Feuilles dêcussées , celles du Pimelœa decussata
160. Feuilles du Lysimachia vulgaris, verticillées trois par trois. Les verticilles sont exactement superposés de deux en deux.
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pourra on faire partir une semblable de chacune des autres feuilles du verticille, et il en résultera autant de spirales parallèles analogues à celles que nous avons nommées secondaires dans le cas des feuilles alternes.
S'il est permis de déterminer ici la divergence de deux feuilles successives en appliquant la règle par laquelle on l’obtient dans le cas des feuilles alternes (§ 160), c’est-à-dire d’après une fraction qui ait pour numérateur le nombre des spirales parallèles, et pour dénominateur celui des séries rectilignes , il est évident quiei le premier, qui est. celui des feuilles d’un seul verticille, est toujours la moitié du second, qui est celui des feuilles de deux verticilles successifs, et par conséquent, dans tous les cas où les feuilles sont vert icillées en quelque nombre que ce soit, la divergence de deux successives serait j ou la moitié de la circonférence. Ce résultat numérique semble indiquer que tout verticille dérive de l’opposition des feuilles deux par deux, et que, dans celui de plus de deux feuilles, si l'on prend une d’elles pourpoint de départ, la seconde n’est pas celle qui se trouve la plus voisine, mais au contraire celle qui se trouve diamétralement opposée. En effet, il n'est, pas rare de voir les feuilles d’un verticille se dissocier, et alors leur asso-
161. Projection sur un plan de quatre verticilles opposés de deux en deux et composés chacun de qua're feuilles. Les séries rectilignes sont marquées par des rayons, les séries spirales parallèles par des lignes ponctuées. 11 est clair qu’elles seraient les mêmes de droite à gauche, qu'on les a figurées de gauche à droite.
FEU II LES. PHYI.F.OTAXIH. ILS
ciation binaire se manifeste. Dans une de ces trois feuilles, par exemple, l'une, en se plaçant au-dessus ou au-dessous des deux autres , indique qu elle appartient réellement à un cercle supérieur ou inférieur.
§ 160. Nous avons plus haut annoncé le cas où un verticille ne croise pas exactement celui qui est au-dessus ou au-dessous do lui ; il faut alors passer par plusieurs verticilles successifs pour en retrouver un placé directement au-dessus du premier. Par exemple, dans beaucoup de Carvopliy liées, .les paires de feuilles opposées ne se superposent que de cinq en cinq, de sorte qu’en prenant une feuille pour point de départ on doit en compter huit avant d’en retrouver une placée sur la même verticale qu’elle. En étudiant avec soin leurs rapports, on voit alors que cette combinaison se rapproche plutôt de celles des feuilles alternes insérées sur une spirale continue, et qu’en raccourcissant l'axe de manière à rapprocher les feuilles en une rosette, on en obtiendrait à peu près la même que celle de huit. feuilles avant * de divergence. En effet, on verra souvent deux feuilles de ces Caryophyllées , au lieu d’être diamétralement opposées l'une à l’autre, se dévier un peu du même côté de la tige, comme si leur divergence était réellement moindre que i ou ^ de circonférence.
§ 167. La transition de l'opposition à l'alternance des feuilles n'est pas très rare. On la rencontrera, par exemple, quelquefois sur le Myrte, sur le Muflier, etc. D'autres plantes oppositifoliées montrent souvent celte dissociation sur l'extrémité de leurs jeunes rameaux, lorsqu'ils s’allongent très rapidement. Il est donc possible qu'il n’existe pas entre ces deux classes de feuilles une différence aussi essentielle qu’on serait porté à le croire. Néanmoins la situation relative des feuilles est en général assez constante dans la plupart des espèces de plantes pour être notée comme un des caractères qui servent à les faire reconnaître. Il est clair qu’on ne doit employer ainsi que les modifications peu sujettes à varier; on décrit des feuilles, par exemple, comme décussées, alternes, distiques, tristiques, etc., etc. On pourrait aller plus loin quelquefois, et la divergence ? des feuilles caractériserait encore assez nettement certains arbres; mais nous avons dit qu’exprimée par des chiffres plus élevés, elle passe souvent dans le même de l une à l'autre. On conçoit quels services pourra rendre la connaissance de ces lois, quand on les aura bien déterminées et étudiées dans la plupart des plantes. Si l'on n'a à sa disposition que des branches en feuilles, ou même sans feuilles , et montrant seulement par des cicatrices la place où elles se trouvaient, si l’on veut déterminer une
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empreinte fossile, on pourra trouver là quelques éléments pour la solution d’un problème autrement inabordable.
§ I 68. Les plantes monocotylédonées,dont les premières feuilles sont nécessairement alternes, conservent plus tard cette disposition. On en cite un très petit nombre à feuilles opposées ou verticillées; mais, alors même, il est facile de constater quelles ne naissent pas exactement à la même hauteur.
Dans les dicotylédonées, les feuilles conservent souvent l’opposition qu’on observait déjà dans leurs cotylédons ; souvent aussi elles la perdent , et ce changement s’opère, ou immédiatement dans les premières feuilles développées de la gemmule, ou peu à peu. Toutes les plantes de certaines familles offrent sans exception des feuilles opposées ou des feuilles alternes, et quelquefois même d’autres modifications secondaires. Ainsi toutes les Labiées ont des feuilles décussées ; la plupart des Tiliacées, des feuilles distiques, etc.
On trouve aussi dans les acot.ylédonées des feuilles alternes et des feuilles opposées. Certaines fougères arborescentes pourraient être citées comme offrant les verticilles les plus réguliers peut-être de tout le règne végétal.
Du reste, les trois grandes classes de plantes offrent dans la disposition spirale de leurs feuilles les mêmes combinaisons. Il y en a néanmoins qui sont plus rares dans l’une que dans l’autre : ainsi la divergence A ne se rencontre guère dans les dicotylédonées. tandis qu’un assez grand nombre de monocotylédonées la présentent.
§ 1 69. Nous avons dit que les feuilles ne sont pas toujours complètes et peuvent se réduire à l’une de leurs parties. Comme c’est le limbe qui prend les plus grandes dimensions, et qu’on est habitué à le considérer comme la feuille même, lorsqu'il ne se développe pas elles ont un aspect entièrement différent, et on est tenté de ne plus leur donner ce nom. Mais leur position latérale sur la tige aide à les reconnaître, et c’est alors qu’en retrouvant dans l’arrangement de ces organes ainsi déguisés les lois qui président à la disposition relative des feuilles, on ne peut conserver aucun doute sur leur véritable nature. Ainsi, sur l'asperge, observant de petites écailles (fig. 1 1 1 ,/) insérées sur la tige et disposées en spirale, nous n’hésitons pas à penser que ce sont les feuilles réduites à leur partie vaginale. Lorsqu'elles sont ainsi représentées par la gaîne seule ou par le pétiole, ou plutôt par un simple et court prolongement du faisceau qui aurait formé la nervure médiane, la forme de petits appendices épaissis en écaille, ou amincis en membrane, ou rétrécis en filets, est celle quelles prennent le plus habituellement.
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Nous verrons plus tard qu'elles la présentent souvent au voisinage des fleurs.