‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 6 sur 258 · AA À À · texte numérisé non relu

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jusqu a un certain point deviner leur forme par l'inspection comparée des coupes horizontale et verticale du tissu. Est-il besoin d expliquer comment les cellules cubiques, coupées, soit verticalement, soit horizontalement, donnent toujours des carrés égauxcomment le dodécaèdre [fig. \ 2 et \ 3) donne dans un sens uncarré et dans le sens contraire un hexagone [fig. I 4 et I 3), etc., etc.?

11 ne faut pas croire au reste (|ue ces figures aient la régularité rigoui eu se des liguies géométriques auxquelles on les compare 11 s’en faut en général de beaucoup. Les angles s'émoussent. les côtés

OHGAÎSES ELEMENTAIRES. 6

d'un môme carré ne sont pas tout-à-fait égaux, les lignes ne sont pas tout-à-fait droites. C'est en partie pour avoir représenté une régularité qui n'est pas dans la nature que la plupart des figures d'anatomie végétale publiées autrefois ont manqué de ressemblance.

Les cellules peuvent donc être courbes sur une partie de leur surface et planes sur l'autre, ('.elle combinaison peut s'allier avec la régularité; par exemple, dans la forme d'un tronçon de colonne cylindrique (fiy. 16 a), d’un tonneau (6).

Enfin elles peuvent être rameuses, c’est-à-dire s'allonger à la fois sur plusieurs points de leur surface et dans différentes directions. C'est par le bout de ces prolongements que les cellules se touchent alors ordinairement, et ordinairement aussi elles sont fort irrégulières ( fi(j. 17). Cependant un certain degré de régularité peut s'allier avec cette modification : ainsi elles imitent quelquefois des étoiles, des tronçons de colonnes cannelées, etc.

§ i . Dans les tissus serrés, lorsque les cellules s’emboîtent exactement les unes entre les autres, se touchant par des surfaces planes, on conçoit qu'il ne peut rester entre elles aucun vide (//</. 7 et I 9). Dans les tissus lâches, et lorsque leurs surfaces courbes ne peuvent

se toucher que par un petit nombre de points, il doit au contraire rester entre elles des intervalles plus ou moins considérables ( fit j. 8, 18); on nomme ces intervalles méats intcrccllulaires ( fiç/. I 8 m ). Il en existe au reste dans la plupart des tissus , parce

1 7. Cellules rameuses prises dans la fève de marais ( Vicia fahn). — Il Lacunes.

18. Tissu cellulaire lâche ou mérenchvme, pris dans une jeune feuille de Joubarbe ( Srmprrrirum leelorum |. — m Méats intercellulaires.

19. Tissu cellulaire de la moelle du Sureau ( Sambucus nigra). Les cellules sont ponctuées ainsi <jue dans )a figure précédente.

que, en raison de ce léger degré d’irrégularité que nous avons reconnu comme un fait général, l'agencement des parties n'est pas rigoureusement exact ; mais ces intervalles sont d autant moindres que le tissu est plus serré.

Entre les cellules rameuses , qui se touchent par les extrémités de prolongements rayonnant d’un centre commun, ces méats occupent nécessairement un espace beaucoup plus étendu, et, dans ce cas, ils prennent le nom de lacunes ( fig . 17// ). C'est celui qu'on donne généralement à tout intervalle un peu considérable compris entre plusieurs cellules, et n’ayant d’autres parois que celles de ces cellules environnantes. Les lacunes offrent souvent une grande régularité , soit considérées en elles-mêmes, 20. soit dans leur position les unes par rapport aux autres (fig. 20).

§ 5. Les cellules peuvent être placées sans ordre appréciable les unes relativement aux autres; c est surtout lorsqu elles sont irrégulières dans leur forme et inégales dans leurs dimensions. Mais lorsqu’elles sont régulières et égales, une certaine régularité se fait aussi remarquer dans leur agencement, et on les voit souvent disposées les unes à la suite des autres par séries rectilignes, soitdans , le sens horizontal , soit dans le sens vertical. Les ! J .1 ( cellules des deux séries voisines qui se touchent W4-4 | peuvent alors être opposées, c’est-à-dire situées

f J I rti à la même hauteur (fig. 21), ou bien alternes,

/ 1 ViJ 1 c'est-à-dire à des hauteurs différentes , de telle

f J y nk? sorte que le milieu de celles d'une série correspond toujours à peu près aux extrémités de celles 21 • 22- des séries voisines (fig. 22). Ce dernier agence-

ment a presque nécessairement lieu lorsqu’elles sont plus larges au milieu qu'aux extrémités : pour la forme dodécaédrique, par exemple (fig. I i et I 3).

§ (i. Les parois des cellules ne présentent pas toujours la même apparence. Tantôt elles semblent formées par une membrane unie et parfaitement homogène (fig. 5, 6); tantôt cette membrane est marquée d'un nombre plus ou moins grand de petits points (/i;/. 23) ou de courtes lignes dirigées transversalement ou obliquement (fig. 24) ; tantôt elle semble doublée à certains intervalles de petits fils ou bandelettes ; ces fils décrivent en général une spirale à tours plus ou moins rapprochés depuis une extrémité de la

20. Lacunes clans le tissu de la Renoncule aquatique {Ritnunculus nquulilis ),

ÜIlGAMis ÉLÊMEiNTAlUES. 7

eelkile jusqu a I autre (fuj. 25) ; ces bandelettes suivent également une direction en spirale, ou se séparent en plusieurs anneaux à peu près horizontaux (/»</. 26), ou dessinent enfin sur la surface une sorte de réseau a mailles plus ou moins grandes (/»</. 27). On s'est

assuré que ces diverses apparences ne caractérisent pas constamment des cellules différentes, mais que la même peut en offrir successivement plusieurs, suivant l'époque à laquelle on l'examine. Il est donc nécessaire de suivre attentivement leur développement pour bien se rendre compte de ces apparences diverses et de la cause qui les produit.

Cet examen nous apprend que la cellule , au moment où nous commençons à l'apercevoir comme un organe distinct, est un petit sac formé par une membrane simple, parfaitement continue et homogène, dont la substance, d’abord molle et humide, se sèche et durcit peu à peu. Elle peut persister à cet état en changeant seulement de volume et de forme. Mais d'autres fois, à une certaine époque ultérieure, sur toute la surface intérieure du sac, il s’en forme une seconde. Cette nouvelle membrane ne paraît pas identique avec la première dans son mode de développement; car, au lieu de s’étendre en une toile continue parfaitement correspondante à la première, elle se rompt en divers points, peut-être parce que le sac intérieur, plus jeune et plus mou que l'extérieur, ne peut pas toujours le suivre assez vite dans son développement. Dans ces points, le premier n’est pas doublé par le second, et de là résulte cette inégalité d’épaisseur à divers endroits de la surface. On pourrait supposer que la membrane interne ainsi distendue s’éraille en un grand nombre de points, et détermine ainsi les ponctuations qu’on aperçoit sur beaucoup de cellules ; mais, le plus souvent, une mer-

23 et 24. Cellules ponctuée et rayée, prises dans le tissu du Sureau [Sambucvs nùjrtt ) .

25, 26 et 27. Cellules spirale, annulaire et réticulée, prises dans le tissu du Oui ( Viscmn album.).

veilleuse régularité paraît présider aux solutions de continuité de l’enveloppe intérieure, qui se déroule du bas en haut de la cellule en un fil ou en un ruban spiral. Si les tours.de cette spire sont éloignés l’un de l’autre par un intervalle appréciable, on a deux zones spirales parallèles, l'une où la membrane externe est doublée par l’interne, l’autre où elle est à nu. Si les tours se touchent exactement, leur intervalle n’est plus indiqué que par une strie extrêmement line ou cessant même d’être perceptible. Mais souvent ils s'écartent un peu de dis’ance en distance, laissant la membrane extérieure à nu dans des espaces qui , pour notre œil . n'excèdent pas en étendue un point ou une courte ligne. De là peut-être la régularité et la direction qu’on observe fréquemment dans ces points et ces lignes dont la cellule se montre toute parsemée. Les bandes en anneaux ou en réseau paraissent susceptibles d’une explication analogue que nous renvoyons à l’exposition des vaisseaux, où le phénomène deviendra moins obscur, à cause de la plus grande échelle sur laquelle nous pourrons l'observer.

L’épaisseur des parois de la cellule peut être successivement augmentée par la formation d’un troisième sac qui sc dépose à l'intérieur du second, d'un quatrième qui se dépose à l'intérieur du troisième, et ainsi de suite. S'il arrivait que le troisième ne se moulât pas exactement sur le second, mais vînt tapisser les intervalles où celui-ci a laissé la membrane primitive à nu , on conçoit qu’il pourrait être aperçu dans ces intervalles et caché dans tous les autres endroits où elle se trouvait déjà doublée. Quelques auteurs ont expliqué ainsi l’apparence en quelque sorte composite de certaines cellules, par exemple, celles sur lesquelles se dessine un réseau dont les aréoles sont ponctuées : le réseau appartiendrait à la seconde membrane, les ponctuations appartiendraient à la troisième.

Mais ordinairement la seconde membrane sert de moule à celles qui se développent successivement à l'intérieur; elles la suivent

dans tous scs contours et s’interrompent

«aux mêmes endroits. C'est cedonton peut se convaincre par la coupe transversale (/»{/■ 28) ou longitudinale ( /<</. 29) de cellules composées d’un certain nombre de couches superposées. On voit ainsi bien nettement plusieurs cercles concen- 29- triques autour d'une cavité centrale , qui est d autant plus petite qu il s’est déposé un plus grand nombre de

i8. Coupc transversale tic cellul.’S prises dans la chair d’une poire.

‘29. Coupe longitudinale des mêmes.

O lUi A NES ÈLÉA1KM Al UES. 9

couches; de cet le cavité partent transversalement de petits canaux qui viennent s'arrêter seulement sur la membrane extérieure et qui correspondent aux solutions de continuité des membranes secondaires. 11 est clair que si elles se ne moulaient pas exactement les unes sur les autres, leurs tours ne se correspondraient pas de manière à former ces canaux continus.

Fl n R ES.

$ 7. Les détails dans lequels «nous sommes entré au sujet des cellules nous dispenseront d'en donner d'aussi étendus au sujet des libres, puisque c'est par la forme seulement qu'elles diffèrent, et que , leur développement étant le même, l'apparence de leur surface doit offrir des modifications analogues.

Nous avons déjà vu que la longueur des fibres est variable : peu prononcée chez les unes, qui se rapprochent des cellules et ont même reçu de beaucoup d'auteurs le nom de cellules allongées; très grande dans d’autres, qui se rapprochent des vaisseaux , et qui ont été souvent classées avec eux sous le nom de vaisseaux fibreux.

Le tissu qui est formé par la réunion de ces fibres a reçu le nom de prosenchyme. Celles qui s’y trouvent placées à peu près à la même hauteur se touchent par leurs côtés; mais, à leurs extrémités amincies, elles laissent nécessairement entre elles des intervalles libres, dans lesquels viennent s'intercaler les extrémités analogues des libres situées au-dessus et au-dessous (//'</. 30). Dans le parencht me , au contraire , les cellules supérieures et inférieures se posent l une sur l'autre par les faces planes ( fig . 19, 21 ) qui les terminent Icellulœ parencliymatis sibi extremilatibus impositæ saut, prosenchymalis apposilœ ).

Leur paroi est en général épaisse et assez dure ; elle est formée d'abord d'une membrane unique et continue, qui peut acquérir, sans l’addition d'aucune autre, un certain degré d’épaisseur. Mais, ordinairement, plusieurs couches se forment successivement de l’extérieur à l’intérieur, de telle sorte que la fibre dont l'axe creux se rétrécit de plus en plus et se réduit enfin presque à rien, peut paraître pleine ou entièrement solide.

Il en résulte que la section du prosenchyme montre 30.

30. l ibres prises dans la Clématite commune ( Clcmtitis vi/albn t.

une niasse en général compacte dans laquelle la proportion des parties pleines l’emporte de beaucoup sur celle des vides; la cavité intérieure des fibres est au plus un canal oblong et grêle, tandis que leurs surfaces extérieures se touchent entre elles assez exactement pour que les méats intermédiaires soient presque nuis. Une autre conséquence de cette juxtaposition est l’aplatissement des côtés en contact, de telle sorte que la paroi de la fibre devient prismatique extérieurement, tandis qu'intérieurcment elle reste cylindrique. C’est ce que montre clairement la coupe transversale d’un prosenchyme suffisamment développé (/ty. 31 ).

Nous avons déjà dit que le développement des fibres est le môme que celui des cellules. L’accroissement de l’utricule primitif ou de la membrane extérieure détermine leurs dimensions en longueur et en largeur; la formation plus tardive des couches intérieures détermine leur épaisseur et l’apparence définitive de leur surface, qui peut conséquemment présenter les mêmes modifications que celles des cellules. 11 arrive néanmoins assez fréquemment que la couche interne tapisse exactement h externe, sans solution de continuité, de sorte que la fibre reste aussi lisse qu’elle l’était dans le

principe. La seconde couche peut aussi se montrer sous la forme d’un fil spiral ou bien de bandelettes unies entre elles en manière de réseau; mais cet état ne se rencontre pas souvent. L’existence des fibres fendillées, etsurtout ponctuées [fuj. 32), est au contraire extrêmement fréquente. Ces ponctuations répondent , comme dans les cellules, aux points où la membrane extérieure n’est pas doublée parles intérieures, et où aboutissent les petits canaux sans issue résultant de ces solutions de continuité. Elles sont particulièrement remarquables dans le bois du Sapin et des autres arbres analogues qu’on désigne vulgairement sous le nom d’arbres verts, et qui forment la famille des conifères, que nous apprendrons à connaître plus tard. Les

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