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GERMINATION

fouies à cette époque lointaine , se sont conservées vivantes : longtemps soustraites à l’accès de l’air, elles commencent à pousser dès qu’il leur est donné.

§ 590. Supposons une graine dans toutes les conditions favorables à son développement, et observons les nouveaux changements qu’elle subit. Tantôt ils se font avec une incroyable rapidité, tantôt avec une grande lenteur; le Cresson alénois germe en un jour, tandis qu’il y a des plantes auxquelles il faut des années. Il est vrai que ces dernières sont, en général, entourées de téguments qui les mettent à l’abri des agents extérieurs, et résistent elles-mêmes long-temps à leur action; de sorte que la germination, à proprement parler, ne commence qu’après un long intervalle.

§ 591 . On peut distinguer deux périodes dans la germination : une première, pendant laquelle l’embryon continue à croître au dedans de la graine devenue libre; une seconde, où, s’étant fait jour à travers les enveloppes de cette graine, mais y tenant encore, il se développe en dehors d’elle. Si l’on poursuit une comparaison que nous avons déjà indiquée (§ 560), celle de la graine avec l’œuf des oiseaux, on reconnaîtra sans peine que la première période correspond aux changements survenus dans l’intérieur de cet œuf pendant l’incubation, c’est-à-dire pendant qu’il est couvé; que la seconde correspond à l’éclosion.

§ 592. Examinons d’abord ce qui se passe dans la première. Deux cas peuvent se présenter : l’embrvon est accompagné d’un péri— sperme, ou il en est dépourvu.

S’il y a un périsperme, celui-ci se ramollit par l’action combinée de la chaleur et de l'humidité; sa nature chimique change aux dépens des éléments que lui fournit l’oxygène de l’air et de l’eau (§ 286, 287). L’embryon, en contact avec lui, par la totalité ou par la plus grande partie de son contour, absorbe ces matières devenues aptes à le pénétrer par leur état de solution et à le nourrir par les modifications qu’elles viennent de subir. Ainsi nourri, il grandit dans la même proportion que le périsperme décroît, et finit par remplir tout l'intérieur de la graine où il n’occupait d’abord qu’un espace plus ou moins limité. Alors le périsperme a disparu, et l’embryon ne peut plus s’étendre qu’on rompant les téguments qui, ramollis, opposent d’ailleurs une résistance de moinsen moins grande.

§ 593. S’il n’y a pas de périsperme et que l’embryon remplisse déjà, au moment de la dissémination, toute la cavité de la graine, il est clair que la germination devra être considérablement abrégée, puisque ses parties auront dès lors acquis un bien plus grand développement que dans le cas précédent. En général ce sont les co-

tylédons qui forment alors la plus grande partie de la masse embryonaire, et on doit remarquer que, dans ce cas, leur nature est analogue à celle du périsperme : c’est une masse celluleuse, dont les cellules sont remplies de fécule ou charnues (Haricot, Pois, etc.), et contiennent souvent des gouttelettes d’huile (Noix, Colza, etc.). Cette masse joue, par rapport au reste de l’embryon, le rôle de périsperme, subit des changements analogues à ceux que nous avons vus précédemment s’opérer dans celui-ci , et fournit ainsi la nourriture à la radicule et à la gemmule, organes où se porte toute la force de développement.

§ 594. Ainsi fortifié, soit aux dépens du périsperme, soit aux dépens de ses propres cotylédons, l’embryon continuant à croître presse ses téguments, qui se rompent et lui livrent passage.

Presque toujours c’est la radicule qui se montre la première au dehors ( fig . 489,1) comme on devait s’y attendre, puisque, dès le principe, c’est son extrémité qui était la plus rapprochée des téguments, presque à nu au-dessous d’eux et correspondant à une solution de continuité naturelle, le micropvle. La radicule donc fait saillie au dehors. Mais ce que nous avons appelé radicule est presque entièrement formé par la tigelle, au sommet de laquelle est la gemmule, qui, à son tour, se trouve ainsi en dehors; son axe, jusqu’alors contracté et presque nul, s’allonge; ses petits lobes latéraux, rudiments des feuilles, se développent, et tout ce système se dirige verticalement de bas en haut vers le ciel. Mais dans cette germination la partie véritablement radiculaire, bornée jusque-là à l’extrémité seule de la radicule, a commencé elle-même à s’allonger ( fig . 489, 2) et toujours dans la direction inverse, de haut en bas, vers le centre de la terre. Le cotylédon , simple ou double, reste le dernier engagé dans la graine : tantôt même il ne s’en dégage pas et se flétrit avec elle; tantôt il s’en débarrasse à son tour et, devenu libre, s’é-

489. Germination d’une graine Dicotvlédonée non périspermée, celle de l 'Acacia julibrissin. — e Enveloppe de la graine. — r Radicule de l’embryon. — t Tigelle. — c Cotylédons. — g Gemmule. — 1. Première époque, où la radicule se montre au dehors à travers l’enveloppe rompue. — 2. Deuxième époque , où les parties développées, et déjà bien distinctes entre elles, se sont dégagées de l’enveloppe, qui cependant contient encore le sommet des cotylédons. — 3. Troisième époque, où l'embryon est dégagé en entier de l’enveloppe et où les cotylédons, redressés et écartés, laissent apercevoir la gemmule.

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