FLEUR EN GÉNÉRAL. — TRANSFORMATIONS
$ 388. Lorsque les parties (l’un même verticille se développent inégalement, de manière qu’elles ne sont pas toutes semblables entre elles pour la forme ou la grandeur, on dit qu’il est irrégulier. 11 est donc d’autant plus régulier que cette similitude et cette égalité sont plus parfaites; et quand elles le sont, il est clair que si l’on divise le verticale en deux moitiés, elles sont semblables, quelle que soit la direction suivant laquelle la division se fait. Une fleur irrégulière est celle qui a un ou plusieurs verticilles irréguliers; mais, en général, on lui donne seulement ce nom quand l’irrégularité porte sur les verticilles extérieurs, formant les enveloppes * et beaucoup plus apparents que les intérieurs.
$ 389. Peut-on déterminer quelques-unes des causes qui doivent influer sur ce développement inégal des parties homologues de la Heur et par suite de son irrégularité? Toutes les fois que les parties d’un même verticille ne seront pas situées dans des conditions exactement semblables, on conçoit que leur inégalité se produira naturellement: et cela est si vrai que, même dans les fleurs habituellement régulières, si l’un des côtés vient à se trouver accidentellement gêné par quelque obstacle, ou'' privé de la lumière qui éclaire l'autre, il est contrarié, modifié, arrêté dans son développement. Or, la position que les fleurs prennent par rapport soit les unes aux autres, soit avec les différents axes dans l’inflorescence, varie suivant les plantes, et. est constante dans une même; de telle sorte qu’elle doit créer dans un grand nombre de cas, soit pour toutes les fleurs de certaines plantes, soit seulement pour plusieurs d’entre elles, quelques-uns de ces obstacles qui , n’étant plus ici passagers ou accidentels, mais résultant de l’état même des choses, doivent produire un effet lui-même constant. Ainsi, dans une Scabieuse (fi g. i 88), nous voyons les fleurs serrées en un capitule dans lequel toutes celles qui forment le cercle le plus extérieur et ont un libre champ pour se développer sont devenues en effet beaucoup plus grandes que celles du centre; et, comme le champ est plus libre du côté extérieur que de l’intérieur, leur corolle s’est moins développée vers le dedans que vers le dehors : toutes les autres fleurs du capitule en dedans de ce cercle, également gênées de tous les côtés, sont restées moindres, mais régulières. Nous avons donc ici un double exemple , celui de fleurs d’une même inflorescence dissemblables entre elles, celui des parties d’une même fleur inégalement développées, le tout en vertu de leur situation relative.
Dans les ombelles (fiq. 187), il est fréquent de voir de la même cause résulter les mêmes effets. Dans les épis, si la fleur n’est pas
tout ii fuit perpendiculaire à l’axe, mais plus ou moins oblique sur lui , le côté par lequel elle le regarde y trouve un obstacle à son libre développement, qui tend à s’arrêter plutôt de celui-là que de l’autre, et c’est d’après ce principe que les fleurs ainsi disposées sont assez souvent irrégulières [fig. 183). Il n’est pas besoin d’expliquer comment des phénomènes analogues peuvent se montrer dans diverses autres inflorescences par des combinaisons du même genre.
.§ 390. Si maintenant nous considérons une fleur isolément, et tpie nous recherchions les causes d’irrégularité qu’elle peut renfermer en elle-même, nous verrons qu’elles ne manquent pas. Parmi les feuilles des rameaux, celles qui sont disposées par verticilles se développent, en général, concurremment dans chacun de ceux-ci. .et présentent les mêmes formes et les mêmes dimensions; celles qui sont situées à des hauteurs différentes, d’autant plus tardives qu’elles sont plus élevées sur le rameau, offrent de bas en haut des dimensions décroissantes et souvent aussi des formes diverses. Il en est de même pour ces feuilles modifiées qui constituent les parties de la fleur. Nous avons vu déjà (§ 380) que ces parties, resserrées sur un cercle d’autant plus étroit qu’elles appartiennent à un verticille plus intérieur, tendent d'autant plus à l’avortement. Nous savons aussi que, si elles sont souvent exactement verticillées, c'est à dire sur un même plan, souvent aussi ces parties ne sont pas disposées sur un cercle , mais bien sur une ligne spirale , les unes par conséquent un peu plus bas ou un peu plus extérieurement que les autres : or, dans ce cas, elles ne sont pas toutes placées dans des conditions identiques, et celles qui se trouvent un peu plus haut ou plus intérieurement ont un champ moins libre pour leur développement un peu plus tardif; elles peuvent plus facilement avorter, ou s’arrêter à de moindres dimensions. Non-seulement dans des corolles très-irrégulières, comme celles des Balsamines ou des Papilionacées; mais aussi dans des fleurs presque régulières, comme celles des Malpighiacées,on verra nettement les pétales d'autant plus grands qu’ils sont plus extérieurs.
§ 391 . 11 y a encore une disposition qui tend à placer les parties d’un même verticille dans des conditions différentes les unes par rapport aux autres: c’est l’obliquité du torus relativement au pédicelle, obliquité qui tend à élever les unes en abaissant les autres. Or, en examinant un grand nombre de fleurs irrégulières, on se convaincra que l’axe de la fleur n’y continue pas en ligne droite celui du pédicelle, mais s’infléchit plus ou moins par rapport à lui; que la fleur est située plus ou moins obliquement au sommet du
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