SPORES DES CRYPTOGAMES
§ 598. Los cotylédons restent quelquefois cachés sous la terre [Avachis), et sont dits hypogés (d’înro, sous; yy, terre). Ordinairement ils s’élèvent au-dessus de sa surface, plus ou moins haut, suivant que la tigelle s’allonge plus ou moins : ils sont alors épigés (d’siri, sur).
§ 599. Les cotylédons ont continué, en s’épuisant eux-mêmes peu à peu, à fournir à la jeune plante sa nourriture, qu'elle commence à puiser directement dans le sol. Ils se flétrissent et tombent, la germination est achevée; et le végétal, vivant désormais par lui-même, recommence cette série d’actes que nous avons cherché à faire connaître le moins incomplètement possible. Nous nous trouvons ainsi avoir parcouru le cercle entier de la végétation, et ramenés à notre point de départ.
§ 600. Spores des végétaux acotylédones. — Mais nous Il’avons parlé de l'ovaire, qui plus tard devient fruit; de l’ovule, qui plus tard devient graine, que dans les végétaux phanérogames, ceux où il y a une fécondation manifeste par l'action d’un tube émané du pollen, ou partie essentielle de l’étamine, sur le nucelle, ou partie essentielle du pistil, deux sortes d’organes de nature complètement distincte que nous avons appris à connaître. Comme le résultat de cette fécondation est la production d’un embryon pourvu (si on laisse de côté quelques exceptions infiniment rares) d’une ou de plusieurs feuilles d’une structure particulière ou cotylédons, on donne également à ces végétaux le nom de cotylédonés.
Nous savons qu'il y en a d’autres où l’on ne distingue pas ces deux sortes d’organes, dont l’action réciproque détermine la formation des corps reproducteurs, qui, dans ces végétaux, ne montrent qu’une petite masse homogène sans distinction de parties, par conséquent sans cotylédons. De là le nom de végétaux cryptogames ou acotylédonés, qu’on leur donne indifféremment. Déjà nous y avons cherché l’analogue des étamines (§ 470), et nous avons vu que les corps qu’on avait supposés tels, et nommés anthéridies, présentent avec les véritables anthères une différence complète et essentielle, qu’on n’y observe pas de pollen, pas même de fovilla. Recherchons maintenant si d’un autre côté on rencontre dans les cryptogames un corps qui soit l’analogue de l’ovaire ou au moins de l’ovule.
§601. Beaucoup d’auteurs ont cru l’y reconnaître. Les Mousses et les Hépatiques étant parmi ces végétaux ceux où la similitude paraît le moins contestable, c’est par ceux-là que nous commencerons ici. Dans les Hépatiques, dans l’épaisseur même du tissu dont l’expansion constitue la plante (Biccia) , ou à sa surface, ou
IJOTANIQUlî.
sur d'autres expansions distinctes par leur forme et leur situation (Marchantia) ; dans les Mousses, à l’extrémité des rameaux ou à l'aisselle des feuilles, on observe de petits corps creux dont la forme [fnj. 491) ne peut être mieux comparée qu’à celle d’une bouteille. Les parois de ces corps sont formées par une couche cellulaire et leur cavité remplie par un amas de grains qu’on nomme des spores (de cr-rropa, semence) , et qui se développent chacun en une petite plante semblable à celle où ils ont pris naissance. Ces spores sont donc les analogues des graines, et il était naturel de comparer le corps qui les renferme , et qu’on a nommé sporange (d’ayyeïov, vase), à un ovaiie; le goulot qui surmonte ce corps, à un style. Celui-ci se comporte à la manière d’un style véritable ; car il se flétri t à mesure que les spores approchent de la maturité, et a presque entièrement disparu lorsque celle de ce petit fruit est complète.
§ 602. Mais la comparaison rigoureusement poursuivie montre, à côté de ces points de ressemblance, des différences bien importantes. Les spores sont libres dans la cavité qui les reni IftV*) ferme, et ne se continuent à aucune époque avec ses parois. Pour germer elles se développent immédiatement en s’allongeant par un point de leur contour, et ne s’ouvrent pas pour donner passage à un nouveau corps formé dans leur intérieur. On pourrait donc les comparer à des embryons nus, mais en aucune manière à des graines. D’ailléurs on ne trouve dans leur structure 4«2. rien qui rappelle la structure compliquée des ovules, cette combinaison de sacs emboîtés l’un dans l’autre, dans le plus intérieur desquels finit par apparaître l’embryon. Ce sont de simples utricules qui, sous une membrane unique ou double, renferment une matière liquide de consistance oléagineuse. Si l’on examine les différents changements qu’ils subissent avant d’arriver à cet état et qu’on suive attentivement toutes les phases de leur formation, on voit que dans le principe le prétendu ovaire n’offrait pas de cavité, mais à l’intérieur une masse continue cellulaire; que
491. Sporange du Marcha.nt.ia polymorpha. — o Renflement inférieur, creux, qui contient les spores et a été comparé à un ovaire. — t Rétrécissement supérieur en forme de goulot, qu’on a comparé au style. — s Évasement terminal, qu’on a cômparé au stigmate. — c Tube celluleux qui entoure le sporange comme un calice.
492. Spores du Marchantia polymorpha , en germination plus avancée dans l’une que dans l’autre
fl