‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 73 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. I

mettent de se débarasser de toute espèce de vêtemens et de liens. Ce n’est pas un léger avantage que de pouvoir passer un tiers de la journée libre de toute compression. On répare durant ce temps le mal que peuvent déterminer les jarretières, les ceintures, les cols, les cravattes, les boucles de toutes espèces , etc. Une simple chemise est le seul vêtement de nuit dont on doive faire usage. Bien des gens sont dans l’habitude de se couvrir la tête d’un bonnet de coton, de laine, de soie, ou même de plusieurs bonnets pendant le sommeil. Il est sai s contredit bien préférable d’accoutumer les enfans à dormir tête-nue. La chaleur que ces bonnets entretiennent à la tête favorise les congestions , et rend cette partie tellement susceptible des impressions atmosphériques, que le moindre froid , la moindre humidité peut produire des phlegmasies graves, soit des organes thoraciques, soit du cerveau et de ses dépendances, soit enfin des viscères abdominaux.

Nous pensons qu’il est superflu de donner des préceptes relatifs à la position à garder dans le lit ; chacun prend à cet égard celle qui lui paraît la plus commode et la plus convenable. On a cru qu'il pouvait y avoir de l’inconvénient à se coucher à gauche, sur le dos, le tronc trop élevé, etc. Quand on se porte bien, peu importe la position que l’on prenne, nous devons seulement dire qu’il ne serait peut-être pas sans danger de dormir la tête moins haute que les pieds ; mais nous ne sachions pas que

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cette fantaisie ait jamais pris à quelqu’un. La gêne qui résulterait d’une semblable position forcerait bientôt à l’abandonner.

Il est une multitude de causes qui empêchent ou favorisent le sommeil. Nous avons déjà dit qu’une action trop forte du cerveau relative à l'intelligence, aux mouvemens ou aux affections, était un obstacle au sommeil ; l’action prolongée des sens est dans le même cas ; la lumière, le bruit, etc., ont la même influence que les travaux de l’esprit, les émotions ■vives de l’âme, les mouvemens excessifs. Pour le bruit cependant, personne n’ignore qu’il en est qui , loin d'interrompre le sommeil, semblent le favoriser. Les bruits monotones , tels que ceux d’un ruisseau qui se brise en roulant ses ondes sur un lit rocailleux; le bruit des vents, de la pluie, ou d'un moulin; une musique lente, peu variée; un sermon, un discours débités d’une certaine manière, appellent le sommeil. L’action augmentée des autres viscères, surtout un travail considérable de l’estomac, peuvent éloigner le sommeil. Il faut en dire autant de l'inaction complète du cerveau et des autres organes, le repos absolu n’occasionnant aucune perte, aucune fatigue, n’exige aucune réparation, et le sommeil qu’on prend dans le jour est presque toujours un à -compte pris sur celui de la nuit.

Les substances qui produisent une alimentation excitante, les boissons aromatiques ou alcooliques, un air trop vif, trop froid ou trop chaud , les bains

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