DEUXIÈME PARTIE. 26g
Si les fonctions assimilatrices, ou plutôt les organes qui les exécutent , acquièrent une haute prédominance par les exercices dont nous parlons , il en résulte nécessairement que les fonctions encéphaliques doivent être influencées dans un rapport inverse. Aussi a-t-on de tous temps observé que les affections mentales disparaissent souvent sous l’heureuse influence des voyages; mais n’oublions pas de tenir compte des diverses circonstances où se trouve le malade : Changement d’air, d’habitudes, de régime, aspect d’une nature nouvelle, éloignement des causes qui ont déterminé l’affection, etc., tout ne concourtil pas puissamment à ces cures souvent inespérées? Et n’est-ce pas à ces causes efficaces que nous devons rapporter les succès miraculeux de certaines eaux que le charlatanisme ne manque pas de proclamer, et que la stupide crédulité du vulgaire ne manque pas d’accueillir avec avidité? Quelques sels dissous dans une grande quantité d’eau, jouissent-ils donc d’une si haute puissance? Et d’où vient que transportées au domicile des malades, ces panacées si vantées, voient échouer leurs vertus?
C’est sous le titre de Gestation que M. Barbier expose les effets des exercices passifs, et cette expression mériterait d’être conservée, si elle n’était plus généralement employée à une autre signification. Comme la plupart des auteurs qui ont écrit sur ce sujet, il fait dépendre les modifications qui surviennent dans l’économie vivante par l’emploi des exercices passifs, de l’ébranlement, des commotions
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qu’ils produisent dans tous les organes, dans tous les tissus. Les succussions mécaniques que reçoivent tous nos appareils organiques sont extrêmement puissantes; elles déterminent dans les fibres qui les constituent une sorte de tiraillement qui, dit-il occasionne un resserrement tonique, lequel fortifie la complexion de tous les systèmes vivans, et les rend plus robustes. Nous ne pouvons assurer, dans l’état actuel de la science, si les choses se passent réellement de celte manière, il est possible que l’imagination de M. Barbier ait été plus loin que l’expérience; mais il est indubitable que quelque soit ce mode par lequel s’opèrent les changemens, et ils sont au-dessus de toute contestation.
A. De la progression en voiture.
Si cette observation est juste, il ne peut être indifférent de prendre l’exercice dans toute espèce de voiture. Il est évident que l’effet sera d’autant plus prononcé que la voiture sera plus mal suspendue. Les ressorts élastiques , sur lesquels sont portées les caisses des carrosses, amortissent le clioc, en décomposant le mouvement communiqué , et nécessairement l’ébranlement qui en résulte est beaucoup moindre que dans les voitures mal suspendues; ce n’est plus alors qu’un doux balancement presque sans résultat sur l’organisme.
Le sol sur lequel le mouvement a lieu est loin d© produire les mêmes secousses; un terrain uni et sabloneux n’imprimera qu'un faible balottement; tan-