CIRCULATION. SÈVE ASCENDANTE
d'obstacle , et comment elle peut ainsi franchir rapidement de grandes distances qu’elle eût parcourues lentement de cellule en cellule.
Remarquons ici que le centre des racines est occupé dans leur longueur par des faisceaux de vaisseaux qu’on peut suivre jusqu'auprès des extrémités où l’absorption commence. Le liquide absorbé rencontre donc presque aussitôt cette voie plus rapide ; et c’est sans doute là une raison de plus pour que l'effet de l’absorption des extrémités soit bien plus prompt et se fasse sentir bien plus vite sur tout le reste de la plante.
§ 255. La physique nous apprend que dans les tubes extrêmement fins, et qu'on nomme capillaires, en les comparant à celui d’un cheveu, la paroi interne du canal exerce sur le liquide, contenu qui la mouille une sorte d’attraction qui détruit une partie de l'effet de la pesanteur, et détermine ainsi l’ascension de ce liquide audessus du niveau où il se serait autrement arrêté. La plupart des vaisseaux dans le végétal sont, par leur ténuité, autant de tubes capillaires, et doivent exercer sur leur liquide contenu cette action qui le fait monter à une certaine hauteur, et vient s’ajouter ainsi à celle de l’endosmose. Avant que cette dernière fût connue, c’était à l'influence de la capillarité qu’on attribuait la plus grande partie du mouvement ascensionnel de la sève, sans pouvoir cependant expliquer par elle seule tous les phénomènes qui l’accompagnent.
Lorsqu'on plonge dans l’eau , ou dans tout autre liquide suffisamment léger, le- bout d’une branche nettement coupée, ce liquide pénètre par les orifices béants des vaisseaux, et monte immédiatement, par l'effet de la capillarité, jusqu’à un certain point. On conçoit que dans ce trajet l’action de l'endosmose s’exerce à travers les parois des vaisseaux et les cellules environnantes ; de sorte que ce bout coupé supplée à l'action absorbante des racines. C’est pourquoi , en plantant un végétal dont les fibrilles et les extrémités radicellaires desséchées sont devenues incapables d'absorption, comme cela a si fréquemment lieu dans les transplantations, les jardiniers ont soin de rafraîchir les racines, c’est-à-dire de les couper au point où ils voient leur fraîcheur et leur vitalité bien conservées. C'est encore la même cause qui permet de multiplier les plantes par bouture , en fixant dans un milieu suffisamment humide l’extrémité d’une branche, qui pompe par sa section les sucs au moyen desquels sa vie se prolongera assez longtemps pour qu’elle puisse produire des racines adventives et rentrer alors dans les conditions d’une plante enracinée. La fraîcheur conservée