‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 254 sur 258 · VÉGÉTAUX FOSSILES. 72 I · texte numérisé non relu

VÉGÉTAUX FOSSILES. 72 I

les phanérogames, quc!r|iiPS monocoiylédonés , mais pas d'autres dicotylédones que des espèces appartenant à la classe des gymnospermes (§ 701), e'est-a-dire des Cycadées ou Conifères, ou du moins des familles qui devaient être analogues. Des premières se rapprochent les Sùjilluriu ( G vol. , fi j; . 101), et les Sliynwria (Quoi., lie. 102); des secondes, les / l'tthltia ( Géol ., Kg. 101), qui ont quelque rapport avec nos Araucaria. Plusieurs des restes confondus sous le nom de Calamites semblent aussi devoir faire partie de cette classe île végétaux, tandis que d’autres sont de vraies Fquisélacécs , dont quelques-unes étaient alors des arbres [Géol., Kg. 187, 188) assez élevés, au lieu d’être comme aujourd’hui des herbes à tiges humbles et faibles. On en peut dire autant des Lycopodiacées : on a découvert des troncs entiers du genre Lepidodetulron (Géol., fi y. 180, 190) qui peuvent avoir jusqu’à vingt mètres de longueur. Mais ce sont surtout les I'oui/èrcs ijui abondent dans cette flore d’un autre temps , dont elles forment à elles seules presque la moitié; et il est à remarquer que beaucoup d’elles étaient aussi des arbres, quoiqu’on les trouve pour la plupart dans la zone tempérée, hors des climats où croissent aujourd’hui les Fougères arborescentes. D’ailleurs toutes les espèces sont analogues à celles que nous voyons vivre maintenant sous les tropiques, et non sur cette même zone, et il est permis d’en conclure qu’elle jouissait alors d’une température beaucoup plus élevée. Cette grande proportion des cryptogames vasculaires, relativement au reste des végétaux, semblerait indiquer aussi qu’à ces conditions de cha'eur s’ajoutaient encore celles d’un climat beaucoup plus humide et uniforme, et que par conséquent ces forêts devaient couvrir des terres coupées de toutes parts par des bras de mer, et peu élevées au-dessus de son niveau, plutôt que de grands continents laissés à sec (§ 883). On ne saurait douter cpte la houille ne doive son origine aux masses de tous ces végétaux accumulés, altérés et ensuite modifiés comme le seraient les couches de tourbe de nos marais si elles étaient recouvertes par des bancs puissants de substances minérales, comprimées sous leur poids et exposées en même temps à une température élevée : il paraît ainsi probable que sou mode de formation a dit avoir quelque analogie avec cel.e de nos tourbières (§ 897).

^ Olü. Cette végétation puissante, quoiqu’uniforme , disparaît dans les couches qui recouvrent le terrain houiller ; et dans celles îles terrains secondaires qui suivent, où se rencontrent des plantes fossiles, c’est eu nombre beaucoup moindre : ce qu’explique peut-être cette considération, que la plupart de ces terrains se sont déposés dans la mer , de sorte que les végétaux terrestres qu’ils peuvent renfermer ont dû être transportés d’ailleurs au milieu de celte masse énorme de liquides, et dispersés au loin, lorsqu’ils n'ont pas été complètement détruits. Néanmoins quelques points où sont venus affluer et s’accumuler ces débris végétaux offrent encore une flore comparativement assez riche. Ainsi après le terrain pénéeu [Géol., S 113) où l’on n'a trouvé que quelques plantes marines , le terrain keuprique (Géol., § 1 lô) se fait remarquer par la présence de plantes terrestres des mêmes familles que nous avons précédemment mentionnées; la formation du grès bigarré par une proportion à peu près égale de cryptogames vasculaires et de phanérogames, parmi lesquelles on doit citer plusieurs espèces d’un genre de Conifères, le Foltzia (Géol., fig. 209), mais où manquent les Cycadées;

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(midis qu'elles recommencent il se montrer dans le calcaire couchylien, e( abondent dans les marnes irisées, où el.es entrent pour la moitié de la flore ( Giol fig. 209), propnrlion bien remarquable pour une famille dont on ne connaît plus aujourd’hui cpt’uue trentaine d’espèces vivantes. Cette proportion diminue à peine dans la flore plus riche du système oolitique des terrains jurassiques (Geo/., § 117), où les Cycadées s’associent de nouveau aux Conifères, où les Fougères entrent de leur côté pour moitié à peu près, et où se trouve aussi un b r/uisetuin gigantesque (Geo/., fig. 238). Les terrains secondaires se terminent par celui de la craie (Geo/., § 1 19), dans les premiers dépôts de laquelle se rencontrent encore diverses espèces de Cycadées (Geo/., fl if. 2fl7), Conifères, Équisetacées, Fougères, mais qui du reste n’offre que des piaules marines et eu très-petite: quantité. Nous voyons donc que dans toute celle période qui suit la formation houillère et précède celle des terrains tertiaires, les monuments peu nombreux de la végétation terrestre, continuent à nous montrer la prédominance des cryptogames vasculaires et des gymnospermes; celles-ci, les Cycadées surtout, dans une proportion toujours croissante; l’absence de toute phanérogame dicotylédonée et un nombre assez insignifiant de monocolylédonées.

§ 917. Le caractère général de la végétation change complètement dans la période tertiaire, celle pendant laquelle se déposèrent les terrains qui forment maintenant le sol des principales capitales de l’Europe, de Paris, de Londres, de Vienne. Dès lors les conditions extérieures semblent tendre à l’équilibre dans lequel nous les voyous maintenant : car les rapports des grandes classes de végétaux entre elles, se rapprochent de plus eu plus de ceux que notu*. avons constatés dans l’état actuel. Ainsi, dans le total des filantes connues de celte période, les Dicotylédonées gymnospermes n’entrent plus que pour 1/10, taudis que les autres dicotylédonées, qui jusqu’ici n’avaient pas paru, entrent pour plus de 7/10, les monocolylédonées pour plus de l/fl. Les cryptogames vasculaires n’y sont plus que pour moins de 1/20. Le sol de l’Europe était alors couvert connue à présent de Pins, de Sapins, de Thuyas, de Bouleaux, de Charmes, de Peupliers, de Noyers, tV Erables, et d’autres arbres presque identiques avec ceux qui croissent encore dans nos climats. Ce devait être celui de la zone tempérée , avec une température un peu plus élevée cependant, comme le prouve la présence, jusque dans le nord de la France, de quelques Palmiers très-différents de ceux qui vivent encore sur les bords de la Méditerranée, ainsi que d’un petit nombre d’autres plantes actuellement confinées dans des régions plus chaudes. Un autre point qui mérite l’attention, c’est que ces espèces fossiles semblent offrir plus d’analogie avec les arbres de l’Amérique septentrionale qu’avec ceux de l’Europe.

§ 918. Ce coup d’œil jeté sur les phases de la végétation que nous révèlent les fossiles, fait apercevoir un résultat curieux : c’fcst cette progression du simple au composé que lu classification naturelle a cherché à établir, dans la série des acotylcdonées aux cotylédones , des dicotylédonées gymnospermes aux angiospermes, réalisée d’une manière générale dans leur apparition successive à la surface du globe.

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