‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 25 sur 258 · TIGES D1C0TYLÉD0NÉES ANORMALES · texte numérisé non relu

TIGES D1C0TYLÉD0NÉES ANORMALES

ques-unes sont cylindriques comme les branches de nos arbres; mais beaucoup d'elles s’aplatissent dans un sens ou dans l’autre , et prennent ainsi des formes plus ou moins bizarres. On serait porté à croire que cet aplatissement est dû à l’obstacle mécanique qu’éprouve leur végétation par son contact avec l’arbre qu’elles embrassent, et c’est ce qui peut être vrai, en effet, lorsqu’aplaties seulement sur la face en contact elles sont bombées sur l’autre, et reprennent, dans les intervalles où elles pendent librement, un développement à peu près égal pour tout leur pourtour. Mais, pour beaucoup de lianes, la forme persiste la même, soit qu’elles soient pressées contre un autre corps, soit qu’elles soient libres; et on en conclut nécessairement alors que cette irrégularité de forme dépend de leur nature même. Dans ces tiges comprimées, le corps ligneux se développe seulement dans deux directions diamétralement opposées où l’épaisseur est considérable; tandis qu’elle est très-faible ou presque nulle dans toutes les autres directions. On en trouve des exemples remarquables dans les Lianes d’un genre de la famille des Légumineuses, le Bauhinia , et même, dans certaines espèces {B. scandons, patexemple), les liges ne sont pas seulement plates, mais, par leur flexion dans un sens, puis dans l’autre alternativement, elles présentent une disposition en zigzag insolite et remarquable [fig. 105). 105.

§ 86 La forme anomale de beaucoup de lianes reconnaît le plus souvent une cause analogue; savoir : le développement inégal du

corps ligneux, qtd, au lieu de croître à peu près uniformément sur tout son pourtour et de former ainsi un cylindre ou un cène, continue à s’épaissir considérablement dans certaines directions, à peine dans certaines autres ; de telle sorte qu’il perd tout à fait la forme cylindrique, ou qu’il prend celle d'une colonne plus ou moins profondément, plus ou moins régulièrement cannelée.

105. Fragment de tige du Bauhinia scandais , beaucoup plus petit que nature.

106. Tranche horizontale de la tige d’une Malpighiacés? du Brésil ( Hcleroplcrys anomala). — Dans cette figure et les suivantes les points dont le bois est criblé indiquent les orifices de gros vaisseaux ponctués.

Tantôt l’écorce suit , en les tapissant, tous les contofirs du corps ligneux, dont la forme se trouve reproduite extérieurement par celle delà tig e(fig. 106); tantôtlescannelurcs sont assez étroites et l’écorce assez épaisse pour cpie les unes soient entièrement remplies par l’autre , et la tige présente à l’extérieur une surface à peu près unie ou légèrement cannelée, tandis que le corps ligneux l’est profondément [fig. 107, 2), et d’autant plus qu’on l’observe plus haut. Ces intervalles ainsi comblés par le tissu cortical se dirigent vers le centre en manière de rayons, et peuvent ainsi, en finissant par

107. Tranches horizontales d'une autrcMalpighiacée du Brésil ( Danisleria nigrcscens), à différents âges. — 1. Lorsque son contourne présente encore que quatre lobes superficiels. — 2. Lorsqu’il en présente six beaucoup plus profonds, et dont plusieurs comirencent déjà eux-mêmes à se partager. — 3. Lorsqu'ils sont complètement

séparés, prenant ainsi l’apparence d’autant de branches distinctes et sin plement juxtaposées. On voit que celle du milieu seule a une moelle et un étui médullaire.

Page 1