BOURGEONS
ba
§ !?(). Le point d'où naît une feuille a dans la vie du végétal une double importance, puisque c’est en général immédiatement au-dessus de lui que naît le bourgeon ( gemma [ jig. 161, ba , ba , ba ] ) , dans l'angle compris entre la tige et la feuille, et qu’on nomme Vaisselle ( axilla ) de celle-ci : de là on a formé l’épithète à’ axilla ire. Le bourgeon n’est autre chose que le premier âge d’une branche, dont toutes les parties latérales, les feuilles à leur premier état de développement, sont ramassées sur un axe extrêmementcourt.
On l’a donc naturellement comparé à l’embryon , dont il diffère parce qu’au lieu d’être indépendant et de suffire d'abord à sa propre subsistance au moyen d’une ou de deux premières feuilles charnues ou cotylédons, il fait partie d’un végétal déjà formé qui lui fournit sa nourriture, et que ses premières feuilles, appelées à lui rendre d’autres services, ne présentent nullement les formes cotylédonaires. Quelques auteurs l’ont en conséquence nommé embryon fixe.
§ 171. C’est, dans le principe, un petit amas ou noyau cellulaire en rapport avec l’extrémité des rayons médullaires, et qui, d’abord caché à l’intérieur, pousse ensuite l’écorce devant lui et se montre extérieurement . Plus tard les séries intérieures des cellules de ce petit axe s’organisent en vaisseaux, et sa surface se couvre de petits appendices cellulaires , premières ébauches des feuilles, dont le développement suivra des lois que nous avons déjà exposées. Nous savons aussi déjà que la branche reproduit la tige dans sa composition et dans son évolution. Les vaisseaux et fibres de l’une se continuent dans l’autre; mais il n’y a pas la même continuité par la moelle : l’étui médullaire de la branche se ferme et se termine à son point d’origine, comme celui de la première se fermait à l’origine de la racine.
102. Sommet d’un rameau du Lonicera niyrn à l'état d’hibernation , c’est-adire après la chute des feuilles, et chargé de ses bourgeons; un terminal 01, plusieurs axillaires latéraux ba, ba, ba.
1 la BOTANIQUE.
§ 172. Le bourgeon, chargé d’une génération de feuilles qui doivent succéder à celle à l’aisselle de laquelle il se produit, survit naturellement à cette feuille; et, lorsqu’elle tombe ou se flétrit à la fin de l’année, il persiste sur la tige dans un état stationnaire jusqu’à la saison qui, ranimant la végétation, viendra lui donner une impulsion nouvelle et déterminer son développement en branche. Dans les climats chauds , où cet intervalle de repos est presque nul , où d’ailleurs il est à cause de-la température sans danger pour le jeune bourgeon , les premières feuilles de celui-ci sont aussi complètes et à peu près les mômes que seront les suivantes. Mais dans les pays sujets à un hiver plus ou moins rigoureux, auquel ne pourraient résister des organes aussi tendres, les premières feuilles, les plus extérieures, qui, dans l’état de rapprochement où elles se trouvent comme pelotonnées, servent d’enveloppe aux autres, présentent des modifications remarquables de forme et de substance qui les rendent propres à résister elles-mêmes cl à protéger les parties les plus intérieures. Leur consistance est alors ordinairement celle à laquelle on donne en botanique le nom d’écailleuse, c’està-dire dure et sèche, comme l’est, par exemple, l’enveloppe d'une graine de melon ou de poire. Souvent elles sont en outre imprégnées de quelques matières insolubles dans l’eau et conduisant mal la chaleur, comme la résine (dans certains peupliers, par exemple); d’autres fois doublées d’un épais duvet (dans beaucoup de saules, par exemple).
Quelquefois ces feuilles ou écailles sont assez développées pour s’envelopper complètement l’une l’autre. Plus ordinairement, elles sont plus courtes que la totalité du bourgeon, et se présentent alors imbriquées sur plusieurs rangs, c’est-à-dire les extérieures recouvrant le bas des intérieures, à peu près à la manière des tuiles d’un toit (/?</. 162, 163, 1 ). Dans ce cas, pour peu qu’il s’en trouve un certain nombre et que le bourgeon soit allongé, il est facile d’y reconnaître au premier coup d’œil l’agencement spiral, analogue à celui que nous avons signalé dans les cônes des pins. On appelle les bourgeons écailleux lorsqu'ils sont ainsi défendus; nus , lorsque les feuilles extérieures ne présentent pas de modifications remarquables, comme dans la plupart des arbres tropicaux. Quelques uns des nôtres, cependant, par exemple \&Boxirgène[Rhamnusfrangula), ont les bourgeons nus ; mais c’est un cas fort rare.
On a proposé divers termes [legmenta-pevulœ') pour désigner ces feuilles extérieures et modifiées, qui servent ainsi d’organes protecteurs. Linné les appelait ingénieusement hibernacula ou lo gements d’hiver. C’est à leur ensemble (pie De Candolle réserve le