‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 83 sur 258 · du Naias minor , 1 — 2 de la fleur lemellc du · texte numérisé non relu

du Naias minor , 1 — 2 de la fleur lemellc du

N. major.

mûrier parait le même que celui de la ronce, quoique le premier représente les pistils de plusieurs fleurs rapprochés en un épi court, et le second ceux d'une fleur unique disposés sur un torus un peu allongé. C est que, en effet, ainsi que M. Rœper l’a si bien montré,' il existe une grande analogie entre les inflorescences et les (leurs qui en sont les parties composantes, et que leur différence disparait presque complètement si les parties de l’inflorescence deviennent aussi simples que celles de lu fleur; ce qui arrive nécessairement lorsque celle-ci a subi ce degré de réduction dont nous venons de parler. Comment donc distinguer d’une fleur unique une inflorescence formée de fleurs très-simples? Si celles-ci (étamines ou pistil) se trouvent entremêlées de petites bractées, si elles ne se succèdent pas, dans l’ordre accoutumé, de l’extérieur à l’intérieur, on est averti, par la présence de ces parties nouvelles ou par cette combinaison insolite des parties ordinaires, qu’on a sous les yeux un composé. La comparaison des plantes voisines sert surtout à éclairer dans ces cas douteux. Le genre Euphorbe, cité déjà, et dont l’examen est facile par la fréquence de plusieurs de ses espèces, peut nous servir encore d’exemple sous ces divers rapports. En voyant que ses étamines sont articulées vers leur milieu, et qu’à la base de l’article inférieur s’observent de petites lanières, on aurait déjà pu soupçonner que ces articles étaient autant de pédicelles accompagnés de leurs bractées; mais l’on ne pouvait conserver aucun doute en voyant dans tous les genres voisins d’Euphorbiacées les fleurs constamment diclines et extrêmement simples, réduites, d’une part, à un très-petit nombre d’étamines, quelquefois à une ou deux, de l’autre, à un pistil, et en réfléchissant que quelques-unes des premières, groupées autour d’unedes secondes, reproduiraientexactement. une fleur d’euphorbe. Cependant on doit avouer que, dans certains cas, ces signes distinctifs peuvent manquer et l’analogie ne jeter sur la question qu’une lumière douteuse. Ainsi le Lilea a un épi tout chargé de bractées disposées en spirale, et à l’aisselle de chacune d’elles on trouve une étamine, puis un carpelle, et chacune de ces petites combinaisons est une fleur. Qu’on en prenne six semblables et qu’on les groupe en un verticille. et l’on aura une fleur de Trii/lo- <hin , avec son calice à six folioles, ses six étamines et autant de carpelles. 11 est bien clair que nous appelons ici parties de la fleur ce que dans le cas précédent nous appelions la fleur même, foliole calicinale ce que nous appelions bractée. Qu’en conclure? La transition graduelle des parties végétales les unes dans les autres, composées aussi bien que simples. Nous suivons ici le passage in-

FLEUR EN GÉNÉRAL. — RÉDUCTIONS. 303

sensible de l'inflorescence à la lleur, comme auparavant nous avions suivi celui des rameaux à l'inflorescence, comme nous avions vu la feuille passer successivement à la bractée, à la foliole calicinale et aux autres organes floraux. Mais, si ces passages se rencontrent pour nous avertir de ne pas exagérer la distinction des parties autant qu’on le faisait autrefois; d’une autre part, le plus souvent leurs différences sont trop nettes pour nous permettre de les confondre toutes dans une unité qui anéantirait la science à force de la simplifier.

§ 386. Nous avons déjà vu ces parties de la fleur susceptibles d’un nombre considérable de combinaisons diflerentçs par la multiplication ou par la diminution, qui peuvent porter tant sur les vertieilles entiers que sur les éléments de chacun d’eux. Ces deux causes principale6de modification peuvent agir ensemble. Ainsi, dans le Magnolia ou le Tulipier, que nous avons cités, le verticille calicinal, borné à trois folioles seulement, était au dessous du nombre le plus ordinaire dans les dipotylédonées; les pétales étaient également disposés par vertieilles ternaires, ayant subi par conséquent cette même réduction ; mais il y avait plusieurs de ces vertieilles, et de cette multiplication s’ensuivait nécessairement celle des pétales. Dans des genres de la famille voisine des Anonacées ( Hemi stemrna , Pleurandra ) les étamines manquent tout à fait sur l’un des côtés de la lleur, mais, par compensation elles se trouvent multipliées de l’autre. Dans le Millepertuis commun, les étamines sont multipliées ; mais elles sont disposées en trois faisceaux résultant de dédoublement, et leur verticille se trouve ainsi réduit à trois: tandis qu’il revient à cinq dans quelques autres.

La loi d’alternance des vertieilles successifs se maintenant, on conçoit comment leur nombre augmenté dans la fleur doit y altérer le rapport apparent des parties. On s’étonnait de voir les étamines opposées aux pétales, et ceux-ci aux folioles calicinalcs, dans la fleur de l’Épine-Yinette ; mais tout s’explique en observant que les verticilles sont réduits à trois parties , et en même temps chacun doublé , de manière que les parties doivent s'opposer si on les prend six par six, comme on l’avait fait : c’est l’alternance de six en six qui ici eût été une exception à la règle.

§ 387. Dégénérescences et transformations des parties de la

lleur. — Après avoir examiné comment la fleur peut varier d’après les combinaisons de nombre et de situation des parties qui la constituent, recherchons les différences qui peuvent dépendre d’un tout autre ordre de causes, des modifications de forme de ces parties. Ces modifications seront exposées plus complètement plus tard, et nous

nous contenterons d’énoncer ici d’une manière générale qu’elles peuvent porter ou également sur toutes les parties d’un verticille, ou inégalement sur quelques-unes d’entre elles; que ces parties peuvent être modifiées non seulement dans leurs dimensions et leurs figures, mais souvent même dans leur structure, et par suite dans leurs fonctions. Les étamines du grand genre Diosma, dont les espèces sont assez communes dans les orangeries, peuvent fournir un bon exemple de ces sortes de modifications, et même ce genre a été divisé en plusieurs d’après cette considération. Le type des fleurs de cette famille est le plus commun des dicotylédonées : cinq foiioles ealicinales, cinq pétales doublés chacun d’une étamine, cinq étamines, cinq carpelles. Or, dans ces différents genres formés aux dépens du Diosma , les étamines opposées aux pétales ont tout à fait changé de forme et de structure; tantôt elles ont celles du pétale lui-même, mais amoindri [Agathosma) ; tantôt celles d’une courte languette pétaloïde (. Barosma); tantôt celle d'un filet, ou extrêmement court (Acmadenia), ou allongé ( Adenandra ) et portant une glande à son sommet; tantôt enfin celle d’un simple repli glanduleux.

La place qu’occupent dans la fieur les organes ainsi métamorphosés indique leur origine et la partie qu’ils représentent. Ainsi, lorsque dans le Clavija, genre de Myrsinées, on trouve cinq petites palettes, de la consistance des pétales, intermédiaires entre eux et les étamines, et alternant avec les uns et avec les autres, on reconnaît qu’elles occupent la place normale d’un verticille d’étamines, et on prononce que ce sont des étamines transformées. On s'explique alors comment les étamines qui ont conservé leur véritable forme se trouvent là opposées aux pétales ; et quoiqu’on ne retrouve pas ces autres étamines modifiées dans tous les autres genres de la famille des Myrsinées, remarquable par cette opposition constante des pétales avec les étamines , on comprend que celles-ci ne formaient pas le verticille suivant immédiatement, mais qu’entre les deux s’en trouvait un qui tantôt a changé de forme, tantôt a disparu complètement ; et, en général, toutes les fois que deux verticilles qui se suivent s’opposent , au lieu d’alterner , suivant la règle, il est bon de rechercher la présence de ces traces du verticille qui manque, et il arrive souvent de les trouver. Ces parties métamorphosées qu'on appelle ordinairement accessoires dans la fleur, et qu’on désigne le plus souvent d’après leurs formes et leur nature apparente, étaient pour la plupart confondues par Linné et beaucoup de ses successeurs parmi les corps auxquels on donnait le nom de nectaires.

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