BRACTÉES
de la branche que les aisselles des fouilles : les Solanées peuvent en fournir de bons exemples. L’insertion du pédoncule soudé dans une certaine longueur avec la branche semble alors reportée plus ou moins haut au-dessus de la feuille , et si la partie de ce pédoncule ainsi confondue se trouve plus longue que l’enlre-nœud , il pourra se trouver une ou plusieurs feuilles entre celle de l'aisselle de laquelle il avait dû partir et le point où il se détache réellement.: une ligne droite, tirée de ce point, doit, en descendant, rencontrer cette feuille en laissant les autres de côté , et l’on arrive ainsi à la détermination du rapport véritable des parties que celte complication avait rendue plus difficile.
Quant au cas où l'inflorescence est oppositifoliée , c’est-à-dire se présente directement opposée à la feuille, au lieu de partir de son aisselle, il a été déjà suffisamment expliqué (§ 185).
Il n a c T K e s
§ 2 2 G . Nous avons dit que les bractées sont des feuilles modifiées à faisselle desquelles naissent les axes chargés de fleurs. Quelquefois la modification n'est pas complète, et les bractées conservent, surtout vers le bas de finllorescenee , la couleur verte et toute l'apparence de feuilles, quoique amoindries et raccourcies, de manière qu’on hésite sur le nom qu’on peut alors leur donner : ce ne sont plus les feuilles du bas de la plante, ce ne sont pas encore des bractées. On indique cet état de transition en ajoutant à l’inflorescence l’épithète de fouillée ( foliosa ). C'est ainsi qu’on décrit des panicules , des grappes , etc. , feuillues.
D'autres fois, tout au contraire, f avortement des feuilles accompagnant les fleurs est complet ; on n’en trouve pas la moindre trace, soit à l'origine dos inflorescences générales ou partielles, soit à celle de chaque fleur en particulier. On indique ce défaut de bractées en notant les inflorescences ou fleurs qui s’en trouvent dépourvues ( flores ebracteali ). C'est ce qu'on observe, par exemple, dans celles de la famille des Crucifères.
§ 227. Entre ces deux états extrêmes, le développement foliacé ou l'absence complète de bractées, on trouve tous les intermédiaires, et alors la réduction de la feuille peut présenter les modifications diverses que nous avons signalées à l'occasion des enveloppes du bourgeon (§ 173). C’est le plus souvent le pétiole qui manque , et l’on ne trouve que le limbe sessile plus ou moins rapetissé. Souvent aussi c’est la partie vaginale qui persiste seule. Enfin, ce peut être seulement un bout de pétiole, sous la forme
d'une pointe plus ou moins courte; ébauche du faisceau central vasculaire, dont le prolongement eût formé la nervure médiane de la feuille. Quelquefois enfin ce sont les stipules, qui peuvent arriver au môme degré de développement que dans les feuilles proprement dites. Si le reste de la feuille est complètement avorté, on a alors l'apparence d'une bractée double; si, avec elles, on trouve le limbe, ou le pétiole, ou la gaine développés eux-mémcs à un certain point, on a l’apparence dune bractée trilobée ou môme triple, suivant que ses stipules sont pétiolaires ou caulinaires. 11 faut distinguer avec soin ce cas de celui où la bractée parait triple, par le voisinage immédiat de deux bracléoles opposées.
§ 228. Dans le plus grand nombre des cas, la métamorphose de la feuille-bractée est d'autant plus complète qu'on l'observe sur un axe d'un degré plus élevé dans l’inflorescence ; et dans la même on peut quelquefois signaler, depuis sa base jusqu'à son sommet, toutes les transitions (pic nous venons d'énumérer. Celle diversité peut compliquer la description , qui doit en tenir compte en l'indiquant d'une manière générale.
La bractée, lorsque c’est le limbe (pii persiste, peut conserver, avec une forme plus élargie rappelant plus ou moins celle de la feuille, sa structure et sa couleur verte, et on la dit alors foliacée. D’autres fois elle se raccourcit et s'épaissit en écaille, ou bien s'amincit en membrane colorée ou transparente, et est alors, en général , formée par la partie vaginale. Lorsqu’elle est réduite à un faisceau grêle, elle prend la forme d'un fil; ou bien très courte, celle d'une arête, ou seulement d’une petite pointe ordinairement roide et noirâtre.
Souvent elle commence à passer à la couleur de la fleur, et les nuances plus ou moins vives qu'on voit dans celle-ci se retrouvent, ou affaiblies, ou tout aussi foncées, dans les bractées, qui alors sont ordinairement assez dilatées : les bractées écarlates de la Sauge éclatante, celles de quelques Mêhmpyres, en fournissent un exemple facile à se procurer.
Par suite de la réduction du limbe dans la bractée, son contour est le plus souvent entier ; quelquefois cependant il est découpé en dents ou en segments plus ou moins profonds (par exemple, dans' ces mêmes Mêlampyres).
§ 229. Les bractées peuvent persister longtemps ou même indéfiniment à la base du pédoncule; mais plus souvent elles sont articulées et tombent de bonne heure : c'est ce dont il faut être bien averti, pour ne pas décrire comme manquant de bractées des inflorescences qui en sont pourvues ; et c'est par conséquent lors-
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qu'elles sont encore très peu avancées qu'il convient de s’en assurer.
fcj 230. Les bractées, hors les cas exceptionnels des inflorescences axillaires (§ 2 2 o ) , doivent conserver entre elles les rapports de position des pédoncules florifères : lorsque ceux-ci, par la réduction de leur axe commun , partent de la même hauteur ou de points très voisins, comme dans les ombelles et les capitules, les bractées se trouvent donc elles-mêmes à la même hauteur, et forment autour de l'axe une sorte de verticille ou de rosette qu’on nomme généralement iuvolucre [mvolucrum ) , et dans lequel elles prennent chacune le nom de folioles, ou quelquefois, d'après leur consistance, d écailles. Si 1 inflorescence est composée , outre un iuvolucre à la base de l'inflorescence générale , on en trouve aussi à la base de chacune des partielles : on distingue ces dernières par le diminutif d'involucelles ( inrolucellum ). Ainsi, dans les Ombell itères, les ombellules sont souvent involucellées (fit). 187, I"), l'ombelle générale involucrée (fig. 187, I '). Le nom français assez significatif de collerette s’applique fréquemment aussi à ces verticilles de bractées : elle est générale ou partielle.
Les folioles de 1 iuvolucre peuvent être rangées en un seul cercle (unismales'j , comme c'est le cas le plus habituel dans ces mêmes Ômbellifères ; ou bien elles peuvent être étagées sur plusieurs rangs ( pluriseriales ) , comme on l'observe souvent dans les fleurs dites Composées. Dans ce dernier cas, serrées les unes contre les autres, les extérieures couvrent le bas des intérieures à la manière des tuiles d'un toit : on les dit imbriquées (/ ig . I 89, I , b). Si elles sont alors nombreuses , on distingue facilement leur arrangement général en spirale en voyant se dessiner plus ou moins nettement les spirales secondaires : les bractées de 4'artichaut, ce qu’on appelle ses feuilles, en fournissent un exemple familier à chacun. Mais quelquefois cette disposition ne se manifeste pas : c’est lorsque les bractées sont peu nombreuses , et notamment sur deux rangs , où celles de l’extérieur, plus petites, ne sont pas semblables à celles de l'intérieur. Quelques uns désignent celte dernière disposition sous le nom d'involucre caliculê.
23 1 . Tantôt toutes les folioles de l'involucre sont libres, tantôt elles se soudent entre elles ou par leur base ou complètement : on dit l'involucre polyphylle ou monophylle , suivant l'un ou l'autre de ces deux cas. Dans le dernier, si les folioles sont sur un seul rang, elles forment une collerette ou entière, ou découpée dans son contour (par exemple, dans les Ihtplevntm) ; si elles sont sur plusieurs ranrrs elles forment une sorte de coupe toute hérissée à l’extérieur
BOTANFQÜF.
d'écaillos ou do pointes qui sont les extrémités libres de ees folioles soudées et confondues entre elles dans tout le reste de leur corps. Telle est l’origine de la cupule ( cupuln ) du gland (Jig. 201 c). L’enveloppe épineuse de la châtaigne en a une analogue : c’est un involuere. et sa peau coriace et brunâtre est un involucelle renfermant plusieurs fleurs, comme l'indique la pluralité des fruits qu’on trouve souvent dans son intérieur. On voit combien toute ressemblance avec la feuille s’est effacée ici complètement , par suite de ces métamorphoses et de ces soudures qui viennent si souvent se placer entre nos sens et l’intelligence claire et facile des faits.
§ 232. Il est clair que , dans ce cas où les bractées se soudent ainsi sur plusieurs rangs , il ne peut se développer de fleurs à l'aisselle que de celles qui sont tout-à-fait supérieures ; mais la mémo chose arrive fréquemment , même dans le cas oii elles sont libres, et le plus souvent l'imbrication entraîne la stérilité aux aisselles de toutes les folioles extérieures d'un capitule. Souvent alors celles-ci se développent d 'autant plus , et celles qui portent des fleurs à leur aisselle sont fort différentes et moindres. Citons encore ici l'exemple de l'artichaut, dont le réceptacle, la partie charnue qu’on mange, bordé de ces folioles stériles, longues, épaisses et vertes, porte sur toute sa surface supérieure, entremêlées avec ses Heurs , d’aulçes bractées courtes , membraneuses et blanchâtres : c'est cette portion qu'on rejette sous le nom de foin.
J1 y a plusieurs plantes où, au-dessous d’une fleur unique, on trouve plusieurs de ces bractées stériles disposées en un involucre monophyllc ou polyphylle, qu'on a nommé alors calicule ou calice extérieur : les Hibiscus , les Malope, les Mauves et beaucoup d'autres Malvacées offrent ce caractère.
§ 233. Quelquefois c'est, une bractée unique qui enveloppe l'inflorescence en partie ou tout entière. Nous avons déjà (§ 207) nommé la spallic ( spalha ) , qu’on rencontre dans un assez grand nombre de monocotylédonées , autour d’un épi de nature particulière , simple dans le spadice, composé dans le régime des palmiers. G est une sorte de feuille engainante à la base, souvent roulée en cornet , quelquefois prolongée au sommet en une languette latérale, tantôt verte (comme dans le pied-de-veau ou Arum vuhjarc
201 . Un gland de chêne. — c Cupule formée par la soudure d'un grand nombre de bractées dont on voit encore les pointes libres et disposées en spirales.
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OKGANKS TRANSFORMÉS. j'J5
[//(/. 183, b] ): tantôt colorée (comme dans le Câlin (éthiopien). Ses bords , qui viennent se raccourcir inférieurement en se soudant ensemble quelquefois, finissent souvent par se fendre ou se séparer, lorsque l'inflorescence ou le fruit en grossissant repousse les parois d une cavité devenue trop étroite. D'îmtres fois on voit alors la spathe se diviser en deux pièces ou valves, parce qu’elle était composée de deux bradées distinctes ou soudées, mais toujours, nécessairement, l'une extérieure à l’autre, d'après la loi de l'alternance constante des feuilles dans les monocotylédones. Sur d'autres points plus élevés du spadice se trouvent quelquefois, à la base de fleurs séparées ou de petits groupes de fleurs, des bractées plus petites qu'on nomme alors spathelles. La spathe paraît destinée à protéger 1 inflorescence dans sa première jeunesse, car à cette époque elle l'enveloppe toujours , quoique dans beaucoup de plantes (comme dans les Tijphu , les l’utlios ) elle ne se développe plus ensuite dans la môme proportion , reste déjetée sur le côté à la base de l'épi , ou mémo se détache d'assez bonne heure. Au reste, une disposition assez semblable s'observe dans plusieurs dicotylédonées, où cette enveloppe , qu'on nomme alors quelquefois spathe, par analogie, et qui serait mieux nommée involucre spathiforme, résulte généralement de l'union ou du rapprochement de deux grandes bractées opposées.
§ 234. Dans les Graminées, à la base des petits épis ou épillets, qu’on a longtemps considérés comme leur fleur, et qui sont disposés eux-mêmes ou en épis ainsi composés, ou en panicules, on observe une ou plus ordinairement deux écailles vertes qu'on a nommées f//»»ics, et qui sont toul-à-fait l'analogue de ces spathes. Mais nous aurons occasion do les faire mieux connaître plus tard , lorsque parmi les familles de plantes nous traiterons de celle-là.