TROISIÈME PARTIE
un individu , que celle des maladies auxquelles ses parens auront succombé, ou seulement celle des maladies auxquelles ils auront été sujets. C’est pour cela que les ouvertures de corps peuvent être on ne peut plus utiles. En portant la certitude dans le diagnostic, elles indiqueront les précautions que les enfans auront à prendre pour se soustraire aux maux qui les attendent.
Lorsque les parens auront été affectés de maladies facilementtransmissibles, ou seulement réputées telles, (car un excès de précaution ne peut pas nuire), il faudra se soumettre à un genre de vie convenable. Il est évident que ce genre de vie devra varier selon l’espèce de mal qu’on devra redouter. Celui qui naîtra avec des dispositions à la phthisie pulmonaire, ne devra pas être soumis aveuglément au régime de celui qui sera né avec des dispositions à l’apoplexie ou à l’aliénation mentale; mais nous ne saurions entrer* dans les détails nécessaires à chaque maladie, et la thérapeutique a soin d’indiquer le traitement prophilactique qui convient à chacune d’elles. Nous devons nous borner à dire ici, d’une manière générale, que tout individu qui naît avec les dispositions dont nous avons parlé, doit être soustrait dès sa naissance aux influences auxquelles les auteurs de ses jours étaient soumis.
Ce conseil est de la plus haute importance. C’est dans l’âge tendre que les impressions des modificateurs de l’économie animale sont plus profondes et plus durables. Alors rien n’est indifférent; le moindre
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retard peut produire les résultats les plus funestes. C’est dans ces circonstances que l’allaitement étranger est impérieusement ordonné ; plus tard le régime alimentaire devra complètement différer de celui dont usaient les parens. Il faut dépayser l’enfant; si l'on habitait un climat froid et humide, l’envoyer dans un climat sec et chaud, et vice vend. Ces moyens employés cJe bonne heure sont assez puissans pour changer totalement la constitution. Il n’est pas jusqu’à la manière de se vêtir qui ne doive différer. Si ce sont les travaux intellectuels qui ont altéré la santé des parens, leur fds devra être négociant, simple artisan, cultivateur, militaire; en un mot embrasser la profession qui exercera le moins le cerveau, et le plus les organes locomoteurs. Le changement de profession est indispensable, il est même nécessaire que la profession soit entièrement opposée. Si les parens ont mené une vie sédentaire, une vie active conviendra à leurs descendans. C’est par de telles précautions prises de bonne heure, et qui devront varier selon la nature de la maladie dont l’héritier sera menacé, qu’on pourra espérer de le soustraire à la mort qui emporta ses aïeux , ou aux infirmités qui empoisonnèrent leurs jours.