PLANTES CULTIVÉES. — VIGNE
température de l’été, <|iii doit avoir une certaine force pour mûrir ses fruits, et une certaine durée, pour que celte matiiratiou, oui doit s’acltever eu automne,y trouve encore une température assez élevée. Ne rencontre-t-elle nulle part sous les tropiques ces conditions favorables? Les observations modernes semblent décider .a question affirmativement, puisque, outre certains points déjà signalés autrefois (comme une des îles du Cap-Vert, celle de Saint-Thomas près la rôle de Guinée, et l’Abvssinie), ou fait maintenant sur la côte ouest de l'Amérique méridionale, vers le 18r, le 14' et jusqu’au fi0 degré, du vin dont les voyageurs parlent avec é’ugc. Ou pourrait supposer que les hauteurs où cette culture a lieu compensent les latitudes trop basses; mais cela ne peut être vrai partout, puisqu'on la voit , sur certains points, descendre jusqu’à la côte. Seulement il faut que le climat soit extrêmement sec, et l’bumiditc semble autre part la remire impossible.
Ou la cultive de diverses manières. Tantôt ou abandonne les pieds ou ceps à eux-mêmes, tantôt on les fait grimper ou sur des échalas, ou sur des berceaux en général assez bas ; sur îles arbres, ou peu élevés, taillés en corbeille, comme dans le nord de l’Italie, ou élevés et naturels, comme dans le royaume de Naples, dont les vignes se montrent sur de liants peupliers, courant de l’un à l’autre en festons disposés sur plusieurs étages. Ces derniers modes ont le double avantage de multiplier les surfaces et de mûrir doucement les grappes, abritées par le feuillage contre la chaleur trop vive qui agirait trop vite ou inégalement. Néanmoins tout auprès, et même plus au midi, comme en Sicile, on retrouve la etillure sur éelialas ; et, au contraire, on lait grimper les vignes dans le Dauphiné. 11 est vrai que la qualité du jus n’y gagne peutêtre pas; du moins nous voyons que dans celles de nos environs, ainsi quelquefois abandonnées et enlacées sur les arbres, il est rare que le raisin mûrisse. Il parait d’ailleurs pouvoir croître dans tous les terrains, mais acquérir toutes les qualités qui le font rechercher pour la fabrication du vin de préférence dans ceux qui sont secs et pierreux. Au reste, on sait que des vignobles voisins et placés dans des circonstances de climat et de terrain en apparence identiques, donnent des vins de qualité tout à fait différente; et enfin l’influence qu’ont sur les résultats les procédés plus ou moins parfaits de la fabrication et de la falsification rendent difficile de déterminer ce qui appartient au juste à la nature. Eu général, la proportion des acides prédomine dans les raisins qui s’approchent de la limite septentrionale; celle des principes sucrés, et par suite de l’alcool, dans ceux du midi.
Pour que l’histoire de cette distribution géographique pût satisfaire complètement l’esprit , il faudrait pouvoir avoir égard aux différences d’espèces et de variétés qui prospèrent et dominent dans chaque latitude différente ; mais la détermination des variétés de la Vigne est devenue l'une des questions les plus compliquées de la botanique agricole, tant elles se sont multipliées et croisées.
§ 913. Les limites de cet ouvrage, déjà trop dépassées, ne nous permettent pas d’exposer la distribution de plusieurs autres végétaux cultivés comme , Hiles à l’économie et à l'industrie, et nous forcent de renvoyer aux courts renseignements dont chacun d’eux a été l’objet à l’article de sa famille, comme l 'Olivier (§ 82(>), la Canne à sitar (§ 74”), le Cafjeier ( § 841 ), le Cacao ($ ”97), le Thé (§ 798), et diverses plantes servant a la fabrication des (ils et cordages, des tissus, ou à la teinture.
720 GÉOGRAPHIE BOTAMQCK.
Nous nous contenterons, en finissant , d'appeler l’alleminn du lecteur sue celle liaison intime des diverses branches de la science entre elles, el des connaissances théoriques avec la pratique. La classification , éclairée par l’étude de l'organisation , éclaire à son tour celle des propriétés; elle introduit l’ordre dans le chaos des innombrables espèces végétales, permet de constater celles (pii sont propres à chaque point du globe, conclut des associations naturelles des végétaux, desquelles résulte la flore de chaque contrée et de chaque terrain, celles que l’art peut essayer, el devient ainsi l’un des auxiliaires les plus utiles de l’agriculture.
014. Végétaux fossiles. Nous avons cherché à donner une idée générale de la distribution des végétaux à ht surface du globe, telle qu’on l’observe aujourd’hui. Mais a-t-elle été la même à toutes les époques? C’est ce qu’il resterait à déterminer, et lions n’avons, pour soulever le voile qui couvre les changements qu’elle a pu subira des époques antérieures, que l’élude des Fossiles , c’est-à-dire des restes enfouis dans la profondeur des couches qui ont dû, chacune à leur tour, former cette surface. Or, il est évident que les résultats qu’il nous est permis d’attendre ici seront bien loin du caractère de certitude et de généralité qu’a pu nous offrir l’étude d’une végétation contemporaine : car, d’une part , beaucoup de plantes ont pu exister autrefois sans laisser de traces après elles; et de l’autre, les fouilles qui mettent au jour ces restes fossiles n’ont lieu que sur un nombre très-borné de points, presque exclusivement eu F.uropc, et sur beaucoup d’entre eux , poursuivies dans un but purement industriel , ne le sont pas avec les soins et précautions nécessaires pour découvrir et conserver intacts ces débris du monde organique. Ils ne se montrent, d’ailleurs, qu’à l’état de fragments d’après lesqnes il est difficile de déterminer avec certitude l’espèce, le genre , ou seulement la famille du végétal. Les caractères des Heurs et des fruits, d’après lesquels on reconnaît ceux des plantes vivantes, manquent presque constamment pour les fossiles , et l’on est obligé d’y suppléer par une élude beaucoup plus approfondie des caractères de végétation. Néanmoins les recherches modernes, el notamment celles de M. Adolphe Brotiguiarl , ont pu surmonter beaucoup de ces difficultés , el faire connaître un assez grand nombre de fossiles avec un degré de précision tel qu’ils puissent être classés par familles, par genres, par espèces. Nous ne pouvons donner ici leur catalogue complet, tout borné qu’il est , et nous devons nous contenter de rapports généraux, tels que ceux qui ont été exposés au chapitre de l’arithmétique botanique 81K1). Leur connaissance appartient , sous un autre point de vue, au cours élémentaire de géologie, qui les a mentionnés à l’article des différents terrains, el en a décrit sommairement et figuré les plus caractéristiques. C’est à ces descriptions et à ces figures que nous renvoyons dans les paragraphes suivants.
^ 9 là. C’est dans les terrains de transition qu’on commence à trouver les premiers vestiges de cette végétation perdue, rares encore; puis ou les voit se multiplier dans le terrain houiller, vers les dernières couches duquel ils acquièrent leur maximum (Geo/., ^ 1 1 1 J . Pendant celle longue période, la végétation parait avoir subi de notables changements quant aux espèces, tout en conservant dans son ensemble les mêmes caractères essentiels. Ces caraclè* es sont la prédominance numérique et le grand développement des végétaux ( t \ plogamcs x asculaires, avec lesquels ou ne rencontre qu’un nombre extrême, ment petit de Fucus qui remontent à l'époque la p us reculée ; plus tard, parmi