DEUXIÈME PARTIE
froids, etc. , sont des causes d’insomnie. On doit aussi mettre de ce nombre le changement d’habitation , d’appartement et de lit.
Il est facile maintenant de voir quels sont les moyens qui peuvent favoriser le sommeil. Un exercice modéré du corps et de l’esprit , le calme de lame, le silence et l’obscurité, une température douce, un bain tiède, une quantité modérée d’ali mens de facile digestion, des boissons peu excitantes ( il est bon cependant de dire que l’ivresse cause le sommeil , mais je ne sache pas qu’on veuille avoir recours à cet expédient pour le provoquer), tels sont les moyens les plus naturels pour obtenir le repos de la nuit. La promenade après le souper, ainsi que le pratiquait Caton d’Utique; le bain d’air de Franklin, le balancement d’Asclépiade , le bain électrique , etc. , peuvent aussi le favoriser. Quant aux substances médicamenteuses qui l’occasionnent, tels que l’opium, scs diverses préparations et les narcotiques, ils doivent être bannis du domaine de l’Hygiène.
Des songes. Nous avons dit que le sommeil était le repos du cerveau; il est cependant un phénomène qui a long-temps exercé les idéologues et les physiologistes , qui prouve que le cerveau n’est pas toujours , pendant le sommeil , dans une inaction absolue. Je veux parler des rêves. Bien plus, c’est que les sens, qui paraissent plus complètement inactifs durant le sommeil, peuvent cependant s’exercer encore, dans quelques circonstances, sans que celui-ci
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soit interrompu. L’entendement, les affections, les passions , les mouvemens , la voix , la parole sont quelquefois, pendant le sommeil, dans une action plus ou moins parfaite. La cause des songes est difficile à déterminer, au reste, comme la cause prochaine de tous les phénomènes de la vie; l'acte du cerveau, qui les produit, me paraît avoir la plus grande analogie avec celui qui produit la mémoire et l’imagination, c’est-à-dire qui retrace les objets en leur absence, et donne en même temps la sensation qu’ils ont été perçus déjà. Seulement dans le sommeil, cet acte est singulièrement imparfait. Il paraît être mis en jeu par les impressions de la veille ou par quelque disposition du cerveau ou de l’organisme entier. Une impression à peine perçue, une sensation interne, le froid, le chaud, etc., peuvent les occasionner. Les rêves n’ayant lieu que dans le cas d’un sommeil léger, ont été regardés comme contraires à la réparation des forces ; mais sont-ils la cause ou l’effet de la légèreté du sommeil? Leur nature est loin d’être indifférente. Dans un état de santé florissant , dans la jeunesse , l’âge de l’espérance, des passions heureuses, des illusions, les songes sont ordinairement agréables. L’un rêve qu’il possède l’objet de son amour ; l’autre est dans une campagne délicieuse, il monte un coursier superbe; celui-ci poursuit un cerf agile et l’atteint; celui-là assiste et prend part à un festin somptueux , etc. Tout est souriant , tout est heureux. Ces rêves n’ont rien de fatigant, rien de nuisible. Dans l’âge suivant l’ambition s’est emparée de l’àme; l’a-