TIGE. BOIS
qu'ils séparent à des lames extrêmement minces. Ils forment ainsi un cercle ligneux (fig. 96 fb).
§ 62. Nous avons vu encore que ce cercle, dans sa partie interne en contact avec la moelle, a une structure particulière; qu'il présente là , et non autre part , un amasdetrachéesdéroulables (/?(/. 97 /) , et que cette partie interne a reçu le nom d’étui médullaire. Celui-ci se moule sur la moelle, ou plutôt elle se moule sur lui ; et les angles rentrants qu’elle présente toujours dans les premiers temps, et qui persistent dans certaines tiges, correspondent à autant d’angles saillants qui forthent le bord interne de chacun des faisceaux.
L’étui médullaire est la partie du bois qui subit le moins de changements. Ses trachées conservent le volume qu’elles ont acquis de bonne heure, et elles peuvent se dérouler même dans les tiges assez vieilles.
§ 63. Tout le reste du cercle ligneux, et c’est sa plus grande portion, est. composé de fibres et de vaisseaux d’un autre ordre, annulaires, rayés ou ponctués ( fig . 97 v p, v p), d’un diamètre en général beaucoup plus grand.
Nous savons que là s’arrête le développement des végétaux herbacés. 11 en est dont le développement peut prendre une consistance assez solide dans cette première année par le développement en largeur de cette première couche et la densité qu’acquièrent ses éléments. Nous savons enfin que dans les végétaux dont la tige vit un nombre plus ou moins grand d’années, chaque année, entre le bois et l'écorce dont l intervalle s’est rempli de cambiurn ( fitj . 97 c) matière d’abord presque fluide, puis organisée en tissu cellulaire, se forme une nouvelle couche de bois moulée sur la précédente. Il est donc clair que le nombre des couches représente celui des années qu'a vécu l’arbre, que son âge se trouve ainsi écrit sur sa tranche : c’est une vérité depuis long-temps reconnue (I), et que sont venus confirmer des faits nombreux plus ou moins piquants. Ainsi, supposons que la couche de cambium se trouve désorganisée à certaines places, ce qui peut, résulter de l’action d’un froid très-ri-
jl) On attribue à Malpighi l'honneur d’avoir le premier fait cette observation ; mais elle devait être déjà populaire de son temps, puisque ce célèbre anatomiste naquit en 1628, et qu’on peut lire, dans le Voyage de Montaigne en Italie, A la date de 1581, le passage suivant : « L’ouvrier, homme ingénieux et fameux à faire «de beaux instruments de mathématique, m’enseigna quêtons les arbres portent » autant de cercles qu’ils ont duré d’années, et me le fit voir dans tous ceux qu’il » avoit dans sa boutique, travaillant en bois. Et la partie qui regarde le septentrion »est plus étroite, et a les cercles plus serrés et plus denses que l’autre. Par ce il »se vante, quelque morceau qu’on lui porte, de juger combien d’ans avoit l’arbre net dans quelle situation il poussoit. »
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gourcux : il ne se produira pas de bois à ces places, où il devra rester par suite autant de lacunes dans l’épaisseur du tissu ligneux, 'l’outes les années suivantes, où le froid ne sera pas venu exercer la même action, autant de couches de bois se seront formées et auront recouvert la lacune. Lorsqu’on découvre celle-ci, on doit donc compter autant de cercles en dehors d’elle qu’il s’est écoulé d’années depuis l’hiver rigoureux qui l’a produite. Or, c’est ce que l’expérience a vérifié. En abattant de très-vieux et très-gros Ormes, on y trouva, à l’intérieur, de ces solutions de continuité. On compta le nombre des couches concentriques dont elles étaient recouvertes, et on put ainsi constater que la couche de bois dans laquelle se trouvaient les lacunes avait dû être formée telle année : cette année se trouvait précisément correspondre à un hiver d’une rigueur extraordinaire. Des tronçons de ces arbres peuvent se voir dans les galeries botaniques du Muséum de Paris. On y conserve aussi un tronçon de hêtre qui porte une date (1750) inscrite sur son écorce, et la même cachée dans l’épaisseur de ses couches ligneuses; les deux séparées entre elles par un certain nombre (ou) de couches. Ce nombre était précisément celui des années écoulées entre celle qu’indique la date et celle où l’arbre fut abattu. L’inscription gravée sur l’arbre, encore assez jeune, avait pu entamer toute l’épaisseur de l’écorce et un peu de celle du bois. Il en résulta dans celui-ci une lacune qui, comme la lacune résultant de la gelée, fut recouverte par les couches successives des années suivantes. Mais ici l’expérience est plus complète, puisqu’elle comprend l’écorce avec le bois, et qu’elle porte sa date authentique. La plupart des collections botaniques offrent des monuments de ce genre, les uns dus au hasard, les autres à des expériences tentées dans le but de constater le mode de croissance de nos arbres. Il est facile en effet d’introduire entre le bois et l’écorce un corps étranger, une lame métallique, par exemple; et en coupant la branche au bout d’un certain nombre d’années, on retrouve cette lame recouverte par un nombre égal de couches.
Nous avons dit que chaque branche croît de la même manière que la tige. Celles qui en sont nées la première année offrent donc le même nombre de couches ; celles qui sont nées un, deux, trois ans plus lard, offrent : la troisième, trois couches du moins; la seconde, deux ; la première, une seule. Quand on coupe un arbre à sa base, on peut dire ainsi à quelle époque de sa vie s’est formée chacune des branches qui le composent en retranchant du nombre des couches de cette base celui des couches de la branche. Si l’on compte cinquante couches concentriques dans un tronc, trente dans telle