‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 85 sur 258 · IRRÉGULARITÉ · texte numérisé non relu

IRRÉGULARITÉ

pédicelle. Dans les Ileurs bien régulières, au contraire, le plan du plateau qui l'orme le torus est perpendiculaire à ce même sommet.

§ 392. 11 y a donc, dans les rapports mêmes des parties de la fleur les unes avec les autres, dans leurs rapports avec le pëdicelle, dans leurs rapports soit avec les axes, soit avec les autres Heurs de l’intlorescence, soit enfin avec toute autre partie de la plante à laquelle elles appartiennent, des causes inhérentes d’irrégularité. Ces rapports, d’après lesquels elles se trouvent prédisposées à des développements inégaux, peuvent encore agir d’une autre manière en les disposant aussi quelquefois à des soudures qui eqlientetconfondeni plusieurs ensemble plus ou moins complètement. Cependant toutes ces règles ne doivent être admises qu’en thèse générale ; elles peuvent être modifiées ou interverties d’après diverses circonstances secondaires qu’il serait trop long de rechercher ici. et dont la connaissance d’ailleurs n’a pu encore atteindre un degré de précision tel qu'on puisse formuler des lois nettes et constantes. On comprend combien, dans cet espace étroit où s’accumulent et se pressent les parties de la Heur, les rapports sont difficiles à mesurer et sont fréquemment altérés. 11 nous suffisait d'indiquer comment ce point de l’organisation végétale n’échappe pas entièrement à l’observation et au calcul des botanistes, et leur ouvre un nouveau champ de recherches.

§ 393. Il ne faut pas confondre les fleurs régulières et les Heurs symétriques. Les premières peuvent se partager dans tous les sens en deux moitiés exactement semblables; les secondes ne le peuvent que suivant un seul plan, et ce plan est généralement parallèle et perpendiculaire à celui de l’axe qui porte la fleur. On peut le vérifier sur les fleurs de Verveine et de Scabieuse ( fig . \ 83, \ 88) que nous venons de citer; et l’on verra que, par un plan ainsi mené, on les partage en deux moitiés tout à fait pareilles, l’une de droite, l’autre de gauche. Suivant tout autre plan les deux moitiés cesseraient de se ressembler. C’est que, si les conditions étaient différentes en dehors et en dedans, en haut et en bas, pour les parties de la corolle, elles se trouvient précisément semblables adroite et à gauche.

Il peut donc y avoir des fleurs symétriques, quoique irrégulières, et c’est même le cas le plus fréquent pour celles-ci : celui où il y a défaut de symétrie en même temps que de régularité est beaucoup plus rare.

§ 394. Préfloraison. — Il y a une époque où tous ces rapports de position des parties de la fleur qui viennent de nous occuper sont le plus manifestes et le plus faciles à déterminer; c’est dans

le bouton , ce premier état de la fleur qui est pour elle ce que le bourgeon est pour le rameau. Alors la situation réelle des parties ne s’aperçoit pas seulement par leur point de départ plus ou moins bas, plus ou moins extérieur sur le torus, mais aussi par l’ordre dans lequel elles se superposent ou s’enveloppent l’une l’autre, puisque toute partie enveloppante est presque nécessairement extérieure à la partie enveloppée. Linné a appelé estivation ( œstivalio , d’où l’on a tiré le verbe œstivare ), ou état d'été, cet agencement des parties dans le bouton, comme il avait appelé vernation celui des feuilles dans le bourgeon (§ 174). Ce nom a été conservé, mais on lui substitue souvent et presque indifféremment celui de préfloraison [prœfloratio).

Nous voyons se dessiner, dans les différents modes d’agencement des enveloppes de la Heur à ce premier état , les deux modifications principales que nous avons reconnues dans celui des feuilles aussi bien que des parties de la fleur, leur disposition en spirale ou à des hauteurs inégales, en cercle ou à une même hauteur.

§ 395. La préfloraison spirale est aussi nommée imbriquée; cette dernière épithète, qui est très-significative quand les parties se re-

couvrent seulement dans unepartie de leur 11k ' 'P hauteur> a la manière des tuiles d’un toit / if'9- 258 c), cesse de l’être lorsqu’elles s’en-

K veloppent complètement, et alors quel-

ques-uns lui substituent l’épithète d’en- )c veloppante ou convolutive ( convolutiva ) \l>g. 260). Souvent lesparties sont assez longues pour qu’une première puisse se superposer à la suivante par son sommet, mais pas assez larges pour qu’elle l’atteigne pan ses bords. En numérotant les parties d’après l’ordre suivant lequel elles se recouvrent, se superposent ou s’embrassent ainsi de l’extérieur à l’intérieur, on retrouve en général l’arrangement des feuilles sur une spirale continue, celui où l’angle de divergence de deux successives se rapproche de 137 degrés (§ 162), et où par conséquent les parties alternent de deux en deux , de trois en trois, de cinq en cinq. On peut observer sur une fleur de Magnolia {f)g.2 60) cet enveloppement spiral des parties.

Nous savons que le plus souvent le nombre de celles d’un même verticille s’arrête à cinq. On voit, en les disposant alors suivant

258. Bouton du Camellia japonica. — c Folioles du calice imbriquées. — p Pétales à p ré floraison convolutive.

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