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Coupe longitudinale des mêmes

ORGANES ELEMENTAIRES. Il

ponctuations y sont assez grandes pour qu'on ait pu d’abord les prendre pour de véritables trous; elles se montrent disposées sur deux séries rectilignes occupant les deux côtés opposés de la fibre, et sont souvent environnées chacune d une aréole plus ou moins large (/if/ . 33). On est parvenu à se bien rendre compte de cette disposition : si I on examine avec un bon microscope une tranche très mince de la fibre coupée suivant un plan qui passerait par les deux lignes parallèles des ponctuations, on voit à l'endroit de la ponctuation la paroi de la libre s’infléchir à 1 intérieur, en déterminant ainsi un petit enfoncement dont le pourtour est circulaire ou elliptique (//</. 3 i ) . C'est cet enfoncement, autrement éclairé que le reste de la surface dont il fait partie, qui forme l'aréole, et à son centre vient aboutir un court canal latéral analogue à ceux de toutes les cellules ou libres ponctuées, et qui forme la ponctuation centrale; et , connue ordinairement les ponctuations de deux fibres voisines se correspondent , il y a à ces points correspondants un petit espace vide de forme lenticulaire, comme on en aurait entré deux verres (le montre appliqués l'un sur l'autre par leur contour.

§ 8. Nous n'avons jusqu'ici appris a distinguer des fibres les vaisseaux ou tubes que par leur extension beaucoup plus grande en longueur. Cette longueur est quelquefois considérable et égale presque celle du végétal entier. On la constate facilement sur des fragments d une certaine étendue, par le passage de fils très fins, crins ou cheveux, qui, introduits à l’un des bouts par l'ouverture béante d'un des canaux, finissent par ressortir à l'autre et prouvent ainsi la continuité du canal. Lorsque celui-ci est très gros et droit, sur une branche de vigne, par exemple, on peut, en appliquant l'œil à un bout, apercevoir le jour à l'autre.

Si I on met à nu un de ces vaisseaux longs et qu'on l'examine suffisamment grossi, on y observe constamment deux caractères : 1° sa surface n'est jamais lisse, comme l'est souvent celle des cellules ou des libres, mais présente toujours ces inégalités que nous avons vues paraître dans celles-ci à un certain âge, sous l'apparence de points, de raies, d'anneaux, etc. ; 2" le cylindre formé par le vaisseau n’est pas parfaitement régulier dans toute son étendue, mais offre de distance en distance des sortes de rétrécissements ou d'étranglements. Ces étranglements sont quelquefois régulièrement espacés et très rapprochés les uns des autres : d’autres fois ils ne se

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montrent que de loin en loin ou séparés par des intervalles inégaux. En observant attentivement les portions de vaisseaux comprises entre deux étranglements successifs , on est frappé de leur ressemblance soit avec un utricule, soit avec une libre ; cette ressemblance devient bien plus évidente encore par l'action de l'acide nitrique étendu d'eau et bouillant , qui détache fréquemment ces portions les unes des autres. Lorsqu'on les a sous les yeux ainsi isolées, on ne les distingue. plus des utricules ou bien des fibres que parce qu'elles sont percées plus ou moins largement aux deux extrémités par lesquelles elles se continuaient avec le reste du vaisseau.

On est porté à conclure de ces observations qu’un vaisseau est formé par une série d’ utricules ou de libres unies bout à bout, et communiquant sans interruption entre elles au moyen d'ouvertures pratiquées à ces deux bouts. Si ce sont des utricules en série, les étranglements seront rapprochés, et la ligne qui les dessine sera horizontale ou légèrement oblique, comme le sont, les faces par lesquelles les cellules se superposent ordinairement (/î;y. 32). Si ce sont des libres en série, les étranglements seront plus ou moins écartés les uns des autres, et la ligne qui les dessine extrêmement oblique, puisque c'est le côté du côné eflilé par lequel les fibres se terminent (/ig. 33).

En admettant ce qui précède , les vaisseaux sont des organes déjà moins élémentaires que les utricules et les fibres, puisqu’ils sont composés par l'union de plusieurs de celles-ci. Nous ne devons pas être étonnés de retrouver sur leur surface ces mêmes apparences de points j de raies, de bandes formant une spirale continue, ou détachées en anneaux ou réunies en réseau, etc., etc., que nous avons signalées dans les utricules ou les fibres ; mais de ce qu’ici nous les rencontrons constamment, tandis que dans les utricules nous avons vu qu’elles n'existaient pas dans l'état primitif et résultaient avec l'âge de l'addition de couches nouvelles et plus intérieures , nous devons conclure que les vaisseaux , tels que nous les avons décrits, ont déjà un certain âge, qu'ils ne se sont pas faits ainsi de toute pièce, mais qu'ils ont auparavant passé par d'autres formes.

En effet, si l'on prend un végétal ou une partie de végétal h sa première apparition, on n’y trouve pas la moindre trace de vaisseaux, mais seulement des utricules fermés par une membrane lisse et homogène. Ce n’est que plus tard qu’on verra certains de cqs utricules s'allonger en fibres; et c'est plus tard encore que les parois perdront leur homogénéité, et que les vaisseaux se montreront . I ls auront

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passe* par lt*s mémos périodes de formation que les ntrieules et les fibres: un sac membraneux, d’abord simple et continu, s'est épaissi par l’emboîtement d'autres sacs diversement brodés à jour; en même temps il se soudait intimement avec des sacs semblables à lui , placés, l'un au-dessus et l'autre au-dessous ; mais la partie des parois ainsi soudée , au lieu de s’épaissir comme le reste , s’amincissait et disparaissait en partie. Les diaphragmes qu'on devrait attendre à ces plans de jonction, s'ils ne sont complètement effacés, sont représentés ou par un petit repli qui suit leur contour, ou par un réseau à jour. On a ainsi un canal continu fermé extérieurement par une membrane continue elle-même, simple sur un grand nombre de points diversement disposés, doublée ou triplée, etc., dans tout le reste de sa surface intérieure.

On a distingué différentes sortes de vaisseaux d'après la forme générale de leur tube et d’après les diverses modifications de leur surface. Nous allons les indiquer successivement et brièvement. Dans cette série d' ntrieules ou de libres, nous n'avons nécessairement affaire qu'à une combinaison de formes, à une répétition d’apparences déjà connues. Cependant, aux détails déjà donnés, nous pourrons en ajouter quelques nouveaux ; car c'est dans les vaisseaux, à cause de leur volume beaucoup plus considérable, que ces modifications se montrent h* plus nettement, et qu’elles ont été le plus tôt et le mieux étudiées.

Nous avons annoncé tout-à-l'heure que la surface des vaisseaux est toujours inégale, marquée de points ou de lignes, qui naturellement se distribuent comme sur celles des ntrieules , c’est-à-dire suivent en général une direction spirale: aussi les trouve-t-on, Cuis la plupart des ouvrages modernes, traités sous le nom collectif de vaisseaux ou tubes spiraux [rasa spiralia, tubuli spirales)i, pour les distinguer des vaisseaux à parois lisses, soit des vaisseaux dits fibreux , dont nous avons parlé déjà au sujet des fibres , soit des vaisseaux propres ou laticifères, dont nous parlerons plus tard.

Parmi les vaisseaux spiraux eux-mêmes, on a distingué les vrais ou trachées; les faux, qui comprennent les vaisseaux annulaires, réticulés, rayés, ponctués, etc.

§ 9. Trachées. — Les trachées sont formées d'un cylindre membraneux dans 1 intérieur duquel s'enroule un fil spiral. Ce cylindre se montre, sans aucun changement de forme ou de surface, dans une longueur assez considérable, puis se termine en s'effilant en cône à ses deux extrémités , sur lesquelles viennent souvent s’appliquer celles d autres trachées qui continuent ainsi la pre-

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mièrc on haut ol on bas. Co sont donc réellement des fibres très allongées qui composent les trachées (/»</. 35).

Le fil spiral de la trachée se continue sans interruption d'un bout à l’autre de chacune de ces fibres. On le compare ordinairement au fil de cuivre qui forme l'élastique des bretelles; et c'est donner une image assez fidèle de sa disposition. Sa couleur est ordinairement d'un blanc nacré. Quant à sa forme mémo, elle a été diversement décrite ou supposée par les auteurs : les uns ont voulu que ce fil fût lui-même un tube creux; les autres qu'il fût creusé en gouttière du côté interne; d'autres lui ont assigné d'autres formes diverses. Les observations les plus exactes, à l aide des instruments les plus parfaits que nous possédions maintenant , font voir ce fil toujours plein , mais variant de forme suivant les places et les parties dans lesquelles on l’a pris; il est quelquefois aplati en ruban, plus souvent épaissi , et sa coupe présente un cercle, une ellipse ou un quadrilatère. Quand on tire légèrement la trachée rompue , les tours de spire s’écartent l'un de l'autre, et le fil se déroule ( ficj. 36) comme celui de l'élastique de bretelle soumis à une semblable traction. Quand on casse doucement de jeunes branches (de Sureau, par exemple), on voit quelquefois le fragment inférieur rester suspendu au supérieur par des fils tellement ténus, que l'œil a peine à les apercevoir : ce sont ceux des trachées déroulées, et cette propriété a fait souvent désigner ces vaisseaux par le nom de trachées déroulables, qu'on oppose à celles des autres vaisseaux spiraux qui ne le sont pas. Au reste, cela n'a pas lieu à tous les âges indifféremment : dans la t rachée extrêmement, jeune , dont le tissu est encore un peu mou, le fil n'a pas encore l'élasticité qu'il doit acquérir plus tard, et se rompt avec le tube sans se dérouler. Il peut la reperdre dans la vieillesse, sans doute en se soudant intimement aux parties voisines.

L'écartement des tours de spire entre eux varie, et généralement chaque tour touche immédiatement les deux tours les plus voisins, au-dessus et au-dessous de lui (/ùj. 36). Alors, dans leur intervalle, pour ainsi dire nul, la membrane extérieure ne peut s’apercevoir; sans doute, unie au fil, elle le suit en se déchirant lorsqu'on le lire et le déroule. D'autres fois les tours laissent entre

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eux un inlervalle apercevable quelquefois , et môme beaucoup plus grand que l’épaisseur du fil : et c'est seulement dans ces cas qu'on peut voir un peu nettement la membrane extérieure [fuj. 37, 40).

Quant à la direction que suit la spirale delà trachée , on a remarqué qu'il y en a une beaucoup plus fréquente quel autre : c’est celle de droite à gauche, si l'observateur suppose le vaisseau placé devant lui dans sa position naturelle, c'est-àdire l'extrémité la plus éloignée du sol tournée en haut. Souvent on suppose l’observateur placé dans l'axe du cylindre autour duquel s'élève la ligne spirale; et il est clair qu’ainsi sa direction se présente inverse, c’est-à-dire de gauche à droite [fuj. 38). Sous le microscope, la face du vaisseau tournée vers l'observateur se trouve, par rapport à lui, dans la première position; la face tournée de l’autre côté se trouve dans la seconde, et les deux directions se croisent. Si le vaisseau est assez fin pour que ses deux faces se trouvent ensemble à peu près dans le champ du microscope, il paraîtra donc parcouru par deux fils qui suivraient deux directions opposées, et qui dessineront ainsi dans leur croisement un réseau de petits losanges (/ ig . 38). Quelques botanistes ont été trompés par cette apparence, dont ils n’ont pas su se rendre compte. Quelle (pic soit la direction de la spire, elle ne change pas d une extrémité à l’autre de la fibre trachéale.

Le plus souvent le fil contourné en spirale est unique ; mais il n'est pas rare de le voir double (/»'</. 38). Quelquefois il y en a un plus grand nombre ( fi<j. 39); et dans le Bananier on en a compté jusqu'à plus de vingt. Ces fils, rapprochés et parallèles, forment alors comme un ruban spiral qu’on peut dérouler lui-même. Il est évident que dans ce cas la direction des tours de spire doit être d'autant plus oblique que le ruban est composé d'un plus grand nombre de fils juxtaposés , puisqu’ entre deux tours d'un même fil il y a toujours toute la largeur du ruban. Au contraire, lorsque le lil est unique et que ses deux tours se touchent, comme dans un élastique de bretelle, ils ne sont séparés que par l'épaisseur 40.

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