‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 152 sur 207 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

de toiles d’araignées : si cette vapeur se trouve en contact avec les flambeaux des ouvriers, elle s’en.flamme avec une violente explosion.

Le ballon ressemble à une espèce de sphère suspendue en l’air; la fuite la plus prompte peut seuls soustraire les ouvriers à son action terrible ; si le ballon vient à crever avant qu’ils aient pu s’éloigner suffisamment, ils sont tout à coup frappés d’asphyxie souvent mortelle.

La moffette est une vapeur épaisse qui se forme surtout en été, et qui s’exhale lorsqu’on ouvre des fosses profondes, des mines riches en minerai, et principalement de celles qui sont depuis long- temps fermées avec les déblais. Cette vapeur tue sur-lechamp les malheureux qui la respirent. Les mineurs sont avertis de sa présence lorsque la lueur de leurs flambeaux pâlit. Il faut qu’elle soit bien légère pour ne causer que des toux opiniâtres ou un sentiment de formication général et insupportable.

On conseille aux mineurs , pour prévenir ces accidens, de ne descendre dans la mine qu’après que l’un d’eux, couvert de linges mouillés et armé d’une longue perche au bout de laquelle est une torche enflammée, y est descendu, et a mis par ce moyen le feu à la vapeur; lorsque la combustion a eu lieu, tout danger a cessé. Le même individu doit chercher les feux brisons et les saisir avec la main avant qu’ils puissent s’enflammer. Pour se préserver des accidens de la moffette on doit descendre dans la mine un flambeau qu’on dirige de loin, dans tous les sens; si la flamme

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reste vive, l’air est respirable. On a imaginé plusieurs moyens pour se mettre à l’abri de ces gaz, tels que le ventilateur de Haies ou de Duhamel , la lampe de sûreté de Davy ; mais il nous suffît d’indiquer ces ingénieuses et utiles inventions, leur description est étrangère à notre sujet ( Annales de chimie , t. Y, p. 3i5). Indépendamment de ces accidens et de beaucoup d’autres, les mineurs sont sujets à une multitude d’affections particulières, parmi lesquelles il faut citer les ulcères opiniâtres et l’anémie.

Les vapeurs métalliques font sentir leur action pernicieuse aux fondeurs de nfétaux , aux miroitiers, aux plombiers, aux peintres en bûtimens, aux broyeurs et aux marchands de couleurs, aux potiers, aux verriers, aux ouvriers qui travaillent le cuivre, aux fabricans de soufre, etc., etc. : les accidens les plus ordinaires qu’elles occasionent sont le tremblement métallique, la paralysie, la colique de plomb, l’idiotisme, etc. Toutes ces maladies réclament un traitement particulier, et peuvent être prévenues au moyen du fourneau d’appel.

Les molécules animales qui saturent l’atmosphère de quelques ateliers sont loin d’être innocentes. Elles occasionent des inflammations chroniques des intestins, disposent au charbon et à la gangrène. Les individus exposés à ces vapeurs animales sont pâles, bouffis, couverts d’éruptions. Les ouvriers qui respirent ces gaz sont les vidangeurs, les tanneurs, les boyaudiers, les fabricans de chandelles, les cureurs d’égouts, les équarrisseurs, les fossoyeurs, etc. On

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doit clierclier à neutraliser ces exhalaisons au moyen des acides minéraux, et surtout du chlore, par le procédé Guytonien : il est important de ne pas négliger les moyens préservatifs de MM. Gosse et Brizé-Fradin, etc.

Parmi les ouvriers que nous venons de citer, les vidangeurs sont sujets au plus grand nombre d’accidens et aux plus funestes. Deux gaz, désignés par eux sous les noms de mitte et de plomb , sont la cause de ces phénomènes.

La mitte est produite par le dégagement de vapeurs ammoniacales : elle s’annonce par une odeur piquante qui détermine sur les yeux une cuisson intolérable ; elle détermine des coryzas et des ophthalmies de plusieurs espèces , et toutes fort douloureuses.

Le plomb est le résultat de la combinaison des gaz hydrogène-sulfuré et hydro-sulfure d’ammoniaque, et quelquefois de gaz azote. Il occasione deux espèces d’asphyxies : l’une, accompagnée de mouvemens convulsifs , est due aux deux premiers gaz ; et l’autre , produite par le simple défaut de gaz respirable, est due à la présence du gaz azote : la première est la plus funeste.

• Nous renvoyons le lecteur aux divers ouvrages de M. le professeur Orfila , sur la Toxicologie, pour avoir sur ce sujet toutes les notions que réclame son importance.

M. d’Arcet a encore dirigé son génie inventif sur

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les moyens de préserver ces malheureux ouvriers des dangers qui les menacent, et MM. Cazaneuve, par la découverte des fosses mobiles et inodores, modifiées par les avis de ce chimiste, nous font espérer que ces accidens ne feront plus gémir l’humanité.

Une atmosphère chargée de poussière végétale entoure habituellement les gens qui se livrent à certaines professions. Cette poussière, plus ou moins irritante, pénètre dans le poumon par la voie de la respiration, et engendre plusieurs maladies, la plupart moins promptes dans leurs effets, sinon moins funestes que les précédentes. Les boulangers , les pâtissiers, les meuniers, les perruquiers, les amidonniers, les bluteurs, sasseurs et mesureurs de grains, les parfumeurs , les marchands de tabac , les confiseurs , les ramonneurs , les charbonniers et autres sont dans ce cas.

Les voiles de gaze et de mousseline, l’éponge imbibée d’eau peuvent les préserver de ces accidens. Lorsqu’ils sont développés , ils doivent être combattus par des moyens dont nous ne devons pas donner le détail, mais parmi lesquels le premier doit être la cessation du métier qui les produit.

Ces ouvriers, ainsi que ceux dont nous avons parlé précédemment, doivent se soumettre à un régime • convenable, et observer, autant que peut leur permettre leur fortune , les règles conservatrices de l'hygiène : une nourriture saine et assez abondante, un vin généreux , la respiration d’un air pur, des

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