‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 62 sur 258 · ABSORPTION · texte numérisé non relu

ABSORPTION

il est clair que l’absorption s’exerce encore, mais à un degré insuffisant.

Nous avons dit ( § 1 1 1 ) que l’élongation de la racine et de toutes ses ramifications a lieu exclusivement par leur bout , qui , par conséquent, se trouve à l’état de tissu naissant pendant tout le temps (pie se maintient l'activité de la végétation. Ce n’est donc pas paisible d’une modification particulière du tissu gonflé et agissant à la manière d’une éponge, comme on l’avait supposé, que les extrémités radicellaires pompent 1 humidité qui les environne ; c’est, au contraire , parce que leurs cellules naissantes, et comme telles déjà gonflées de sucs épais, se trouvent dans les conditions les plus favorables pour l’endosmose. Leur épiderme n’est pas encore formé ; il l’est plus liant, et oppose à l’absorption une couche plus sèche, moins perméable.

§ 2G0. Le liquide environnant est absorbé d’autant mieux et en plus grande quantité qu’il est plus fluide. Dans la terre, c’est l’eau tenant en dissolution les diverses matières solubles qui s’y rencontrent et varient suivant les sols. La dissolution de ces matières doit être complète ; et, si elles sont en suspension seulement, elles ne peuvent passer, si menues qu’elles soient. En mélangeant avec de l’eau une poussière , la plus fine, la plus impalpable qu’on peut obtenir, mais qui ne peut s’y dissoudre directement, celle de charbon , par exemple , et en l’offrant en cet état à l’absorption des racines , on observe que l’eau passe seule dans ces racines , et que tout le charbon reste au-dehors, sans qu’il soit possible d’en retrouver un seul atome au dedans. Avec presque toutes les infusions colorées on obtient le même résultat: l’eau , en passant dans l’extrémité radicellaire , se dépouille à son passage de la matière colorante, qui se dépose à la surface.

§261. On a cherché si cette surface absorbante pouvait manifester une action vitale , une sorte de choix dans l’admission des matières qui se présentent à elle. La réponse paraît négative , puisqu’elle admet facilement un grand nombre- de solutions vénéneuses pour la plante, et qui ne tardent pas à la faire mourir après avoir pénétré dans son intérieur. On cite cependant un fait contraire, celui d’une plante nourrie à l’aide d’une solution aqueuse de nitrate de strontiane; cas dans lequel l’eau fut absorbée, et le sel resta dehors en totalité , comme s’il avait été seulement en suspension. Quant aux expériences de Saussure , d’après lesquelles , en offrant à la plante certaines matières en dissolution , on trouve que l’eau passe en plus grande proportion que la matière dissoute, ou que de deux matières dissoutes dans la même eau, I une pé-

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nôtre on ] > 1 u s grande quantité que l'antre; il en a lui-même tiré une conséquence pleine de sagacité, en pensant que cet effet a lieu , non en vertu d'une .sorte il 'affinité , mais en raison du degré do 11 uidi.té ou de viscosité des différentes substances. 11 attribuait à la finesse du filtre fourni par la membrane végétale cet effet dont 1 endosmose doit être une autre cause encore plus puissante.

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