‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 17 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

ganes, comment a-t-on pu croire que ces fluides fussent exempts d’altération primitive dans les canaux, où ils circulent, dans les réservoirs où ils séjournent? C’est une vérité au-dessus de toute contestation , que tout corps\composé doit se décomposer ; par quel étrange privilège nos fluides seraient-ils exempts de cette loi de la nature ? La cause qui détermine ces changemens doit d’abord agir sur les solides, me dira-t-on ; mais où en est la nécessité? Un aliment de mauvaise nature, une boisson détériorée, sont introduits dans l’appareil digestif, ils n’altèrent en aucune manière le tissu des intestins , ils ne sont pas assez délétères pour cela, mais ils fournissent un chyle de mauvaise qualité, d’où il résulte un sang pauvre et peu réparateur. La continuité du même régime occasione plus tard une altération générale des organes. La peau devient pâle et jaune , les chairs sont molles et flasques, les gencives boursoufflées et saignantes, la digestion lente et pénible , les excrétions fétides , la respiration laborieuse , le pouls lent et facile à déprimer, les sensations obscures, l’intelligence médiocre, les passions peu vives; les moindres mouvemens suivis de fatigue ; l’acte de la copulation impossible ; plus tard des pétéchies, des ecchymoses violettes, bleuâtres, verdâtres, couvrent la surface du corps; les autres symptômes s’aggravent, l’infiltration survient, des escharres gangréneuses se manifestent , des hémorrhagies s’effectuent sur diverses membranes muqueuses, et l’individu meurt. J’ai choisi cet exemple, parce qu’il n’est révoqué en doute par personne ; il

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est conforme à l’observation. Il est bien évident que dans ce cas l'altération a commencé par les fluides , que les solides n’ont été affectés que secondairement et en même temps dans toute l’économie. Dans ce cas les humeurs ont été altérées; mais elles peuvent pécher seulement par leur quantité. Je suppose un jeune sujet; d’un tempérament sanguin, fort, robuste, bien constitué ; que ce sujet fasse usage d’une nourriture succulente, d’une boisson généreuse, d’un exercice modéré, qu’il soit continent; qu’arrivera-t-il? sa constitution s’exagérera, un sang riche, épais, abondant, concressible , circulera dans ses vaisseaux. Cet accroissement de sang s’annoncera par la force et la fréquence du pouls; la respiration sera gênée, accélérée, soit pour oxygéner une plus grande quantité de fluide dans un temps donné, soit pour en loger une plus grande proportion ; l’individu éprouvera des bouffées de chaleur au visage; des pesanteurs de tête, des vertiges, des éblouissemens , des tintemens d’oreilles; la face sera colorée, la peau chaude et halitueuse; enfin des douleurs, des lassitudes spontanées, pourront se manifester dans les membres. Telle sera la pléthore , telle sera même à un plus haut degré la fièvre inflammatoire des auteurs. Jusqu’ici la physiologie donne une solution satisfaisante de ces divers phénomènes. Je pourrais pousser plus loin cette discussion digne de la plus grande attention; je pense en avoir dit assez pour prouver qu’on a eu tort, en blâmant l’excès, de ne pas permettre l’usage. Le but que je me proposais était de faire voir que les

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