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DEUXIÈME PARTIE

chaleur. Les bains, les frictions, les aspersions, les lotions leur seront très-convenables. Si malgré ces précautions hygiéniques, la disposition organique dont nous avons parlé se prononçait de plus en plus, il ne faudrait pas balancer à conseiller le changement de métier; ici , comme partout, on ne peut se promettre de véritable succès qu’en enlevant la cause

du mal.

D. Des professions dans lesquelles les ouvriers sont exposés à l’action pernicieuse de quelque gaz délétère .

Quel que soit l’organe exercé , quel que soit le degré d’exercice auquel les organes sont livrés , les ouvriers peuvent être soumis à une nouvelle cause de maladies. Les substances qu’ils mettent en œuvre laissent souvent dégager des émanations nuisibles; ce surcroît de maux mérite assurément de fixer l’attention des médecins.

Quelques professions exigent que ceux qui les exercent soient exposés à l’action d’une violente chaleur; d’autres à une humidité pénétrante; on peut voir dans le premier volume quels sont les effets que ces deux agens déterminent sur l’économie animale, ce n’est pas ce dont nous nous proposons de nous entretenir en ce moment. Des gaz véritablement toxiques qui occasionnent les plus graves accidens et souvent même la mort s’élèvent des substances que nous destinons à nos usages domestiques. Soit que nous descendions dans les entrailles de la terre pour y aller arracher les métaux quelle recèle, soit que

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nous façonnions ces mêmes métaux pour les besoins indispensables de la vie ou pour les corrimodités du luxe, leurs émanations empoisonnées, par les accidens sans nombre qu’elles produisent, semblent nous avertir du danger de leur usage au physique comme au moral.

Les substances animales au milieu desquelles nous vivons ne laissent pas dégager des vapeurs moins funestes; et les végétaux eux-mêmes sont loin .d’être sans dangers.

Les ouvriers qui travaillent le plomb, le mercure, l’étain, le cuivre, l’arsenic, etc., sont sujets à la colique métallique, au tremblement et à une multitude d’affections occasionées par les molécules que ces métaux dégagent et que la respiration, la déglutition, et peut-être l’absorption cutanée introduisent dans l’économie animale. L’auteur que nous avons cité pense que ce ne sont point les molécules des métaux qui pénètrent dans le corps, puisque l’analyse la plus scrupuleuse n’a pu jusqu’ici les faire reconnaître dans les matières fécales ni ailleurs; il en conclut que ces maladies sont dues à des effluves particuliers que laissent échapper ces substances; mais le même auteur cite, dans plusieurs endroits, des faits qui démentent totalement cette proposition. (Voyez page 19, ^7, 38, etc., ouv. cit.) D’ailleurs il est très-difficile de concevoir quel est cet effluve particulier, si ce n’est une molécule infiniment ténue du métal lui-même.

Quelle que soit la nature de cet.agent dangereux ,

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plusieurs philantropes estimables ont fait des efforts pour soustraire les ouvriers à son action malfaisante.* Macquer conseillait de placer dans les narines dfe petites éponges imbibées .d’une liqueur aromatique; mais ce procédé a l’inconvénient de gêner singulièrement la respiration; car il est indispensable que l’ouvrier tienne la bouche fermée. On a proposé également de faire respirer les ouvriers à l’aide d’un long tube qui devrait communiquer au dehors de l’atelier ; on sent que ce moyen est tellement gênant, qu’il doit être impraticable. M. Brizé-Fradin a oonseillé de faire respirer les artisans dont nous parlons, à l’aide d’une espèce de pipe renversée, dans la partie évasée de laquelle on a mis préalablement du coton imbibé de liquides qui doivent varier selon la nature des vapeurs qu’on se propose de neutraliser. Cet appareil doit être appliqué et fixé sur la poitrine. M. Gosse, de Genève, a cru qu’une éponge, aussi imbibée de différens liquides, retenu au-devant de la bouche et du nez, remplirait plus avantageusement le but; ce moyen n’est pas à dédaigner. L’éponge imbibée d’eau suffit pour arrêter la poussière d’une nature quelconque. On pourrait l’imbiber d’une liqueur acide pour neutraliser des molécules alcalines, ou d’une liqueur alcaline pour neutraliser des vapeurs acides. M. Rigaud Delisle pense qu’un voile plié en plusieurs doubles suffit pour empêcher l’action funeste des émanations des marais Pontins. Ce procédé, par lequel l’air se trouve en quelque sorte tamisé, peut être d’une utile application. Tous

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ces moyens sont tous plus ou moins insuffisans, plus ou moins impraticables. Il était réservé à M. d’Arcet de découvrir un appareil aussi simple qu’ingénieux pour obvier à tous les inconvéniens. On peut voir les détails de cet appareil, et les nombreuses applications dont il est susceptible, dans le mémoire suri’ art de dorer le bronze publié par cet habile chimiste en 1818. Le procédé de M. d’Arcet consiste en un fourneau d’appel dont le tuyau s’ouvre à une distance déterminée dans la cheminée; la chaleur qu’il développe * raréfiant l’air que celle-ci contient, le force à s’échapper en s’élevant, et le vide qui en résulte est à l’instant remplacé par l’air contenu dans l’atelier. De cette manière les vapeurs méphitiques ne rentrent plus dans le laboratoire, et ne peuvent être respirées par les ouvriers. Au moyen d’un perfectionnement fort simple, M. d’Arcet recueille les vapeurs métalliques qui se dégagent , de sorte que rien n’est perdu pour le fabricant.

Les accidens que font naître les diverses espèces de gaz varient* selon la nature de ces gaz, et les moyens de s’en préserver ne sauraient être les mêmes. Nous allons examiner ceux auxquels sont exposés quelques artisans.

Trois espèces de vapeurs malfaisantes sont susceptibles d’exercer leur puissance fatale sur les mineurs. Ces vapeurs ont reçu le nom de feu-brison, de ballon et de moffette.

Le feu-brison, térou ou feu sauvage, sort en sifflant des souterrains, et paraît dans la mine sous la forme

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