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CLIMATS

sphère. Si leurs sommets sont assez élevés , leurs pentes assez modéré ment inclinées pour être le siège de neiges éternelles et de glaciers, ce sont autant de vastes réservoirs destinés à alimenter de nombreux filets d’eau, qui, après avoir sillonné les pentes en tout sens, se réunissent plus bas pour former des cours plus considérables, et deviennent lu source la plus abondante des rivières et des fleuves qui coulent ensuite à leur pied dans les vallées et. dans les plaines. Mais du liant des sommets, soit trop bas, soit trop escarpés pour conserver la neige, ne coulent q ne des torrents passagers. La sécheresse qui y règne s’étend souvent plus ou moins loin autour d’eux , et d autant plus qu’ils sont plus déboisés. Les chaînes de montagnes influent encore par l’abaissement de température du sol résultant de son élévation, et tendent à condenser les vapeurs que poussent en grande quantité certains vents, et qui, arrêtées par celte barrière, y retombent eu passant en partie à l’état liquide , de sorte que tel versant peut être habituellement trèshumide , tandis que le versant opposé reste sec.

^ 856. Nous avons vu autre part que la lumière joue un rôle important dans la plupart des phénomènes chimiques desquels résulte la composition des tissus végétaux, et que la maturation, la coloration, les mouvements s’opèrent en grande partie sous son influence, combinée avec celle de la chaleur. On conçoit, sans qu’il soit besoin d’entrer ici dans de longues explications , combien la lumière se distribue inégalement et différemment sur les divers points du globe : c’est une conséquence nécessaire de leur position variée par rapport au soleil. Situés près de l’équateur, ils subissent l’action alternative de nuits égales aux jours, pendant lesquels ses rayons leur arrivent presque perpendiculaires. A mesure qu’on s’eu éloigne, celle des saisons se fait sentir et entraîne l’inégalité des jours et des nuits, qui les soumet à une privation de lumière plus longue pendant une partie de l'année , à sa présence prolongée pendant une autre partie, en même temps qu’elle devient de plus en plus oblique, et, en conséquence , de plus en plus faible , jusqu’aux régions polaires, où cette obliquité acquiert son maximum ainsi que cette inégalité, telle qu’elles restent plongées dans l’obscurité pendant une moitié de l’année, et pendant l’autre éclairées, mais de celte lumière ainsi affaiblie. L’analogie que nous avons observée entre les latitudes à mesure qu’on s’écarte de l’équateur, et les hauteurs à mesure qu’on s’élève au-dessus du niveau de la mer, disparaît donc complètement dans la distribution de la lumière; puisque sur les montagnes les parties les plus hautes restent le plus longtemps éclairées et jouissent de jours plus prolongés, tandis que leur masse, en interceptant les rayons du soleil , retarde le jour et avance la nuit pour les parties les plus basses. Cependant les plantes des régions polaires et ce'lcs des hautes montagnes se trouvent jusqu’à un certain point dans les mêmes conditions par rapport à la lumière, si, cachées sous la neige pendant la plus grande partie de l’année , elles ne voient le jour que pendant peu de semaines de l’été les unes aussi bien que les autres.

Ajoutons encore que le voisinage de grandes étendues d’eau, par la production des vapeurs qui viennent s’interposer entre la terre et le soleil , diminue proportionnellement l’intensité de la lumière Cette cause, qui contribue si efficacement à égaliser la température, et généralement à élever la moyenne, a donc une influence inverse sur la lumière , qu’elle tend à affaiblir.

§ 857. Toutes les notions qui précèdent appartiennent a la météorologie.

A cette science appartient la recherche des causes qui , par la combinaison de conditions diverses, constituent ainsi les divers climats. Elle nous appt end comment elles émanent d’une première source, 1 action solaire, qui, par le mouvement régulier de notre planète , par la configuration variée des terres et leurs rapports avec les eaux . ainsi que par les inégalités de leur relief, s’exerce directement, avec une certaine force, sur chaque point, et de plus indirectement en déterminant les courants de l’atmosphère et des mers , les uns réguliers , les autres variables , par suite de perturbations résultant de causes secondaires, mais analogues; comment cette source s’épanche en conséquence et se distribue inégalement à la surface du globe. Toutes ces considérations sont étrangères à l’objet qui nous occulte : les i-ésiiltals généraux devaient seuls être exposés ici, mais ils ne pouvaient être omis, tant la géographie botanique se trouve jusque-là liée intimement à la météorologie, tant le climat influe puissamment sur la végétation.

§ 858. Examinons maintenant les modifications générales que celle-ci présente, en rapport avec celles des climats que nous venons de signaler.

Pour peu qu’on s’occupe de la recherche des plantes , on s’aperçoit de suite avec quelle inégalité leurs différentes espèces se trouvent distribuées. Les unes se rencontrent localisées dans un espace très-borne , d’autres , au contraire , dispersées sur un grand nombre de points à la fois. Cette différence, que nos herborisations nous montrent sur une petite échelle, se fait également sentir lorsqu’on compare les résultats de celles qui nous ont appris à connaître la végétation de pays nombreux et vastes : certaines plantes sont particulières à certains pays, d’autres communes à plusieurs. Ces limites , dans lesquelles se resserre ou s’étend l'habitation de chaque espèce, constituent ce qu’on a nommé son aire (area). Celles dont l’aire est très-circonscrite peuvent donc être considérées comme caractérisant la végétation de cet espace, qu’elles ne franchissent pas; mais on conçoit qu’il n’en doit pas être question ici , où nous ne devons traiter que les points les plus généraux. Celles dont l’aire est très-étendue , soit en latitude, soit en hauteur, ne peuvent, par le fait même de cette diffusion, servir à caractériser une région particulière , et nous devons également les laisser de côté , nous arrêtant à d’autres qui se retrouvent abondantes et répandues sur plusieurs parties distantes du globe, mais pas hors d’une certaine zone plus ou moins étroite dont elles forment ainsi un des traits distinctifs. Plus on pourra grossir la liste de ces végétaux caractéristiques , plus le signalement sera exact. Mais cette multiplicité de détails ne peut appartenir qu’à un traité complet, et, dans une exposition abrégée , il faut se borner à un petit nombre de végétaux qu’on choisit parmi ceux qui, par leur taille, ou leur physionomie remarquable, ou leurs usages, sont plus propres à fixer l’attention, et qui, par cette raison , n’ont pas échappé à celle des voyageurs , même étrangers à la botanique. Les arbres offrent , en général , un grand avantage sous ce rapport , d’autant plus qu’ils peuvent être considérés comme étant avec le climat, aux vicissitudes duquel ils sont exposés pendant le cours de l’année entière, dans une liaison bien plus intime que les végétaux herbacés, cpii peuvent se soustraire en partie à son action pendant une portion de l’année, et surtout que les plantes annuelles , qui ne vivent qu’une saison. On carac-

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