‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 122 sur 258 · IA · texte numérisé non relu

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4io BOTANIQUE.

est employé par quelques-uns pour la désigner. Quoiqu’on ait quelques exemples de cette déhiscence dans des capsules à placentation axile, c’est plus ordinairement dans celles à placentation pariétale qu’on l’observe. Ainsi, dans les fruits des Orchidées (/?<?. 425) où les graines sont disposées en trois rangées longitudinales sur les parois, on voit, à la maturité, le péricarpe se diviser en six parties : trois segments v plus larges et plus minces qui se détachent par tout leur pourtour et tombent en manière de valves; trois arceaux p alternant avec ces valves, plus épais et plus droits, qui continuent à rester unis en haut et en bas, et forment ainsi un péricarpe à claire-voie. On voit ces trois arceaux tout couverts de graines menues en dedans, et ils correspondent aux sutures placentifères.

Le fruit si généralement connu sous le nom de silique (siliqua) est une capsule (fig. 426) analogue à la précédente, si ce n'est qu’elle offre deux lignes placentaires seulement au lieu de trois; de sorte qu’à la maturité, après que les deux valves v se sont détachées, le réplum r persiste sous l’apparence d’un cadre plus ou moins allongé tout bordé de graines g sur son contour interne. Ordinairement une lame mince remplit l’intérieur du cadre, formant ainsi une cloison membraneuse qui sépare en deux loges la cavité ,u du fruit, contre l’usage, qui est que les cloisons s’arrêtent aux placentas, et par conséquent que la placentation pariétale entraîne l’unité de loge. Les siliques \/$ sont souvent étroites et très-allongées ; quand leur longueur n’excède pas de beaucoup leur largeur, on les désigne par le diminutif de silicule (silicula). On peut en observer toutes les modifications dans les diverses plantes de la grande famille des Crucifères. •

§ 529. Dans le cas le plus ordinaire, où la déhiscence se fait par le décollement des cloisons ou des sutures, ce peut être par les deux à la fois; elle est en même temps septicide et loculicide.

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425. Capsule d'une Orchidée ( Orchis maculaln ) au moment de la déhiscence. — c Débris du limbe calicinal qui couronne le fruit. — v v Segments du péricarpe qui se détachent en valves. — p p Segments qui persistent et portent les graines.

426. Silique de la Giroflée commune (Cheirantus cheiri). — vv Valves. — r Réplum. — g Graines.

FR UJ rs ANTH OCAR PÉS . 411

Ainsi qu'on prenne les capsules de la petite espèce de Lin commune sur nos pelouses ( Linum catharticum) , on verra les sutures dorsales se séparer les premières, et chaque loge s’ouvrir ainsi par le milieu, de manière qu’alors la déhiscence serait décrite comme Ioculicide. Mais, un peu plus tard, les cloisons se dédoublent à leur tour, déterminent la séparation des loges en autant de carpelles distincts ou coques bivalves, et la déhiscence devient alors septicide.

Après que la capsule est séparée par le dédoublement des cloisons en plusieurs carpelles, ceux-ci figurent autant de follicules s’ils s’ouvrent par les sutures ventrales seulement; s’ils s’ouvrent par leurs deux sutures à la fois et se divisent ainsi en deux valves, ils figurent des légumes contenant une rangée verticale de graines ou des coques qui n’en renferment qu’un très-petit nombre. Ce dernier mot est employé indifféremment pour les fruits apocarpés (§ 51 7) et syncarpés : on dit une capsule bi, tri, multicoque.

§ 530. Fruits anthocarpés — Le fruit, outre son enveloppe que forme le péricarpe, peut en présenter d’accessoires fournies par une autre partie de la fleur (dvQoç) que l’ovaire. Nous avons vu déjà, il est vrai, dans beaucoup de cas, le calice associé au fruit; mais il était dès le principe adhérent à l’ovaire et confondu en partie avec lui. Il en est autrement dans les fruits dont nous parlons. C’est un verticille primitivement indépendant de l’ovaire, ordinai-

427. Fruit de la Belle-de-nuit ( Mirabilis jalapa). — 1. Entier. — 2. Coupé longitudinalement pour faire voir les parties qui le composent. — c c Partie inférieure du calice durcie, et formant une enveloppe extérieure. — ./Le fruit véritable, caché par la précédente. Ses téguments sont confondus avec ceux de la graine qui a été également coupée. Mais on le reconnaît facilement au reste du style s qui apicule son sommet.

428. Fruit de l'If [Taxus baccata). — 6 Bractées imbriquées à sa base. — i c Enveloppe charnue tenant lieu de péricarpe et laissant voir le sommet de la graine nue g, qu'elle enveloppe en partie.

rement un calice libre ou un involucre, qui, persistant autour de lui, s’épaississant ou s’endurcissant à la manière d’un péricarpe, finit par former à celui-ci une seconde enveloppe extérieure. On peut la voir sèche et représentant un véritable achaine dans le fruit de la Bellede-nuit {fig. 427), charnue dans l’Hippophaé, l'If ( fig . 428) , elc.

§ 531. Fruits agrégés. — Le fruit, dans toutes les modifications que nous avons examinées jusqu’ici , était le produit du pistil d’une même fleur. Il y en a cependant qui, quoique formant un corps unique, proviennent de plusieurs Heurs différentes. Ainsi, dans les diverses espèces de Chèvrefeuilles ou de Chamerisiers on voit naître deux Heurs du même point, et leurs ovaires ainsi rapprochés se soudent, quelquefois même au point de se confondre, de sorte qu’on finit par avoir un fruit réellement composé de deux. Dans certains capitules ou certains épis, si les fleurs sont très-rapprochées , les fruits qui leur succéderont n’offriront pas de différence apparente avec ceux qui proviendraient d’une fleur unique dont les carpelles couvriraient un axe plus développé en épaisseur ou en longueur. Ainsi, au premier aspect, les fruits du Mûrier et ceux de la Ronce ou du Framboisier paraissent de même nature ; et même les petits carpelles succulents de la mûre, soudés par leur base en une seule masse, sembleraient moins indépendants entre eux que ceux de la Framboise bien nettement, séparés : et cependant celleci est le pistil fructifié d’une Heur unique; la mûre, la réunion des pistils de tout un petit épi de fleurs. Aussi trouve-t-on à la base de la première un calice qu’on chercherait vainement dans la seconde , où les calices nombreux se sont épaissis et soudés avec le bas des péricarpes. L’ananas [fig. 429) représente la mûre en grand, et le fruit de l’Arbre à pain en beaucoup plus grand encore. Dans tous ce sont des épis à fleurs pressées dont les c pistils se sont soudés entre eux ; et les calices , les bractées , l'axe même, gorgés des mêmes sucs, contribuent à augmenter cette masse dans laquelle ils sont confondus. La figue offre quelque chosed’analogue, avec cette différence qu’ici c’est l'axe dilaté qui se recourbe autour de Lamas des petits fruits et forme ainsi l’enveloppe du fruit général (§ 209 [fig. 190]). Dans tous ces fruits nous

429 Ananas. — a Axe chargé de fruits c rapprochés et soudés ensemble en une seule masse et couronné par une touffe de feuilles f.

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