PREMIÈRE PARTIE
’en découle, et on lui doit les indications thérapeutiques les plus précieuses. Cependant depuis longtemps poursuivi par cette idée sublime de Cabanis ( i ), que tout est dans l'organisme , tout phénomène résulte de l’organisation, j'ai constamment dirigé toutes les forces de mon attention vers l’application de ce principe. Depuis que j’ai médité les immortels écrits de ce médecin philosophe, je me suis convaincu que nos fonctions ne sont que le jeu de nos organes, et leurs altérations que des altérations de ces mêmes organes, ou de quelqu’une de leurs parties constituantes.
Avec de tels principes, on conçoit que nous ne pouvions conserver une division qui nous parait basée sur des hypothèses. Faisant dépendre de l’organisme seul tous les phénomènes de la vie; c’est dans l’organisme que nous avons dû chercher les diverses espèces de constitutions. Il est seulement étonnant que cette idée si naturelle, entrevue par Stahl et Zimmermann, adoptée par Cabanis , n’ait- pas reçu depuis tout le développement dont elle est susceptible. Il est cependant facile de concevoir que la prédominance d’un appareil doit imprimer une modification importante à notre constitution physique et morale. En effet les systèmes divers que nous avons reconnu entrer dans
(i) Je dis de Cabanis, quoiqu’on la retrouve dans Bacon , dans Loke surtout, et dans les philosophes et les métaphysiciens qui les ont pris pour modèles , parce que Cabanis me semble avoir rendu celte vérité palpable.
54 COURS d’hygiène.
la composition du corps humain, et les fluides qui en font partie, ne se trouvent pas toujours dans un rapport tel qu’il en résulte un équilibre parfait. Tantôt l’appareil gastrique prédomine, et de cette prédominance résulte un type particulier d’organisation; tantôt ce sont les appareils respiratoire et circulatoire, et de là une nouvelle constitution. Quelquefois ce sont les appareils de la locomotion; d’autres fois c’est l’appareil de l’innervation; souvent ceux de la génération, etc. Ce sont ces diverses prédominances qui caractérisent, selon nous, les constitutions organiques diverses, constitutions aussi multipliées que nos appareils, et qui diffèrent encore selon leurs cambinaisons infinies; ce qui rend suffisamment compte de ces variétés sans nombre de tempéramens que la nature présente à notre observation. Cette manière de considérer l’organisme me semble infiniment plus claire, plus précise que toutes les autres ; peut-être est-elle moins brillante, mais qu’importe un vain éclat s’il est remplacé par une réelle solidité.
Afin de mettre plus d’ordre dans l’exposition des diverses constitutions , nous exposerons d’abord celles qui sont dues à la prédominance des appareils qui exécutent les fonctions organiques, et en second lieu celles qui sont produites par la prédominance des appareils qui président aux fonctions animales.