. Mais en les examinant à une époque moins avancée, cette différence est bien moins sensible ; comme nous le verrons plus bas en étudiant la formation de l’étamine, et comme on pourrait s’en convaincre d’autre part en suivant celle d’un grand nombre de feuilles.

§ 445. Si, dans l’étamine, l'anthère est la partie essentielle pour la fécondation, le pollen l’est dans l’anthère elle-même, ainsi que nous le verrons. On nomme donc stériles les étamines où cette

(. fia • 317, a).

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