FLEUR EN GÉNÉRAL. — ADHÉRENCES
irois; el un fait bien digne de remarque, c’est que le premier se rencontre dans la majorité des plantes dicotylédonées, le second bien plus général encore dans celle des monocotylédonées. La fleur du Crassula, que nous venons de décrire, peut être citée comme un type des premières; celle du Lis [pg. 218), de la Tulipe, des Scilla ( fi g. 226) et de la plupart des Liliacées, comme type des secondes. Celle-ci se compose d’un verticille de trois folioles i fig. 226, p' p' p‘), de trois autres ( p" p" p" ) sur un cercle plus intérieur alternant avec les premières, auxquelles elles sont plus ou moins semblables; de trois étamines (e') opposées aux premières, puis de trois autres [e") opposées aux secondes et par conséquent un peu plus intérieures; enfin, de trois carpelles (o) soudés au centre de la fleur, alternant avec les folioles et les étamines intérieures. Ce type peut donc être considéré comme formé de cinq verticilles ternaires, deux de folioles calicinales, deux d’étamines et un de carpelles.
§ 363. Adhérences des parties de la fleur. — Deux fleurs OÙ le nombre des verticilles est égal ainsi que celui des parties qui composent chacun d’eux, peuvent cependant se distinguer par beaucoup de caractères, par des différences de grandeur, de formes, de couleurs. Un de ceux (pii contribuent le plus à déterminer des combinaisons variées, c’est la réunion ou soudure des parties voisines entre elles ; de telle sorte qu’elles ne semblent plus présenter qu’une pièce unique, au lieu de plusieurs distinctes. Dans les fleurs que nous avons citées précédemment, malgré le soin que nous avons pris d’en choisir où toutes les parties fussent indépendantes comme les feuilles d’un rameau, nous avons cependant rencontré déjà quelques-unes de ces réunions : colin des carpelles du Nénuphar et du Scilla , toile que le pistil constitue un corps simple en apparence; celle dos folioles calicinales du Crassula, qui se confondent en une sorte de coupe à leur base. Ces
226. Fleur du Scilla ilalica, vue par en haut. — p’ p’ p’ Les trois folioles extérieures du périanthe. — p" p ” p” Les trois folioles intérieures. — i” htamines opposées aux premières ou extérieures. — e” Étamines opposées aux secondes ou intérieures. — o Ovaires soudés en un seul. — s Trois styles confondus en un seul. — On peut voir. fig. 233, 1 le diagramme d’une fleur toute semblable.
sortes de soudures existent fréquemment, tantôt sur un point, tantôt sur un autre, tantôt sur plusieurs a la fois. Examinons d’une manière générale les principales modifications qui peuvent en résulter.
§ 364. C’est entre les parties d’un même verticille que la réunion peut avoir lieu, et, comme on le comprend d’avance, à différents degrés qui les confondent plus ou moins intimement ou laissent plus ou moins visible leur indépendance essentielle. Ce peuvent donc être les pièces du calice qui sont ainsi soudées les unes avec les autres par leurs bords jusqu’à une plus ou moins grande hauteur, ou bien ce peuvent être les pétales. Dans ce cas. on dit que le calice est monophglle (nom que nous avons déjà vu employer en pareil cas pour les bractées formant involucre [§ 231]), la corolle, mono pétale, en opposition avec les termes polijphyUe , pol ijpélalc , par lesquels on désigne l’éfat contraire, dans lequel les folioles ou pétales qui, au nombre de plusieurs, composent le calice et la corolle, sont tous indépendants et entièrement distincts. On a assez justement critiqué les premiers termes qui, d’après l’étymologie (p.ovo;, unique), sembleraient indiquer qu’d n’y a qu’une seule foliole, qu’un seul pétale. Mais ils sont adoptés depuis si long-temps et si généralement, qu’il est bon de les conserver, en se rappelant bien que le calice ou la corolle ainsi nommés sont composés, non pas d’une partie unique mais de plusieurs parties soudées ensemble en une seule pièce. On avait proposé les noms de gamophylle , gamopétale à la place des précédents (deyauioç, noce, union); mais, outre l’inconvénient de substituer des noms nouveaux à d’autres habituellement employés, ils ne seraient pas eux-mêmes, par leur justesse, à l’abri de tout reproche, ainsi que nous le verrons en étudiant le développement de ces parties (§421). Gardons autant que possible les anciens noms après les avoir bien définis, ce qui fait disparaître tous les inconvénients de leur impropriété.
§ 365. La cohérence peut avoir lieu entre les étamines. Si elles sont élargies à la manière des pétales, elles peuvent se joindre de la même manière par leurs bords (fig. 272); mais plus souvent elles sont rétrécies en fdets qui ne viennent à se toucher et se confondre qu’aufant qu'ils sont assez nombreux ; et alors on les voit souvent se réunir, non pas en un cylindre unique, mais en plusieurs faisceaux ou adclphies (d’àosXcps £oç, fraternel, /ty. 238, 322).
§ 366. Enfin, c’est entre les parties du verticille le plus intérieur, les carpelles, que la réunion peut exister; et comme ils se présentent l’un et l’autre par des faces et non plus par des bords, comme d’ailleurs ils occupent le centre de la fleur, le corps qui résulte de celte réunion est un solide beaucoup plus simple en