ONE TORRIDE
lérise aussi certaines régions par la présence «le groupes cl’un ordre plus élevé, les genres , les familles ou leurs tribus, toutes les fois que leur aire se trouve ainsi circonscrite , et l’on .conçoit combien le signalement gagne alors en portant sur un plus grand nombre de traits. D’ailleurs , il n’est pas nécessaire «pie la totalité «les espèces «lu groupe en cpicstion se renferme exclusivement dans la région qtt’on veut peindre; il suffit «pie leur plus grand nombre s’y trouve concentré. Sans la méthode naturelle, la géographie botaniipie se perdrait nécessairement «fans «les «létails sans tin , et l’on peut dire qu’elle s’est établie par l’établissement des familles; comme elle se perfectionnera par leur perfectionnement.
S 8è>9. Jetons maintenant un coup d'œil sur les principales régions caractérisées ainsi , soit par l’existence «le certains végétaux particuliers et remarquables, soit par la présence exclusive ou par la grande abondance «le ceux de certaines familles, Nous les examinerons en marchant «le ’ l’cquateur aux pôles, et à chacune «le ces zones successives appartenant à une latitude de plus en plus élevée ; nous comparerons sous des latitudes plus basses celles «pii lui correspondent en tant que situées a une plus grande hauteur, et par suite soumises à une semblable température.
§ 800. La zone «pii est limitée sur les «leux hémisphères par les tropiques, et que depuis l'antiquité ou désigne sous le nom «le torride, présente une végétation bien distincte «te celle au milieu de laquelle nous vivons, par sa vigueur, par sa variété , par les formes cl les caractères particuliers d’un grand nombre de plantes qui la composent. La proportion des végétaux ligneux s’y montre considérable; et si l’humidité et la richesse du sol viennent s’ajouter à la chaleur de la température, ce sont de grands arbres réunis en vastes forêts d’un aspect tout différent des nôtres; car, au lieu de la répétition uniforme d’un nombre très-borné d’espèces , elles offrent une «liversité infinie , soit qu’on les examine rapprochées sur lin même point , soit qu’on les compare sur deux points séparés ; et d’ailleurs ces espèces , pour la plupart, appartiennent à d’autres genres, à d’autres familles «pie les arbres «les zones tempérées. Dans de vastes contrées peu habitées , où les besoins «le l’homme ne les ont pas encore soumises à l’exploitation et où leur existence n’a d’autres limites «pie celles que leur assigne la nature , ces forêts vierges ( Sylvie primeevœ) ont acquis leur plus magnifique «lévcloppemeut ; et ce n’est [«as seulement par ces tiges, d’une épaisseur et d’une élévation si remarquables, «pie se manifeste la lorce «le la végétation, c’est parla production d’autres plantes plus humbles, les unes ligneuses , les autres herbacées, «pii , sous l’abri «les hautes cimes, pullulent au milieu de cette atmosphère chaude et humide; parcelle des plantes parasites, <pù couvrent et cachent en partie ces troncs; surtout par celle des lianes, qui courent de l’un à l’autre, montent jusqu’à leurs sommets pour retomber et remonter encore, les enlacent en s’enroulant à l’entour, et les lient entre eux comme les agrès «les mâts d’un navire. Un «les traits distinctifs «le celte végétation tropicale dépend «le ce qu’elle se trouve soumise à des influences à peine variables pétulant le cours entier de l’année. Dans des climats plus tempérés ou les saisons sont nettement tranchées, l’une amène la floraison, l’autre la maturation régulière; «le telle sorte qu’on voit la plupart «les arbres, après un repos pendant lequel ils sont restés plus ou moins dénudés, se
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couvrir ensemble de feuilles, de fleurs à une même époque, île fruits il une époque ultérieure. Sous l'équateur toutes ces phases se confondent ; et comme, d'ailleurs, cette extrême activité pousse à la production des feuilles, •pii ne tombent pas annuellement, ou est frappé de la production beaucoup moindre de fleurs et, par conséquent, de fruits, dans un moment donné, quoiqu’on en trouve en tout temps.
S 861. Mais si le sol, quoique assez riche pour le développement des espèces arborescentes , n’est pas , par sa nature et par la distribution des eaux à sa surface et dans son épaisseur, le siège d’une humidité constamment entretenue, si elle u’est que renouvelée par intervalles au moyen de pluies dépendant elles mêmes d’une certaine alternance régulière dans l’état atmosphérique , on observe des changements plus analogues à ceux de nos saisons. Seulement elles sont interverties ; la sécheresse détermine un arrêt dans la végétation, et dépouille les arbres, qui reverdissent et refleurissent ensuite dès que les grandes pluies périodiques viennent les arroser. C’est ce qu’on peut observer, par exemple, eu comparant aux forêts vierges ces bois plus clairsemés, plus bas et à végétation intermittente, qui portent au ISrésil le nom de catinqas.
§ 862. Enfin le sol sablonneux , et aussi irrégulièrement arrosé , petit ne produire que des plantes frutescentes et herbacées dont la végétation , suspendue pendant les sécheresses, se ranime pendant les pluies et couvre passagèrement d’un riche tapis de verdure et de fleurs la terre qui paraissait nue et stérile pendant une autre partie de l’année, comme on le voit dans de vastes espaces des régions tropicales, plans ou ondulés, et privés de l’irrigation naturelle et continue qui résulte du voisinage des grandes montagnes. Ces espaces, les uns couverts d’espèces nombreuses et variées, les autres, au contraire, d’une végétation uniforme, portent, suivant ces différences et suivant les divers pays, des noms différents. Us forment les Campas du Brésil, les Campas du Paraguay, les Llanos de l’Orénoque. L’alternance de repos et d’activité y détermine un effet analogue à celui de nos saisons, l’absence complète de fleurs pendant un temps, mais pendant un autre leur multiplicité et leur diversité.
§ 863. Les Palmiers et autres monocotylédniiées arborescentes ( Pandanérs , Draconiers, etc.,) ainsi que les Fougères en arbre, contribuent notablement a imprimer a la végétation tropicale sa physionomie particulière. Une autre forme également caractéristique est celle qu’on est convenu d’appeler des Sritaminées , en comprenant sous ce nom non-seulement 'es plantes de celte famille, mais celles des Musacùcs et des Cannacées. Le Bananier (qui acquiert tout son développement dans les serres d’Europe) peut en donner une idée. Ajoutons ici l’énumération des familles qu’on peut nommer tropicales, soit parce quelles ne se montrent pas au delà des tropiques, soit parce qu’elles offrent entre eux le maximum de leurs espèces. Telles sont les Broméliacées, Araïdées, Dioscoréaeêes, Pipérarées, La urinées, Myrislicées, Anonaeèss, Bombacées, Sterculiacèes , Byttnériacées , Terstrœmiacées , Guttiféres, Marcgraviacées. Me iacées, Ochnacées , Connaracées , A nacnrdiacées , Cbaillctiacées , Vochysiacécs , Melaslomacées , Myrlaeées , Tarnrraeé.e's , Cactées, Myrsinées , Saputées , Ebénarées , Jasminées, Ferbënacées , Cyrtandracées , Acanthacées Gessneriacées. Plusieurs grandes familles qui, dans nos climats, comptent