‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 16 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

rendra la postérité, malgré les cris impurs de ses détracteurs. Son nom , jeune de gloire , parviendra aux siècles à venir, quand celui de ses envieux, bien moins heureux qu’Erostrate , leur digne modèle, sera tombé, dès nos premiers neveux, dans le plus profond oubli. L’humorisme a été surtout frappé de réprobation par ce savant médecin; et certes, lorsqu’on considère les erreurs funestes auxquelles avait donné naissance ce travers de l’esprit humain , on ne peut s’empêcher de reconnaître que ce fut à juste titre. L’acescence , établie par Sylvius , de Leboë et Tachénius , l’alcalescence , la putrescence , l’âcreté , et une foule d’autres altérations des humeurs, étaient des vérités incontestées et généralement reconnues, elles avaient leurs signes caractéristiques ( et quels signes! ) , et, qui pis est, leur traitement. On basait sur ces données misérables une thérapeutique meurtrière. Lorsque les observations microscopiques furent en crédit, on reconnut des animalcules dans les humeurs , et chaque maladie fut causée par une espèce particulière d’animal. Cette découverte devait nécessairement conduire à chercher dans les substances de la nature les moyens de tuer ces animaux. En effet on crut bientôt avoir trouvé un toxique pour chaque espèce d’animalcule morbifique , et, dans l’espoir de tuer ces animaux, on administra des médicamens qui ne tuèrent que les malades. Les désastres qu’occasionèrent ces erreurs ouvrirent tardivement les yeux de leurs fauteurs, et ces systèmes ne sont célèbres aujourd’hui que par leur ridicule et les sou-

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venirs funestes qu'ils ont laissés. Les systèmes en médecine sont comme les volcans et les incendies, qui brillent un moment du plus vif éclat, mais dont on ne reconnaît le passage que par des laves et des ruines. Ce fut donc rendre un grand service à l'humanité, que de purger la médecine de ces chimères stupides; mais le blâme répandu sur ces abus avec tant de profusion n’a-t-il pas nui à la découverte de la vérité, en détournant les bons esprits de faire des recherches sur les fluides de l’économie animale ? La question que nous allons traiter est délicate , il sera facile sans doute d’improuver nos propositions ; mais de mesquines considérations personnelles ne doivent pas empêcher d’énoncer avec indépendance ce que l'on croit avec sincérité.

La quantité des fluides qui entrent dans notre composition est trop considérable pour qu’ils ne doivent être comptés pour rien dans les phénomènes des maladies. On a objecté que tous nos fluides dépendaient de nos solides , étaient le résultat d’une sécrétion ou d’une exhalation et que dès lors leurs altérations ne pouvaient être que consécutives à l’altération de l’organe qui les produit , et par conséquent que c’était dans l’organe qu’il fallait chercher la maladie. Mais ce raisonnement spécieux est loin d’être l’expression de la vérité. Il est tout aussi vrai de dire que nos solides sont consécutifs de nos fluides, car assurément ce n’est pas par des solides que la nutrition, l’accroissement de nos organes s’opèrent. Mais encore, à supposer que les fluides soient consécutifs à nos or-

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