TIGE. MOELLE
dans colles du milieu ; et à ces différents caractères il est aisé de reconnaître qu’elles ont une vie beaucoup plus énergique, qu’elles sont plus jeunes. Peu à peu cette énergie s’affaiblit, et, au delà de la première année, la moelle a pris ordinairement dans presque « sa totalité une couleur uniforme, souvent blanche, d’autres fois d’une autre teinte. Ses cellules, dont le volume va diminuant de dedans au dehors, ne contiennent plus que de l’air, et la vie y paraît définitivement suspendue ; souvent même elles se rompent, et des lacunes plus ou moins considérables se montrent au centre; ce qui s’observe même quelquefois avant ce terme, notamment dans les plantes annuelles à moelle très-large et à végétation très-rapide. Cependant dans cette première année , et surtout au début, elles ont dû jouir d’une vitalité très-active, et cette action a pu se prolonger assez long-temps. C’est ce que prouvent l’épaississement fréquent de leurs parois et leurs ponctuations : ce qui n’a pu avoir lieu que par la formation de nouvelles couches dans l'intérieur de chacune, et suppose une durée d'action assez longue.
La moelle forme au centre de la tige une colonne dont la forme est indiquée par sa coupe horizontale; cette coupe, dans le principe, figurait une étoile, à cause de l’écartement des faisceaux ligneux laissant entre eux des angles remplis par cette moelle encore verte. La forme étoilée persiste quelquefois : souvent c’est, celle d'un cercle , souvent aussi d’un polygone à côtés plus ou moins nombreux. Elle se réduit à quatre dans certaines plantes, où elle représente un carré ou un rectangle (par exemple, dans le Tilleul, dans plusieurs Bignones grimpantes); quelquefois même c’est un triangle (par exemple, dans le Laurier-rose); elle peut affecter des formes plus bizarres, par exemple, celle d’une croix (dans quelques Bauhinia).
On a pensé que celte forme de la moelle se liait à celle de la tige, ou encore à la manière dont les feuilles et par suite les rameaux s’y trouvent disposés. Cette supposition , qui paraît assez vraisemblable, se fondait sur divers exemples; d’autres viennent la contredire. Ainsi, pour ne pas parlerdel’arrangementdesfeuilles, dont nous ne nous sommes pas encore occupés, on peut trouver une moelle cylindrique dans une tige polygone. La moelle d’ailleurs n’a pas toujours absolument la même forme à des hauteurs différentes d’une même tige.
Son diamètre peut varier également, et cela dans deux rameaux qui en ont un égal. Varie-t-il à diverses époques dans un même point de la hauteur? augmente-t-il ou diminue-t-il avec l'àge? Des
HOTAMQUE.
changements peuvent avoir iieu dans la première jeunesse de la tige. Parla multiplication des cellules et par l’augmentation de chacune, la moelle doit s’élargir; et plus tard, quand les faisceaux ligneux se développent à leur tour, ils peuvent de même s’étendre dans tous les sens et, par leur extension en dedans, refouler un peu la moelle. Mais il arrive un moment où l’équilibre est établi, et dès lors son volume reste immuable : c’est ce dont on peut s’assurer en le comparant sur de vieux troncs et de jeunes branches de sureau. On avait long-temps cru que, repoussée toujours en dedans par l’accroissement du bois, elle finissait par s’oblitérer; mais ce n’était qu’une illusion résultant de sa petitesse relative quand on l'observe dans un gros tronc. Des mesures exactes prouvent le contraire.
Nous l’avons décrite comme composée seulement de tissu cellulaire. On y trouve cependant quelquefois épars des faisceaux fibro-vasculaires, surtout dans certaines plantes herbacées dont le développement rapide et énorme a des dimensions inusitées pour cette classe de plantes : par exemple, dans diverses grandes Ombel lifères, notamment du genre Ferula. De pareils faisceaux se montrent aussi et persistent dans la moelle des Poivres, quoique ligneux. La composition de ces faisceaux, dont les vaisseaux sont des trachées déroulables, semblerait indiquer qu’ils ne sont autre chose que des portions de l'étui médullaire détachées et déviées vers l'intérieur. On voit associés à ces trachées des amas de fibres et souvent aussi des vaisseaux latieifères. La présence de ces derniers dans la moelle est un fait beaucoup plus fréquent que celle des autres vaisseaux : par exemple, dans la moelle de l’Yèble ou dans celle du Figuier, de laquelle on peut voir, au moment où on la coupe, suinter le suc laiteux; mais c’est dans les branches jeunes, et en général les latieifères ne s’y montrent que disséminés et peu nombreux.
§ 61 . Bois. — Nous avons vu (§ 56) que la première couche de bois se compose de faisceaux fibro-vasculaires disposés en cercle autour de la moelle ; qu’ils sont séparés l’un de l’autre par des bandes assez larges de tissu cellulaire étendues en manière de rayons de la moelle à l'écorce; que, plus tard, de nouveaux faisceaux se développent dans l’épaisseur de ces rayons et augmentent leur nombre aux dépens de leur largeur {fi g. 95, f" /”’); qu'enfin ces faisceaux, et par leur multiplication et par l’augmentation de leur volume total, résultant de celle qu’éprouve en particulier le volume de chacun' des organes élémentaires dont ils sont composés, finissent par se rapprocher et par se toucher presque en réduisant les ravons