‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 202 sur 207 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Règles de V Hygiène relatives aux dispositions héréditaires.

On a révoqué en doute la transmission des maladies par l’hérédité. Mais il suffit de consulter l’expérience, qui se rit de nos vains systèmes, pour voir que de générations en générations certaines maladies se perpétuent, et moissonnent au même âge les individus d’une même famille. La ressemblance des parens se transmet aux enfans, et c’est bien vainement qu’on voudrait en trouver la raison suffisante dans l’imitation naturelle au jeune âge, ou dans les influences du même régime. Je ne veux pas nier que ces causes puissantes ne contribuent à augmenter encore la ressemblance, mais il me semble hors de doute que la disposition primitive des organes en est la principale cause. Est-ce par l’imitation ou par le régime , que tous les individus d’une famille d’une illustre et antique origine étaient louches depuis les premiers temps de la chrétienté? L’hérédité des maladies est malheureusement un fait incontestable; mais ce qui l’est beaucoup moins, c’est la nature des maladies susceptibles de se transmettre par cette voie. Pour procéder du certain à l’incertain, je crois que personne ne révoquera en doute que les affections, qui

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attaquent profondément la texture des organes, ne puissent se perpétuer par génération. Les scrofules, le rachitisme, la phthisie pulmonaire, ne jouissent-ils pas de cette déplorable faculté? Ne voit-on pas tous les jours des enfans nés de pareils rachitiques, scrofuleux, phthisiques, présenter les signes indubitables de ces funestes maladies? La même certitude n'existe pas pour le cancer; mais ce malheur n’est-il pas à redouter pour les enfans nés de parens qui en ont été infectés? Il est non moins incontestable que des affections nerveuses se propagent par la même voie. J’ai vu des épileptiques, nés de parens épileptiques ; des aliénés, des hystériques, des hypochondriaques, des mélancoliques issus d'aliénés, d'hystériques, d'hypochondriaques, de mélancoliques.

On reçoit de ses pères une disposition à la pléthore, aux phlegmasies de tous les viscères, aux hémorrhagies de toute espèce. Ne voit-on pas souvent des apoplectiques dont les parens ont succombé à la même affection? Les maladies du cœur, la goutte, la gravelle ne sonNelles pas héréditaires? On prétend que la goutte saute une génération; et Montaigne, dont le jn're avait été affecté de la gravelle à l’Age de cinquante ans, en fut attaqué lorsqu'il eut atteint le même âge. Il demande à ce sujet où a été la gravelle pendant cinquante ans? et comment il se fait qu’on puisse communiquer une maladie qu'on n’a plis encore, etc.? Il fait mille autres questions philosophiques que nous serions fort embarrassés de résoudre.

Ce sera donc Une connaissance importante pour

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