PREMIÈRE PARTIE
une attitude de supériorité; un teint brun, quelquelois jeaunâtre; des cheveux noirs ou bruns, tombant avant l’àge; une taille médiocre; une peau chaude, sèche, hérissée de poils; un pouls fréquent, vif et dur'jj une maigreur sensible, mais des muscles bien dessinés ; une contractilité très-énergique ; tels sont leurs attributs extérieurs.
Au moral, l’homme ainsi constitué est plus remarquable encore. Emporté par l’ardeur des plaisirs de r amour, il aime avec fureur; il est prodigue en sacrifices; il est jaloux, ferme, colère, vindicatif, audacieux; les obstacles qui arrêtent les âmes vulgaires redoublent ses efforts et ses moyens. Il conçoit et met afin ce que d’autres n’oseraient jamais tenter; il exécute avec persévérance ce qu’il entreprend avec audace ; cependant , quoiqu’il ne manque pas d’opiniâtreté, c’est plus par la violence et l’impétuosité qu’il triomphe, que par le temps et la patience. Son intelligence rapide le rend capable de pénétrer les difficultés les plus profondes des sciences; son attention soutenue lui en fait découvrir les rapports les plüs subtils; son imagination devine quelquefois la nature, et son jugement, fortifié par l’observation, rectifie ses conceptions; Le désir de la gloire dévore son cœur; ambitieux et dominateur, il est quelquefois peu délicat sur le choix des moyens de parvenir; la modération lui est étrangère. C’est chez les hommes de cette constitution qu’on trouve les tyrans ou les bienfaiteurs de l’humanité, les conquérans, les législateurs, les savans, en un mot les
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génies qui étonnent le monde par les grandes vérités qu’ils découvrent , ou par les erreurs où ils tombent, par leurs vertus ou par leurs forfaits.
Les maladies de ces hommes offrent une singulière violence. Elles frappent principalement le canal digestif, ce qui est dû à sa prédominance et non à sa faiblesse, et sont de nature inflammatoire; le foie surtout est en butte à ces sortes d’affections. Le délire ne tarde pas à se manifester, et favorisé parla grande sensibilité de ces individus, imprime à leurs maladies un caractère alarmant de gravité.
§ II. — De la constitution organique ou dominent les appareils circulatoire et respiratoire.
Il est des appareils organiques tellement liés entre eux qu’ils paraissent avoir pour but le même résultat et être appelés à remplir la même fonction. Tels sont, sans contredit, les appareils circulatoire et respiratoire. Sans chercher à attribuer ici à l’un ou à l’autre de ces appareils -une vaine supériorité, sans vouloir affirmer que la respiration est faite pour la circulation, et qu’elle n’est que son complément, disons que ces fonctions, ou mieux encore les systèmes qui les exécutent; sont tellement enchaînés que l’énergie de l’un entraîne nécessairement l’énergie de l’autre, que l’altération du premier nécessite l’altération du second ; que l’un ne peut être suspendu sans que l’autre ne le soit presque aussitôt.
La respiration ne se borne pas, en effet, à faire entrer l’air dans le poumon et à l’expulser de ce vis-