‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 87 sur 258 · FLEUR EN GÉNÉRAL. — PRÉFL0RA1S0N. 3U · texte numérisé non relu

FLEUR EN GÉNÉRAL. — PRÉFL0RA1S0N. 3U

• autre plus en dehors, et, dans ce cas, les sommets r ordinairement élargis, doivent s’imbriquer en cercle, chacun recouvrant, d’un côté un de ses voisins et recouvert de l’autre : c’est la préfloraison tordue (prœfl. conforta , [fi g. 262, 2, p; 264, c] ). Quelquefois alors une petite déviation d’une des cinq folioles, en la rendant tout à fait extérieure, ramène la disposition spirale, mais telle qu’elles se trouvent toutes sur un tour de spire unique ( fig . 263), qui se rapproche tant d’un cercle.

§ 397. Dans le bouton, chaque foliole, considérée indépendamment des autres, pourra quelquefois, de même que la feuille dans le bourgeon (§ 174), outre la modification qui résulte de l’arrangement mutuel des parties, en présenter un qui lui soit propre, être pliée sur son axe en deux moitiés qui s’infléchissent en dedans ou en dehors (auquel cas le bouton sera relevé d’autant d’angles saillants, séparé par autant de sinus et répondant à la nervure médiane ou à l’intervalle des folioles), être chiffonnée ( corrugata ) et souvent alors comme pelotonnée sur elle-même , ainsi que le sont les pétales observés dans le bouton du Pavot, etc., etc.

§ 398. En étudiant, dans le bouton, les rapports possibles des parties, nous ne les avons examinés encore qu’entre celles qui appartiennent à un seul et même verticille : cherchons -les maintenant dans la succession de plusieurs. La disposition spirale pourra se continuer sans interruption de l’un à l’autre; c’est ce qu’on doit attendre dans les Ileurs où la transition d’un verticille au suivant est graduelle, comme dans celles du Nénuphar blanc, dans h' calice et la corolle du Magnolia, à tel point qu'on a quelquefois peine à déterminer les limites entre l'un et l’autre. Mais lors même que des verticilles différents se distinguent d’une manière bien tranchée par des formes et des couleurs toutes nouvelles, malgré ce brusque passage, la série spirale peut se continuer régulièrement, la première foliole du second verticille occupant à peu près sa place régulière après la dernière du premier, et les suivantes à leur tour se coordonnant sur elle. Cependant souvent aussi elle éprouve une interruption , comme s’il manquait plusieurs folioles intermédiaires entre la plus extérieure du nouveau verticille et la plus intérieure du précédent. Quelquefois même la direction de la spirale est intervertie: celle du calice marchait de droite à gauche, celle de la corolle marchera de gauche à droite.

§ 399. C’est un cas très-fréquent qu’on observe clans deux verticilles successifs un mode de préfloraison différent : ce changement est constant et caractéristique dans plusieurs familles. Ainsi, par exemple, dans les Malvacces <fig. 262, 264), les Convolvulacées.

.{ 1 2 JiOTANJQUE.

I,i plupart des Caryophyllées (comme dans VAgrusIemmayilhayo), la préfloraison de la corolle est tordue: celle du calice est néanmoins volvaire dans les premières ( [ig . 264, c), imbriquée dans les autres. Ge dernier exemple suffit pour nous démontrer que, dans la même lleur, les parties d’un verticille peuvent être disposées en spirale, celles du voisin en cercle.

§ 400. En effet, dans ces parties accumulées sur un espace si borné, et où en général les insertions successives ne sont éloignées que par des intervalles très-petits et fort souvent tout à fait insignifiants, il ne faut pas chercher la régularité de rapports que permet un axe étendu en longueur ou en largeur, sur lequel toutes les parties peuvent croître à leur place et en leur temps. C’est pourquoi l’arrangement des parties de la fleur dans un même verticille, ou d’un verticille au suivant, est loin d’être invariable, et l’expérience apprend dans quelles limites il varie. L’ordre spiral , souvent interrompu, interverti , même complètement arrêté entre les parties île deux verticilles successifs, subit de fréquentes et légères modifications entre celles d’un même verticille. La disposition valvaire ou tordue offre beaucoup plus de fixité, et, comme elle indique des parties placées en cercle et toutes dans la même condition, il est presque nécessaire qu’elle se lie le plus habituellement à la régularité de la fleur. En effet, à très-peu d’exceptions près, les corolles et les calices à préfloraison valvaire ou tordue sont réguliers, tandis qu’on en rencontre prcsqu’autant d’irréguliers que de réguliers parmi ceux où la préfloraison dérive de ^arrangement spiral.

§401. La préfloraison ne fait qu’accuser plus nettement des rapports de position entre les parties de la fleur et permet de les • déterminer plus facilement : c’est à leur importance qu’elle emprunte toute la sienne. Dans beaucoup de fleurs, l'épanouissement écarte ces parties, qui cessent de se recouvrir, de se toucher, et ces relations si manifestes dans le bouton s’effacent alors plus ou moins complètement. Mais il y a aussi un grand nombre de fleurs où elles persistent jusqu’à un certain degré. Ainsi la disposition quinconciale peut encore s’observer sur beaucoup de corolles de Rosacées ; celle des Apocynées restent toujours fortement tordues, et il n’est pas rare que celle des Malvacées conservent aussi des traces de cet agencement antérieur. 11 est clair que le rapprochement valvaire ne peut persister qu’en empêchant le bouton de s’ouvrir; on voit quelquefois les calices qui se sont maintenus dans cet état se fendre, ou latéralement par l'écartement de deux de leurs bords seulement, en se rejetant sur le côté en manière de spathe (par exemple, dans lcGombault, JHUbiscus veulent us) , ou

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